CHAPITRE IV
L'Histoire résumée des frères Wright
1900. — Les frères Wilbur et Orville Wright, fabricants de bicyclettes à Dayton (Ohio), interrogent Tingénieur américain 0. Chanute sur le vol plané, et commencent leurs expériences dans les dunes de Kitty- Hawk (Caroline du Nord).
1902. — Leur planeur (aéroplane sans moteur) franchit des distances atteignant, parfois, 200 mètres.
1903. — Les frères Wright réussissent le balancement sur place.
Décembre 1903. — L'on apprend, en France, avec étonnement, qu'un aéroplane mécanique, monté, pesant au total 335 kilos, a couvert, le 17 décembre 1903, à Kill-Devil-Hills, près de Kitty-Hawk (Caroline du Nord), 260 mètres en 59 secondes, contre un vent de 32 kilomètres à rheure. Moteur de 16 chevaux à 1.200 tours, pesant 62 kilos, y compris le carburateur et le volant. Deux hélices à Tarrière. Dans une lettre adressée à VAérophile^ Orville Wright atteste ces chiffres divers.
Août 1905. — Le capitaine Perber publie dans la Revue (Tartillerie les documents qui lui furent transmis par M. 0. Chanute. Son article se résume ainsi : Après leur décisive expérience inaugurale d'aéroplane monté du 17 décenibre 1903, les Wright exécutent à Springfleld (environs de Dayton, Ohio), en août 1904, plusieurs parcours de 300 et 400 mètres. Le 15 septembre 1904, ils
commencent à virer ; le 20 septembre 1904, ils reviennent à leur point de départ après avoir décrit une volte complète. ' Enfin, en novembre 1904, ils exécutent successivement, avec des surcharges de 25, puis de 35 kilos de barres d'acier, des vols de plus de cinq minutes, pendant lesquels auraient été décrits quatre grands orbes, représentant plus de 4 kilomètres.
9 octobre 1905. — Les frères Wright adressent au capitaine Perber une lettre où ils l'informent qu'ils sont prêts à « fournir machines sur contrat, acceptées seulement après un essai de plus de 40 kilomètres, portant un aviateur et une provision d'essence pour plus de 100 kilomètres ». Ils ajoutent pouvoir construire des machines enlevant plusieurs personnes.
4 novembre 1905. — Les frères Wright écrivent de nouveau au capitaine Perber : « Nous consentirons à réduire notre prix au gouvernement français à un million de francs, payé après que la valeur de notre découverte aura été constatée, en présence de$ représentants officiels, par un vol de 50 kilomètres en moins d'une heure. »
Le capitaine Perber leur répond qu'il est impossible d'obtenir la moindre subvention du gouvernement français s'ils ne font pas authentifier leur découverte par une commission de savants américains ou français.
9 novembre 1905. — M. 0. Chanute écrit au capitaine Perber et l'assure qu'il peut avoir en les frères Wright toute confiance. M. 0. Chanute dit n'avoir assisté qu'à une petite envolée de 500 mètres.
17 novembre 1905. — Les frères Wright adressent à M. Georges Besançon, directeur de la revue technique VAérophile, une lettre où ils détaillent leurs vols principaux en 1905 ;
Le 26 septembre, 17 kil. 961, en 18 m. 9 s.
Le 29 septembre, 19 kil. 570, en 19 m. 55 s.
Le 30 septembre (?), en 17 m. 15 s.
Le 3 octobre, 24 kil. 535, en 25 m. 5 s.
Le 4 octobre, 33 kil. 456, en 33 m. 17 s.
Le 5 octobre, 38 kU. 956, en 38 m. 3 s.
Le défaut d'essence ou réchauffement des paliers constitueraient les seules causes d'arrêt de la machine.
Le 5 octobre 1905 marque la fin des expériences. Les Wright redoutent la curiosité de leurs spectateurs. L'appareil est démonté.
1" décembre 1905. — Réponse à un câblogramme adressé par VAuto, le 29 novembre, à son correspondant de New-York :
« Le rédacteur du Scientific American, autorité de premier ordre, dit que les journaux ont été dans l'impossibilité d'obtenir des informations sur les résultats des expériences des frères Wright, en septembre. Les Wright refusent tout renseignement. — - John Wet-