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PREMIERES INSTITUTIONS COMMUNES 5 I

particularistes et n'avait d'attention que pour la grandeur de la maison régnante.

La principale différence entre le système administratif du moyen âge et celui des pays modernes consiste peut-être dans la substitution de la répartition logique des affaires à leur répartition géographique. Tandis qu'à l'origine les mêmes agents exercent tous les pouvoirs sur un territoire assez limité, la réunion de vastes territoires sous des administrateurs communs entraîne bien vite la division du travail et sa spécialisation. Sous Ferdinand, à côté du Conseil aulique qui est le grand conseil de gouvernement et dont les fonctions sont surtout administratives et judiciaires, trois autres conseils ont dans leurs attributions la politique extérieure, la guerre et les finances '. Le Conseil pripé est le plus haut auxiliaire et comme le confident du roi : il y appelle les hommes auxquels il réserve sa plus entière confiance; là se discutent les questions les plus graves et se prennent les résolutions décisives. Le grand Chancelier de Bohême fait ordinairement partie du Conseil privé; cela seul suffirait pour marquer combien la situation s'est modifiée : tandis qu'auparavant la politique du royaume, dirigée par des fonctionnaires qui ne relevaient que de la diète, était absolument autonome, maintenant elle est conduite, au moins en fait, par un conseil étranger dans lequel son représentant n'a qu'une part modeste d'influence : était-ce bien d'ailleurs des intérêts particuliers du royaume que s'inspirerait désormais le Chancelier de Bohême? — Il continuait bien sans doute à être un fonctionnaire du pays; mais la force des choses devait faire de lui le « serviteur et le confident » du souverain.

La Chambre auUque de Vienne fut un véritable ministère des finances de la monarchie : les Chambres des comptes de

I. Il est évident que les attributions ne sont pas, dès le premier jour, fixées avec une précision absolue. Le Conseil aulique peut être consulte sur la direction politique générale, la Chambre aulique a des pouvoirs judiciaires étendus, etc. On sait que, de même, en France et jusqu'à la veille de la Révolution, la compétence des divers Conseils du roi varia sans cesse et ne fut jamais très nettement délimitée.

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