‹ Les premiers hommes dans la luneChapitre 7 sur 36 · JE TOMBAI GAUCHEMENT SUR LES MAINS · texte numérisé non relu

JE TOMBAI GAUCHEMENT SUR LES MAINS

s'empara de nous, et, étendant nos cou--

vertures sur la paroi de la sphère, de

façon à intercepter la plus grande partie

de la clarté lunaire, nous nous souhai--

tâmes Jaonne nuit, et nous nous endor--

mîmes presque aussitôt.

Ainsi,- dormant, parlant et lisant tour à

tour, mangeant parfois sans aucun appé--

tit, mais nous trouvant, la plupart du

temps dans une sorte de quiétude qui

n'était ni la veille ni le sommeil, nous

voguâmes pendant un laps de temps sans

jours ni nuits, silencieusement, molle--

ment, rapidement vers la lune.

Il est curieux de constater ici que,

pendant tout le temps que nous fûmes

dans la sphère, nous n'éprouvâmes aucun

désir de nourriture. Nous n'en ressentions

nullement le besoin quand nous nous

abstenions. D'abord, nous mangeâmes

sans appétit, mais, pqr la. suife, nous

jeûnâmes complètement En somme, nous

n'avons pas usé la vingtième partie des

provisions comprimées que nous avions

emportées avec nous.

La quantité d'acide carbonique que

nous respirâmes fut aussi extraordinai--

rement minime, mais il m'est absolument

impossible d'en fournir l'explication.

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