Georges de Pisek, cité par Palatsky, V, 2, p
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trèrent à la fois tracassiers et timides; aussi, au moment des élections, leurs adversaires leur enlevèrent les principales fonctions. Les vainqueurs nommèrent une commission chargée d'interpréter les vingt articles acceptés par la dernière réunion utraquiste : les anciennes cérémonies furent rétablies, les processions, l'exposition de l'hostie, l'élévation du Saint-Sacrement. Cahéra s'était aperçu aussitôt de la saute du vent et il avait retourné son manteau : « Dans ses actions et dans ses paroles, il ne s'occupait que de plaire au peuple. )) Aux reproches de ses amis, aux plaintes de Luther, il répondait qu'il n'était allé trouver le moine que pour le percer à jour et le mieux combattre. Pour donner des gages à ses nouveaux alliés, il rappelait Korambous et les exilés, chassait de la ville ceux des prédicateurs qui persistaient à propager les doctrines protestantes, flattait les Catholiques, visitait les chanoines et était devenu un des entremetteurs les plus convaincus d'une entente avec Rome '. Son but n'avait pas changé, et c'était bien toujours l'archevêché de Prague qu'il visait, mais maintenant il espérait l'obtenir du pape.
Les progressistes conservaient cependant encore des positions importantes, et les orthodoxes ne se sentaient pas siirs du terrain. Le 8 août 1 624, ils firent prévenir le bourgmestre, Briktsi de Litchko, que des rassemblements se formaient dans la Petite-Ville et que des troubles étaient à craindre. Briktsi de Litchko convoqua le Conseil pour prendre les mesures nécessaires, mais les rapports de police ne signalaient aucun désordre, et les conseillers rassurés se séparèrent sur le champ.
Les chefs du parti conservateur n'avaient pas paru ; ils répandirent le bruit que les inquiétudes du bourgmestre n'étaient qu'un prétexte et que le véritable but de la réunion avait été de préparer un coup d'État, le massacre de ceux qui ne voulaient pas abandonner la religion de leurs
I. V. les documents publiés par Rézek, Abhandl. der K. bœlim. Ges. der Wissenscli., vr Folge, 11" B. [Chronique d'un inconnu, p. i3 et sq., p. 22 et sq.).
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pères. La populace, travaillée par les agents de Pachek, courut à l'Hôtel-de-Ville; à la tête des plus exaltés, Zika Vanitchkovitch, le complice de Pachek, envahit la salle du conseil, prononça un très violent réquisitoire contre les complices de Luther et fît saisir les principaux membres du groupe protestant. Ni l'intervention de Charles de Miinsterberg ni celle même du roi ne les sauvèrent de l'exil. L'hermite Mathias avait écrit à Cahéra une lettre très éloquente et très dure; il fut jeté en prison et n'en sortit, après un an de détention, que pour être expulsé '.
Toutes les nouveautés furent sévèrement interdites et une véritable terreur pesa sur la ville. Cent ans plus tard, les Catholiques n'eurent qu'à remettre en vigueur les décrets qu'avaient édictés contre les progressistes les complices de Pachek. — Les habitants de Prague furent tenus de confesser devant les magistrats la foi calixtine; ceux qui refuseraient seraient expulsés. A l'avenir, quiconque ne pourrait pas prouver qu'un prêtre reconnu par le Consistoire avait régulièrement béni l'union de ses parents, serait regardé comme adultérin et ne serait admis dans aucune corporation. Tous ceux qui avaient reçu deux fois le baptême seraient marqués au visage avec un fer rouge et chassés "^ ; peine de mort contre ceux qui répandraient des doctrines étrangères.
Ce qui rend plus exécrables encore ces résolutions, c'est qu'elles n'avaient même pas l'excuse du fanatisme. « Avec ces fidèles disciples du Christ, écrit un contemporain, on était toujours assez bon chrétien, si l'on finançait ; dès que l'on refusait de payer, l'hérésie était patente. Pour inspirer la terreur, ils sévissaient contre les pauvres, les expulsaient honteusement de la ville, les marquaient d'un fer rouge, les envoyaient même au bûcher 3. » De fait il y eut quelques exécutions.
1. Chronique de Bartoch, p. i6i. La lettre de Mathias a été reproduite dans le Vybor, II, p. 128.
2. Cet article visait les Frères chez lesquels l'habitude de rebaptiser les néophytes se conserva, au moins en partie, encore quelques années.