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LE PREMIER PARLEMENT AUTRICHIEN

sonne à leurs délibérations, il était réduit à courir sans cesse de pays en pays pour enlever les votes. La tâche était lourde : il essa3'a d'obtenir des diètes particulières qu'elles déléguassent, dans certains cas, leurs pouvoirs à des représentants qui délibéreraient en commun; il espérait que dans ces réunions les jalousies et les rivalités s'effaceraient et que de ce rapprochement naîtrait un patriotisme autrichien, qui rendrait les sacrifices moins lourds et les efforts plus productifs. Il se heurta sur ce point à une résistance invincible : ce fut un grand malheur. L'oligarchie tchèque, avec son ordinaire médiocrité d'intelligence politique, ne sut pas saisir le moyen d'opposer une barrière infranchissable au despotisme monarchique. Ces assemblées générales auraient été certainement une garantie à la fois pour les libertés politiques et pour l'indépendance nationale ; rapprochés dans un même esprit, solidaires de leurs destinées, Hongrois, Allemands et Slaves auraient sans doute oublié leurs rancunes et se seraient entendus pour ne faire au souverain que les sacrifices indispensables à rp^tat; le développement de l'unité autrichienne aurait pu se concilier ainsi avec le maintien de l'autonomie de chacun des royaumes. Seulement, il fallait pour cela admettre la nécessité d'un minimum de concessions, et un certain esprit de sacrifice était nécessaire : les Tchèques se condamnèrent à tout perdre parce qu'ils se refusèrent à rien abandonner.

La première tentative pour créer un parlement commun autrichien est de i53o. L'opposition en Bohème était fort excitée; la diète, encore sous l'inspiration de Lev de Rozmital, repoussait les demandes de subsides : si les frontières du royaume étaient menacées, elle saurait les défendre; sinon, elle n'enverrait de secours aux Hongrois que lorsqu'on lui fournirait la preuve incontestable que le Pape, l'Empereur, la France et les autres princes chrétiens mettaient aussi des troupes en campagne. Aussi, quand Ferdinand demanda à la diète d'envo3'er des représentants à Linz pour s'y concerter avec les délégués des autres Etats

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sur les moyens d'assurer la défense contre les Turcs, la majorité refusa net : ce serait compromettre les libertés du pays; si les autres diètes voulaient envoyer des députés à Boudiéovitse, elle ne refuserait pas d'écouter leurs propositions, mais l'assemblée entendait se réserver le dernier mot. « Certes, entre tant que cette bande florisse, écrivait à Ferdinand sa sœur Marie, il n'est pas possible que vos affaires peuvent bien aller « ■.

Ferdinand revint à la charge en ibSj : les Hongrois et les Autrichiens le soutenaient, les Silésiens et les Moraves n'étaient pas éloignés d'entrer dans ses vues; les Tchèques opposèrent à sa proposition une fin de non recevoir. L'année suivante, le roi renouvela sa demande avec plus d'insistance, fit intervenir les ambassadeurs de Venise et du Pape, les députés des autres pays: le succès ne fut pas plus grand; les Chevaliers en particulier se montraient intraitables. Cependant les progrès des Turcs les décidèrent à quelques concessions. Soliman avait occupé toute la Hongrie entre laTheiss et le Danube, une garnison turque avait pris possession de Bude, lémotion était extrême en Europe : les Tchèques acceptèrent, plus ou moins sincèrement, l'idée de délibérations communes avec les représentants des autres pays; ils refusèrent seulement d'envo3^er leurs députés à Linz, ce qui était certainement leur droit; le roi décida les autres délégués à venir d'abord à Koutna- Hora, puis à Prague (iSqi); malgré les difficultés qui se produisirent, l'utilité de ces assemblées plénières fut clairement démontrée par l'événement, mais l'épreuve ne fut pas renouvelée. A diverses reprises, la question revint sur le tapis; lesTchèques ne voulaient toujours pas aller à Vienne ou à Linz; les représentants des autres provinces ne refusaient pas moins obstinément de se rendre à Prague ; le roi, fatigué et désespérant de triompher de ces mauvaises volontés réciproques, finit par se lasser. L'unité de la monarchie, si

I. V. Rézek, les États tchèques et la politique extérieure, dans la Revue tchèque, Osviéta, 1882, p. 3.

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