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d'oi^ane de propulsion. Plus tard commence à se développer une cloison qui divise la ventricule, et qui reste quelque tempe avant d’en séparer définitivement les deux moitiés; la cloison des oreillettes se forme plus tard et reste incomplète durant tout le cours de la vie fœtale. Le foie commence par une agglomération de certaines cellules dans la paroi de l'intestin : en se multipliant, ces cellules a s'épaississent au point de former une protubérance à l’extérieur du panai. » Ën même temps que l’organe grandit et devient distinct de l'intestin, les canaux qui le parcourent se transforment en oondnits pourvus de pa^ rois distinctes. Pareillement, certaines cellules de la tunique externe de la partis supérieure du canal alimentaire s’aocur miilcnt, forment des bourgeons, points de départ des relus, et ces organes, tant dans leur configuration générale que dans leur structure, acquiérent graduellement un caraolève tranché.
Les changements de cet ordre se continuent longtemps après la naissance; quelques-uns mêmes n’alteigaent leur complet développement chez l’homme qu’au milieu de la vie. Pendant la jeunesse, la plupart des surfaces articulaires des os restent rugueuses et fissurées par suite du dépèt irrégulier de sels calcaires dans le cartilage qui les enveloppe. Mais entre l'époque de la pqberté et l’âge de trente ans, ces surfaces articulaires ont terminé leur développement, elles sont devenues des épiphi/ses lisses, dures, comme coupées avec un instrument tranchant. En général, nous pouvoqs dire que ce caractère continue à s’accentuer, alors même que l’aceroissenienl de l’hétérogénéité a cessé d’être appréciable. |l f a lieu de penser que les modifications qui s’opèrent après l’Age mûr, aux environs de la vieillesse et de la mort, sont de même nature ; en effet, elles causent de la rigidité dans la slrucluro, et apportent par suite une gêne aux mouvements et aux fonctions; elles resserrent peu à peu les limites au dedans desquelles le procès vital s’accomplit, et finissent par un arrangement organique trop précis, trop resserré dans les limites de la variation
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possible, pour que l'adaptation nécessaire aux variations des conditions extérienres puisse s’acconaplir.
§ 13S. Nous ne pouvons pas plus prouver que la flore et la faune de la terre, considérées dans leur ensemble, ou dans les espèces dont elles sont composées, ont pris un caractère de plus en plus défini, que nous n’avons pu prouver qu’elles avaient progressé en hétérogénéité : les lacunes que nous prér sentent les faits nous empêchent d’admettre aussi bien l’une de ces conelusionsque l’autre. Toutefois, s'il nous est permis de raisonner dans l’hypothèse de jour en jour plus probable que toutes les espèces, jusqu’h la plus complexe, proviennent de la plus simple par l’ciret de modifications qui s’ajoutent constantment à des mpdificalinns déjà existantes, exactement comme chaque individu se forme, nous verrons qu’il doit y avoir eu progrès de l’indéterminé an déterminé, tant dans les formes particulières que dans les groupes de formes.
Les organismes inférieurs (qui sont analogues par leur structure aux germes des organismes supérieurs) ont un caractère si peu distinct, qu’il est difficile sinon impossible de décider si ce ■sont des plantes ou des animaux. Ce fait est significatif; nous pouvons le prendre pour point de départ. Plusieurs de cas organismes sont même encore un sujet de dispute entre les zoologistes et les botanistes ; on a proposé de tes rassembler dans UH règne à part, base commune des règnes animal et végétal. Remarquez encore que chez tes Prototoa le vague de la forme est général. Certains rhizopodes sans coquilles ont une forme si irrégulière qu’elle ne peut être décrite; et elle n’est jamais la même dans deux individus, ni dans le même individu à deux moments successifs. En s’agrégeant, ces organismes produisent entre autres corps indéfinis, les éponges, corps indéfinis par leur volume, leur configuration, leur arrangement interne. Pour montrer encore combien les plus simples organismes sont relativement indéterminés, nous pouvons dire que leur structure varie considérableiueut, suivant les conditions exté-
rieurcs ; au point que chez les Protozoa et les Protophyta, il y a plusieurs formes, classées autrefois comme des espèces distinctes, et même comme des genres distincts, qui ne sont que des variétés d'une même espèce. Si maintenant nous nous rappelons combien, chez les organismes supérieurs, les attributs sont précis, les contours nets, les proportions fixes, et combien la structure reste relativement constante sous les conditions les plus variées, nous ne pouvons pas nier que le caractère qui les distingue des organismes inférieurs ne soit l'état plus distinct qu'ils nous offrent. Nous devons admettre que, s'ils se sont développés en partant d’organismes inférieurs, leur évolution a eu pour accompagnement l’établissement d'un état plus distinct.
Le cours du temps a-t-il tranché de plus en plus les différences qui séparent une espèce des autres espèces, un genre des autres genres, un ordre des autres ordres ? Celte proposition n’est pas plus susceptible d’une preuve positive que la précédente, elle doit s’établir ou tomber avec elle. Toutefois, si les espèces et les genres sont le résultat d’une sélection naturelle, il faut, comme le montre M. Darwin, qu’il y ait eu une tendance à la divergence qui a creusé davantage la séparation des groupes. C’est la disparition des formes intermédiaires moins propres à certaines conditions d’existence que les formes extrêmes dont elles étaient le trait d’union, qui a dû reodre plus tranchées les différences entre les formes extrêmes; c’est aiusi que des variétés indistinctes et instables ont petit à petit produit des espèces distinctes et stables. Celte conclusion est en harmonie avec ce que nous connaissons des races humaines et des races d’animaux domestiques.
§ 13'4. Les phases successives que traversent les sociétés manifestent d’une façon irrécusable le progrès d’un arrangement indéterminé à un arrangement déterminé. Une tribu nomade de sauvages (.sans localité lixe et sans distribution interne fixe) es( moins bien définie dans les positions relatives de ses parties
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qu'une nalion. Dans celle Iribu les relalions sociales sonl parliellement confondues et mal réglées. L’autorilé politique n’esl pas bien établie , elle n’a pas de caractère précis. Les distinctions de rang n’ont pas de barrières qui les séparent et qu’on ne peut franchir. A l’exception des occupations différentes des hommes et des femmes , il n’y a pas de divisions industrielles complètes. Ce n'est que dans les tribus d’une importance considérable, qui ont réduit en esclavage d’autres tribus, qu’on trouve une différenciation économique bien tracée.
Lorsqu’une de ces sociétés primitives se met à progresser, elle devient graduellement plus spécifique. En grandissant, elle cesse d’être nomade, et, resserrée par les sociétés voisines, elle n’acquiert une limite territoriale qu’après une longue guerre de frontières. La distinction entre la race royale et le peuple devient en définitive pour l’imagination populaire une différence de nature. La classe des guerriers arrive à se séparer complètement des classes adonnées à la culture du sol, ou h toute autre occupation considérée comme servile. Il se forme une caste sacerdotale distincte par son rang, ses fonctions et ses privilèges. Les caractères différentiels dcviennenldeplus en plus nettement définis et variés à mesure que les sociétés avancent dans la civilisation, et atteignent leur plus grande séparation dans les sociétés arrivées à leur complet développement ou qui déclinent. Nous lisons que dans l’ancienne Égypte les divisions sociales étaient tranchées et les coutumes immuables. Les découvertes récentes démontrent de plus en plus que chez les Assyriens, et chez les peuples voisins, non-seulement les lois étaient inaltérables, mais que les habitudes moins importantes, la routine domestique elle-même, étaient revêtues d’un caractère sacré qui leur assurait la permanence. Dans l’Inde, de nos jours, les distinctions invariables de caste et la persistance avec laquelle les populations restent fidèles aux mêmes modes d’habillement, aux mêmes procédés industriels, aux mêmes observances religieuses, nous montrent quelle est la fixité des arrangements qui remontent à
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une antiquité reculée. La Chine nous apporte aussi h l’appui de la même vérité son antique et immuable orgaaisatioa politique, ses conventions précises et savantes, et sa iittératare immobile.
Les phases successives de notre propre société et des Sociétés qui nous avoisinent nous présentent des faits d’une espèce un peu différente, mais de même signification. Dans le principe, l’autorité monarchique étaitpius baronniale,et l'autorité baronniale plus monarchique qu’elles ne le furent plus tard. Entre les prêtres d'aujourd’hui et ceux d’autrefois, qui tout en enseignant ofliciellement la religion, étaient guerriers, juges, architectes, il y a une différence marquée; leur fonction est devenue distincte. Nous trouverions des contrastes analogues chez les gens adonnés à des occupations productives i la classe industrielle s’est détachée plus nettement de la classe militaire, et scs diverses divisions se sont séparées plus Oettemetit. Une histoire de notre constitution qui nous rappellerait comment les pouvoirs du roi, des lords, et des communes, se sont établis graduellement, ferait ressortir des changements de même nature. Si nous voulions suivre le développement de la législation , nous rencontrerions des faits sans nombre susceptibles de la même interprétation ; nous y verrions qu’à chaque période successive, les statuts ont été rendus plus spécifiques dans leur application aux cas particuliers. Aujourd’hui encore nous voyons que chaque loi nouvelle, commençant par une proposition vague, se subdivise, dans le cours de l’acte législatif qui la crée, en clauses spécifiques; et même qu’elle n’acqiiierl toute sa précision que lorsque son interprétation a été établie parles décisions des cours de justice. Nous pourrions trouver des preuves analogues dans les annales de certaines institutions moins importantes. Les sociétés religieuses, charitables, littéraires et autres, commencent avec des buts et des méthodes grossièrement ébauchées et aisément modifiables; puis, par l’accumulation de règles et de précédents, le but devient plus distinct et les modes d’action plus resserrés, jusqu’à ce qb’enfid
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il s’y éinblisse une fixité qui ii'admcl plus l’adaptation à de nouvelles Conditions. Que si I*on objectait que chez les nations civilisées il y a des exemples d’un décroissement dans la distinction (par exemple, l’efTacement des barrières qui séparent les rangs) je répondrais, que ces exceptions apparentes sont les symptômes d’une métamorphose sociale; c’est par exemple le passage du régime militaire ou déprédateur au régime industriel ou commercial, pendant lequel les anciennes lignes de démarcation disparaissent, et les nouvelles deviennent plus marquées.
§ 135. tous les résultats organisés de l’aClion sociale, toutes les constructions siiper-organiques, traversent des phases parallèles. Produits objectifs d’opérations subjectives, ils doivent présenter des changements correspondants; le langage, la science et l’art le prouvent.
Effacez des phrases tous les mots qui ne sont pas des noms ou des verbes, et vous verrez se produire le caractère vague des langues dans l’enfance. En remarquant combien chaque inflexion d’un verbe, chaque addition de mots pour marquer le cas d’un nom, sert à restreindre les conditions d’action ou d’existence, nous voyons que les parties du discours permettent aux hommes de communiquer leurs pensées avec plus de précision. Si l’adjonction d’un adjectif à un nom, d’un adverbe à un verbe, restreint la classe des choses ou des conditions dont il est question, c’est qu’au fond le mot additionnel contribue k rendre la proposition plus distincte. Il en est de même des autres parties du discours.
Le même effet découle de la multiplication des mots de chaque ordre. Quand les noms des objets, des actes, et des qualités sont peu nombreux, l’acception de chacun est relativement étendue, et par conséquent manque de spécificité. Les allégories et les métaphores dont les races primitives ont tant usé, suggèrent indirectement et imparfaitement des idées que les langues ne peuvent exprimer directement et parfaitement.