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Ainsi il y a entre la Keligion cl la Science un accord plus piufond que celui que nous avions montré. Non-seulement l’une et l’autre aboutissent à la proposition négative que le non-relatif ne peut être connu, mais elles aboutissent à la proposition positive que le non relatifaune existence actuelle. Toutes deux sont obligées par l’impossibilité démontrée de leurs prétendues connaissances, de confesser que la réalilé ultime est inconnaissable, et pourtant toutes deux sont obligées d’en aUirmer l’existence. Sans elle, la Religion n’a pas d’objet, et sans elle, la Science, subjective et objective, manque de la donnée indispensable. Nous ne pouvons édifier une théorie des phénomènes internes sans supposer l’Être absolu; et, à moins de supposer l’Être absolu, l’être qui persiste, nous ne pouvons construire une Ihéorie des phénomènes externes.
§ 61. Il faut ajouter quelques mots au sujet de la nature de celte intuition fondamentale. Nous l’avons déjà considérée à divers points de vue; ici il me semble utile de résumer les césuilals obtenus.
Pans le chapitre IV, nous avons vu que le pouvoir inconnu, dont on ne peut concevoir ni le commencement ni la fin, est présent dans la conscience comme une matière brute qui reçoit une forine nouvelle dans chaque pensée. Notre incapacité de nous représenter ses limites est tout simplement le pendant de notre incapacité à mettre fin au sujet qui pense tant qu’il continue à penser.
Dans les deux chapitres précédents, nous avons considéré cette vérité fondamentale sous un autre aspect. Nous avons vu que l’indestructibilité de la Matière et la continuité du Mouvement sont en réalité des corollaires de l’impossibilité d’établir dans la pensée une relation entre quelque chose et rien. Ce que nous appelons l’établissement d’une relation dans la pensée, c’est le passage de la substance de la conscience d’une forme à une autre. Penser quelque chose devenant rien impliquerait que celte substance de la conscience, ayant existé sous une
forme donnée, ne prend plus de forme ou cesse d’être conçue. Ainsi l’incapacité de concevoir la destruction de la Matière et du Mouvement, c’est l’incapacité de supprimer la conscience elle-même. Ce que nous avons trouvé vrai de la Matière et du Mouvement dans les deux chapitres précédents est, a fortiori, vrai de la Force, c’est-à-dire de l’élément duquel se forment les conceptions de Matière et de Mouvement. Nous l’avons vu, ce qui est indestructible dans la Matière et le Mouvement, c’est la force qu’ils présentent. Nous voyons maintenant que le principe de l’indestructibilité de la Force est le pendant du principe de l’indestructibilité de la cause inconnue des changements qui surviennent dans la conscience. En sorte que la persistance de la conscience constitue l’expérience immédiate que nous avons de la persistance de la Force, et en même temps nous impose la nécessité où nous sommes de l'afllrmer.
§ 62. Nous voyons donc que, de toutes façons, nous 'i-^lés
obligés de reconnaître 1e fait qu’il y a une vérité don
notre constitution mentale. Ce n’est pas seulement v ’ '
de la science, mais c’est une donnée impliquée mé.
nescience. Quiconque affirme que l’incapacité de cor
commencement ou une fin à l’Univers est un résu>' ‘
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de la structure de notre esprit, ne peut nier que l’ir' l’Univers comme persistant ne soit le résultat positi. structure. La persistance de l’Univers est la persista» cause inconnue. Pouvoir ou Force, qui se manifestf a nous à travers tous les phénomènes.
Ce principe est le fondement de tout système de science positive. Le postulat auquel nous sommes arrivés est antérieur à la démonstration, antérieur à la connaissance défi”' il est aussi ancien que la nature même de notre esprit. S( n torité s’élève au-dessus de toute autre autorité ; car, non-seulement il est donné dans la constitution de notre propre conscience, mais il est impossible d’imaginer une conscience constituée de façon à ne pas le donner. Puisque la pensée n’implique que
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PERSISTANCE DE LA FORCE
J’établissement des relations, on peut aisément concevoir qu’elle s’exerce alors que les relations n’ont pas encore été systématisées dans les notions abstraites que nous appelons Espace et Temps ; on peut concevoir une espèce de conscience qui ne contienne pas les principes dits à priori qu’implique l’organisation de ces formes de relations. Mais on ne peut concevoir que la pensée poursuive son œuvre sans de certains éléments entre lesquels ses relations puissent être établies ; on ne neut donc pas concevoir une conscience qui n’implique pas l’existence continue comme donnée fondamentale. La conscience est possible sans telle ou telle forme particulière, mais elle est impossible sans contenu.
Le seul principe qui dépasse l’expérience, parce qu’il lui sert de base, c’est donc la persistance de la Force. Si c’est la base de l’evpérience, ce doit être la base de toute organisation is Me des expériences. C’est à ce principe que nous cett> »ne analyse radicale; c’est sur le même principe diyt Athèse rationnelle doit s’élever.
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