SPE3CER
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INTBODOCTION.
tible de s’appliquer également aux fluides et aux solides.
Le principe de la généralité décroissante n’exprime donc pas l’ordre du développement des parties d’une science ; il n’exprime pas davantage l’ordre de développement des scien* ces fondamentales. L’astronomie, que Comte place après la mathématique et la physique, et qui représente l’application des lois de la géométrie et de la mécanique aux corps célestes, plus les lois de la physique céleste, n’a fait de progrès qu’aprés que la géométrie , la mécanique et la physique terrestre en ont eu fait de leur côté. « Avant de coordonner scientifique* ment une classe de phénomènes célestes, on a commencé par coordonner une classe correspondante de phénomènes terrestres. »
c Les objections de M. H. Spencer sont fortes, dit M. Littré, mais elles ne m’ont pus convaincu (1). » Le principe de la classification de Comte est vrai ; le principe inverse dont M. H. Spencer fait la base de sa critique est vrai aussi. Il faut donc que la contradiction soit apparente, non réelle, et que M. H. Spencer se soit abusé. Par généralité décroissante. Comte entendait une généralité donnée dans l’objet. La philosophie ne connaît d’abord que des ensembles, de grands touts : c'est sur ces grands touts qu’elle commence â spéculer. Elle a d’abord étudié le corps en bloc, puis elle a passé à l’examen des organes, puis des tissus, enfin des éléments anatomiques. Voilà le type de l’histoire de la science : on marche du tout à la partie ; la généralité que l’on suit est décroissante, c’est unegénéraiité objective. Pour M . H. Spencer, la science, en passant du corps considéré en bloc à l’organe, puis au tissu, puis à l’élément anatomique, s’est élevée à des doctrines de plus en plus générales ; mais ici, il est question d’une généralité
(1) Littré, Augxute Comlcet la philo6oi>hie positive, chap. vi,
ORJECIIOMS DE M. urmÉ.
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de doctrine, c’esl-à-dire d’une généralité sttbjeclive. On comprend la düTérence des points de vue. C’est l’objet que Comte considère, non les doctrines basées sur l’objet. Laissons la mathématique, dont la place est incontestablement en lèle de la série, et l’astronomie qu’il faut décidément faire descendre du rang élevé de science fondamentale au rang plus modeste de sous>science du groupe de la physique, afln de sauver par un < sacridee indispensable » le fond de la doctrine justement attaquée cette fois par M. H. Spencer. Que nous montre l’objet? Trois groupes de propriétés: les physiques, les chimiques, les vitales, rangés d’après le principe de généralité décroissante. C’est par le groupe physique, comme le plus général, que devra débuter dans son étude encyclopédique, un esprit dûment préparé par la connaissance des mathématiques, pour continuer par le groupe chimique, et finir par le groupe vital , sous peine d’arrêt, parce que l'esprit est contraint de < cheminer du même pas > que l’arrangement naturel de l’objet.
Quel sens M. Littré attache- t-il aux mois t objectivement plus général »? Par ces mois il entend (p. 289-290) des propriétés qui sont manifestées dans plus de cas. En appliquant ce sens à ce qu’il dit des tissus et des élénjcnts anatomiques, M. H. Spencer aurait donc raison de dire que les propriétés du tissu sont objectivement plus générales que celles de l’organe, et celles de l’élément anatomique objeclivement plus générales que celle du tissu, puisque les propriétés du tissu sc rencontrent dans plus de cas que celles de l’organe, et les propriétés de l’élément dons plus do cas que celles du tissu (1). Cette généralité supérieure n’csl point dans une vue de l’esprit, c'est à la pointe du scalpel et sous la lentille du microscope
(1) Herbert Spencer, Ctassificulion of the sciences, p. 10.