PROTESTANTS ET IH HAO''ISTES
messes votives étaient interdites; on rejetait la tradition comme règle de la foi, les écrits de H us et des autres docteurs ne feraient autorité que s'ils étaient conformes à l'I^criture. (]ahéra avait demandé que l'on permît le mariage des prêtres, mais sa proposition avait été, sinon repoussée, du moins ajournée '. On comptait sur la bonne volonté des administrateurs pour accentuer peu à peu la transforma tion, mais le pas accompli était décisif : si aucun incident ne survenait, l'Utraquisme avait vécu.
Ces modifications visaient surtout les pratiques et les cérémonies du culte. — L'émotion fut extrême à Prague. Le peuple vêtait resté très formaliste : « Sa superstition et son idolâtrie, écrit un Bohême à cette époque, sont plus folles encore et plus incorrigibles que celles des Romains - ». Par une contradiction qui n'est pas très rare, à un complet libertinage d'esprit et à une mobilité absolue de croyances il joignait un attachement passionné aux formes consacrées. Les passions religieuses avaient été exaspérées par les discussions et les variations des dernières années. L'instinct national de la foule était froissé par l'introduction d'une religion allemande et vo3'ait dans les nouveaux rites une injure à la mémoire de Hus. Les ambitions lésées exploitèrent ces dispositions.
Les nouveaux conseillers progressistes, nommés par le roi, gardaient de leur origine quelque impopularité. L'ancien administrateur, Korambous, qui avait dû céder la place aux partisans de Luther, avait été un des promoteurs de la réunion en une seule commune des diverses cités praguoises : il y a trois personnes dans la Trinité, avait-il dit, et un seul Dieu ; Dieu n'a pas créé trois mondes, mais un seul; pourquoi ne pas imiter les desseins de la Providence? — Ces souvenirs étaient habilement rappelés par les partisans de Pachek,
En face de ces manœuvres, les progressistes se mon-