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JEAN AUGUSTA

etc., lui donnent un caractère officiel. « Après de nombreux entretiens, écrit Luther, j'ai trouvé qu'ils confessaient notre foi, avec des mots un peu dillcrents '. » Vers la même époque, Augusta envoyait des délégués aux principaux représentants du Protestantisme occidental et ils en rapportaient les plus vifs encouragements : Capito, Bucer, Calvin, leur écrivaient pour les féliciter de leur fidélité à la parole du Christ. Depuis lors les relations entre les Calvinistes et les Frères deviendront toujours plus intimes.

Les Frères sortaient brusquement de l'isolement où les avait renfermés jusqu'alors l'indifférence dédaigneuse de l'opinion, faisaient figure dans le monde; des princes lisaient leurs catéchismes et les approuvaient, Georges de Brandebourg, Frédéric de Saxe; Luther les sacrait en quelque sorte ses collaborateurs : « Soyez les apôtres de la Bohême, comme nous sommes ceux de l'Allemagne, avaitil écrit déjà à Loukach ; travaillez pour Christ en vous soumettant aux conditions dans lesquelles vous êtes placés, nous ferons de même. »

Augusta, fort des approbations qui lui venaient ainsi de l'étranger, déployait une extrême activité. Il combattait les Habrovanites, pour dégager les Frères de tout soupçon de

I. Sur ces rapports de Luther et des Frères, v. Millier, p. 212 et sq. Pour les confessions des Frères, on trouvera des renseignements précis dans Schwcinitz, Appendice B. — V. aussi Zezschwitz, Die Katechisrnen der Waldenser iind der Bœhmischen Bn'ider, Erlangen i863, p. i52. Il y a encore bien des points obscurs, — et qui ne seront jamais éclaircis, parce qu'ils tiennent moins à l'absence de documents qu'à une certaine duplicité inconsciente des Frères. Par bonne volonté et esprit de conciliation, par tradition aussi et ignorance, les Frères pendant le xvi° siècle varient sans cesse d'opinion. Ils veulent se concilier les bonnes grâces à la fois des Luthériens et des Calvinistes ; de là bien des contradictions. C'est le côté faible de l'Unité, l'inconsistance de la pensée qui tient moins du calcul que d'une certaine médiocrité scientifique. Un exemple frappant suffira. En iSy?, un délégué déclare solennellement devant la Faculté de Wittenberg : Toutes les choses que Luther ou d'autres de vos prédécesseurs ont signalées dans nos confessions et ont blâmées, ont été supprimées de celle-ci. — Et en i575,dans une lettre officielle des Frères à Bèze, nous lisons : Bien que nous ne nous soyons pas servis de formules équivoques « cependant Luther a interprété nos croyances comme si elles étaient conformes à sa pensée, par sa faute et non par la nôtre. » — Aucune justification ne saurait prévaloir contre ces paroles.

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