DEFAITE DE L INSURRECTION
ment, sans enthousiasme : chefs timorés et soldats médiocres! Les manifestes éloquents ne compensaient pas la faiblesse des effectifs. L'immense majorité de la noblesse avait pris parti contre Ferdinand : i,738 chevaliers ou seigneurs avaient apposé leur signature sur le parchemin de l'alliance; mais il semblait que cet effort eût épuisé leur courage. Aucun secours n'arrivait des provinces annexes : triste châtiment d'une politique égoïste. Les Moraves, satisfaits de la liberté religieuse dont ils jouissaient, ne bougeaient pas ; les Silésiens étaient dans une de leurs crises fréquentes d'exaspération contre les Slaves ; leur zèle pour la Réforme ne se manifesta que par la lenteur avec laquelle ils envoyèrent leurs contingents à Ferdinand. Seules, les villes de Lusace fournirent quelques renforts à Jean-Frédéric.
Que les Protestants montrassent un peu de décision, et le roi était en grand péril. L'intervention de Pflug, quelque médiocre que fût son armée, aurait eu des conséquences incalculables. L'Électeur le suppliait d'agir. Charles-Quint s'était avancé jusqu'à Cheb ; Ferdinand et Maurice se mirent en marche pour le rejoindre. Une attaque combinée des Tchèques et des Saxons présentait de sérieuses chances de succès. Pflug ne voulut pas avancer sans un ordre écrit des directeurs, et ceux-ci, pris de tardifs scrupules, le refusèrent. Le roi fut ainsi libre d'opérer sa jonction avec son frère sans avoir été sérieusement inquiété. — Le sort des rebelles était fixé. Un mois plus tard l'Électeur était complètement défait à Muhlberg et fait prisonnier (21 avril). Non seulement il n'avait reçu aucun secours des Tchèques, mais c'était pour avoir laissé trop longtemps une partie de son armée sur la frontière de la Bohême, où le retenaient ses négociations avec les États, qu'il avait été coupé d'une partie de ses troupes et obligé d'accepter la bataille avec des forces inférieures (1547).
La nouvelle du désastre de Muhlberg éclata comme un coup de foudre au milieu de la diète qui venait de se réunir à Prague (18 avril). Les plus hardis, ceux qui étaient trop compromis pour espérer leur grâce, essayèrent bien de