JE TOMBAI GAUCHEMENT SUR LES MAINS
s'empara de nous, et, étendant nos cou--
vertures sur la paroi de la sphère, de
façon à intercepter la plus grande partie
de la clarté lunaire, nous nous souhai--
tâmes Jaonne nuit, et nous nous endor--
mîmes presque aussitôt.
Ainsi,- dormant, parlant et lisant tour à
tour, mangeant parfois sans aucun appé--
tit, mais nous trouvant, la plupart du
temps dans une sorte de quiétude qui
n'était ni la veille ni le sommeil, nous
voguâmes pendant un laps de temps sans
jours ni nuits, silencieusement, molle--
ment, rapidement vers la lune.
Il est curieux de constater ici que,
pendant tout le temps que nous fûmes
dans la sphère, nous n'éprouvâmes aucun
désir de nourriture. Nous n'en ressentions
nullement le besoin quand nous nous
abstenions. D'abord, nous mangeâmes
sans appétit, mais, pqr la. suife, nous
jeûnâmes complètement En somme, nous
n'avons pas usé la vingtième partie des
provisions comprimées que nous avions
emportées avec nous.
La quantité d'acide carbonique que
nous respirâmes fut aussi extraordinai--
rement minime, mais il m'est absolument
impossible d'en fournir l'explication.