‹ Les premiers HabsbourgsChapitre 89 sur 248 · LK CONCILE DF, TRENTE · texte numérisé non relu

LK CONCILE DF, TRENTE

lui SCS tendances modérées et son affection pour les Habsbourgs; il disait hautement qu'il fallait ramener les Allemands par la douceur, et il avait été élu sans doute parce qu'il représentait une politique toute différente de celle de son prédécesseur '. Ferdinand crut le moment venu de renouveler sa requête et chargea une commission de préparer un mémoire fort détaillé, assez modéré dans la forme, très radical dans le fond, qui dut être présenté officiellement au Concile. L'Empereur réclamait non seulement de profondes réformes dans les habitudes romaines et les mœurs du clergé, mais la communion sous les deux espèces, le mariage des prêtres, la célébration du service divin en langue vulgaire, la suppression des jeûnes ^. Les princes catholiques allemands appuyaient l'Empereur, et les ambassadeurs français devaient au nom de Catherine de Médicis déposer des propositions analogues.

Les choses, cependant, n'allèrent pas aussi facilement qu'on l'avait supposé. Pie IV, en dépit de toute sa bonne volonté naturelle, n'avait ni le désir ni le pouvoir de rompre avec le parti catholique intransigeant qui formait la véritable force de l'Église. Depuis qu'il était pape, il envisageait la situation à un point de vue un peu différent : il n'eût satisfait Ferdinand qu'en s'aliénant à jamais Philippe II, et il est bien certain qu'entre la cour de Vienne et celle de Madrid, l'hésitation n'était guère possible pour lui. — D'autant plus qu'il savait bien que l'Empereur finirait toujours par céder : déjà ne l'avait-il pas amené à permettre que le Concile se réunît de nouveau à Trente et non dans une ville d'Allemagne, comme Ferdinand l'avait d'abord exigé?

Les historiens modernes sont en général sévères à ce

1. Il disait « qu'il fallait accorder aux Allemands le Calice et le mariage des prêtres ». Sur les rapports de Ferdinand et du Concile de Trente, voir, outre les ouvrages généraux, Reimann, Unterhandlungen Ferdinands I mit Pins IV., [Forsch. :^. deiitsch. Gesch. 1866;) et Sickel, :{ur Gesch. d. K. von Trient (Vienne, 1872).

2. Cp. Sickel, /lrc/;/v/. œsterr. Gesch. 6.45(1871), et Reimann^ dans les Forsch. 1868.

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