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I. Id., II, p. i

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révélaient les complots de la cour! Miclina, secrétaire de la Chancellerie tchèque et un des principaux agents du parti réactionnaire, annonçait qu'on ferait bientôt le procès des Défenseurs : laissez seulement Ferdinand prendre le gouvernement; avec une garnison permanente à Prague, il ne se passera pas un an que les bourgeois ne se convertissent de bonne ou de mauvaise grâce; les Habsbourgs ont leur conviction faite, ils ne toléreront dans leurs pays d'autre religion que le Catholicisme. — Le capitaine du château royal deMiélnik : une fois le Roi sur le trône, tous devront accepter la même foi, et saint Pierre aura beaucoup d'imitateurs. — Mais son serment? — Bah ! il avait aussi juré aux Styriens. — Un bourgeois de Kroumlov se réfugiait à Prague, parce qu'il était persécuté dans sa commune à cause de ses opinions : vous auriez aussi bien fait de ne pas déménager, lui déclare un jésuite, car dans peu de temps on ne souffrira à Prague que la religion romaine. — Le maître de la monnaie disait queThurn, Schlick, Guillaume de Lobkovits et la barbe de bouc (Boudovets) n'emporteraient pas de la ville leurs têtes de pavots '.

Pour le moment, le principal effort de la réaction catholique se portait sur les villes. Le Sous-Chambellan, Totchnik, ne gardait plus aucune mesure; ceux des magistrats municipaux qui hasardaient quelque protestation, étaient bruta-

I . Tous ces faits ont été réunis par Gindély, I, p. 238-39. — J^^^ véritables causes de la révolte furent politiques, dit M. Tomek. Les États tchèques voulaient annuler la royauté et attirera eux tout le pouvoir. Ils cherchaient leur revanche de la dicte de iGi5. — Histoire de l AuLviche. dans les temps wj^ÉTHc^ (en tchèque), Prague 1887, p. 174. — Que ces raisons d'ambition aient joué un très grand rôle, nous l'avons dit et nous le montrerons encore; il est difficile de prendre très au sérieux les convictions de Thurn et de beaucoup de ses auxiliaires; mais cela ne modifie en rien la question. Il fallait ou se révolter ou se soumettre à Rome. Sans l'insurrection, le Protestantisme tchèque, — un peu plus lentement, — aurait disparu comme avait disparu le Protestantisme styrien. M. Tomek s'en consolerait sans peine, et nous autres^ pour qui toutes ces divergences scolastiques sont fort inditîérentes, nous comprenons très bien ses raisons. La prospérité du pays n'eût pas été arrêtée pour des siècles, son indépendance supprimée, sa nationalité menacée. La révolution fut un épouvantable malheur; seulement la responsabilité en retombe au moins autant sur Ferdinand et les ministres qui la rendirent nécessaire que sur les seigneurs qui en prirent l'initiative.

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Icmcnt rappelés à l'ordre : le primat de la Nouvelle-Ville de Prague et celui de Zatets avaient demandé, lors de la diète de 1617, que Ferdinand confirmât la Lettre de Majesté; ils furent destitués et remplacés par des Catholiques. — A Litomicrzitse, Totchnik exigeait que l'on conférât le droit de bourgeoisie h deux de ses allidés les plus décriés : les conseillers refusèrent; il les accabla de reproches et d'injures, en fit arrêter trois, et les tint prisonniers tant que les autres n'eurent pas cédé. Puis, à la première vacance, un des deux nouveaux bourgeois fut bombardé conseiller, bien qu'il n'eijt pas obtenu une seule voix et ne remplît pas les conditions légales. — Des procédés analogues furent employés dans la plupart des villes. Bientôt ce fut un concert de récriminations. Les habitants de la Mala-Strana se plaignent, en 161 8, que les capitaines royaux les traitent comme des serfs: les Catholiques obtiennent avec la plus grande facilité ou même reçoivent d'office le droit de cité que les Utraquistes sollicitent en vain; le Sous-Chambellan éloigne du vote les électeurs les plus influents en leur imposant des conditions inaccoutumées, ne tient aucun compte de leurs choix et nomme conseillers « des gens simples qui ne connaissent ni le droit ni les usages ni la langue tchèques, qui ne savent ni lire ni écrire ». — Grâce à cette pression éhontée, dans presque toutes les villes l'autorité passa entre les mains des complices de la cour : quand les Défenseurs convoquèrent, en 161S, une assemblée générale, pour protester contre les vexations dont ils étaient l'objet, la plupart des cités s'abstinrent; quelques-unes même, terrifiées, se séparèrent nettement des États, déclarèrent qu'elles ne reconnaissaient que l'Empereur pour roi, maître et défenseur, et qu'elles n'en voulaient pas d'autre. Après que la révolte eut commencé, elles conservèrent longtemps une neutralité expectante, qu'expliquent à la fois la défiance que leur inspiraient les nobles et la crainte qu'elles avaient du Sous-Chambellan.

Aucune ville n'avait été aussi durement traitée que la capitale. Un décret du 3 novembre lôiy avait si bien étendu

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les pouvoirs des juges royaux qu'il supprimait presque les franchises communales : ils présideraient toutes les assemblées populaires, examineraient et approuveraient les comptes, le conseil municipal ne se réunirait qu'avec leur assentiment, aucune question ne serait soulevée qu'avec leur approbation. — Dans quel sens s'exercerait leur action? La suite de l'ordonnance enlevait tous les doutes. Ils veilleraient à ce que toutes les fondations pieuses fussent employées conformément au vœu des donateurs, c'est-à-dire, comme presque toutes ces fondations étaient antérieures à la Réforme, qu'elles devaient faire retour au Catholicisme. C'était une sorte « d'édit de restitution », la première application à la Bohême de la politique que Ferdinand essaya quelques années plus tard d'imposer à l'Allemagne entière. L'émotion créée par l'édit du 3 novembre n'était pas calmée qu'un nouvel arrêt interdisait la publication de tout écrit contraire à la religion ou hostile au gouvernement; défense de rien imprimer sans l'autorisation préalable du Chancelier.

Ces mesures comblaient les vœux du parti révolutionnaire : la défection des modérés l'avait fort affaibli ; la cour se chargeait de lui ramener les timides et les indécis. Son chef le plus remuant était alors le comte Mathias de Thurn. Issu d'une très illustre et ancienne race, le comte Mathias était à peine un bohème : sa famille, originaire d'Italie, n'était inscrite que depuis fort peu de temps sur la liste de la noblesse tchèque ; lui-même avait passé presque toute sa jeunesse en Carinthie, et il ne parla jamais bien le slave. A un moment où tout dépendait des diètes et où les diètes dépendaient de l'éloquence, c'était une grave infériorité pour un chef de parti que de savoir à peine la langue de ceux qu'il prétendait conduire; et quelle meilleure preuve de la décadence générale du pays tout entier que la patrie de Podiébrad et de Zizka en fût réduite à livrer ses destinées à un demi-étranger ! Thurn n'ignorait pas seulement la langue de la Bohême, mais ses besoins, ses faiblesses, ses désirs, son génie, et son patriotisme poin-

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