PREMIÈRES INSTITUTIONS COMMUNES
Prague et de Pesth subirent sa direction et reçurent ses instructions : Ferdinand avait déjà posé en principe la solidarité des provinces qu'il gouvernait, déclaré qu'elles étaient tenues de s'entr'aider; il ne mit pas moins de fermeté à établir qu'il avait le droit de confiera une seule administration la défense et la représentation de ses intérêts, « car tout est la chose d'un même maître », et, comme la mission de la Chambre aulique ne se bornait pas à empêcher les malversations et à contrôler les comptes, mais allait aussi à augmenter par tous les moyens les ressources du trésor, elle intervint dans les questions les plus diverses. Enfin, dans les dernières années de son règne, en i556, Ferdinand compléta son œuvre en instituant le Conseil de guerre, dont le nom indique suffisamment la compétence.
Encore une fois, nous sommes au xvi^ siècle et non pas au XIX'' ; il serait absurde de vouloir parler déjà de centralisation : il convient de se rappeler que la Bohême conserve ses diètes, ses fonctionnaires, ses tribunaux, ses lois; mais, il n'en est pas moins vrai qu'un grand changement s'est accompli : Ferdinand a indiqué au moins les grandes lignes d'un régime qui n'est déjà plus l'union personnelle, mais se rapproche d'une organisation fédérative : — l'indépendance des royaumes n'est pas menacée, mais certaines affaires, politique extérieure, armée et finances royales, tendent à échapper aux diètes particulières; le Conseil privé, le Conseil de guerre et la Chambre aulique sont la première amorce des ministères communs, tandis que le Conseil et la Chancellerie auliques, dont l'action est au début beaucoup plus limitée par les institutions nationales, devront lentement, sans violence et par une pression constante, diminuer les différences administratives et juridiques qui créent encore un abîme entre les divers États soumis aux Habsbourgs,
A ces ministères communs, s'il est permis de se servir dès lors de ce mot, devait correspondre un Parlement commun. Comme en général Ferdinand ne réussissait à obtenir des diètes les votes qu'il désirait que s'il assistait en per-