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ANALYSE DES DEUX ORDRES DE CHANGEMENTS. U

fument des parties d’une masse quelconque suppose d'abor.l la matière de ces parties, puis le mouvement protluit pendant qu’elles s’arrangent sur un nouveau plan, enfin la /brccquiles T pousse. C’est un problème de dynamique que nous avons à résoudre » (I). Tout changement est pour nous, quelle que soit la complication qu’il nous présente, une modification de la matière et une modification du mouvement. Ces deux faces de la conception de la force sont inséparables. La matière est indestructible, le mouvement est continu : vérités universelles, corollaires du premier principe attesté par la conscience, la persistance de la force. De la combinaison variée de ces deux éléments résultent tous les phénomènes du cosmos. Tout agrégat matériel a des parties et possède une certaine quantité de mouvement sensible, comme lorsqu'il occupe suc» cessivement des positions différentes, ou insensible, comme lorsqu’il affecte nos sens par ses qualités. Un changement opéré dans cet agrégat, qui n’est pas un simple transport de la masse, doit consister, soit en un accroissement ou une diminution de la quantité de la matière ou de la quantité de mouvement, soit en un arrangement nouveau des parties et en une répartition différente de la quantilé de mouvement. Si la quantité de mouvement insensible diminue, il y a concentration des parties, consolidation de la masse totale, intégration; si le mouvement insensible augmente, il y a dispersion des parties, déconsolidation de la masse, désintégration. Ces deux types de changements, l’un de concentration de la matière avec dissipation de mouvement, l’autre d’absorption de mouvement avec diffusion de la matière, comprennent tous les changements observés dans la nature, tous ceux des objets comme tous ceux des parties d’objets. Ce sont les deux faces

(1) Herbert Spencer, Fir^t i»'indples, 1" édition, p. 221

m INTRODUCTION.

delà métamorphose universelle, toujours présentes, mais inégales; en sorte qu’on trouve toujours quelque tendance à l’intégration ou à la désintégration, et nulle part le repos, l’équilibre des deux tendances. L’équilibre absolu ne pourrait exister qu’entre des. unités dynamiques uniformément répandues dans un espace infini, notion pour laquelle l’intelligence de l’homme n’est pas faite. Jamais les deux ordres inverses de changements ne cessent de coexister ; ils se neutralisent

mutuellement d’une façon imparfaite; une force différentielle

subsiste qui porte l’ensemble ou à l’intégration ou à la désin-

tégration. , J. ■

L’évolution c’est l’intégration, la dissolution c est la désin-

tégration. „ , , • .

Ce n’est que dans des cas très-simples que 1 évolution présente seulement une concentration des unités autour d un centre commun. Le plus souvent, avec cette concentration pour ainsi dire générale s’opèrent des concentrations locales des unités autour de centres divers, en sorte que l’évolution est multiple. L’ensemble n’est pas seulement plus concentré, plus différent des autres ensembles, c’est un agrégat concentré de parties concentrées elles-mêmes et devenues différentes les unes des autres. C’est sur cette opération que s’était arrêté pour un temps M. H. Spencer; c’est ce qu’il a appelé un passage de l’homogène à l’hétérogène. Dans bien des cas celle opération est la plus saillante, elle masque complètement l’opération de concentration de l’ensemble qui coordonne tous les centres secondaires autour du centre commun, et fait de toutes les parties hétérogènes une structure harmonique composée d’organes cooperatifs.

Ce quialieu pour la matière a lieu aussi pour le mouvement. Dans une masse de matière diffuse, les unités moléculaires sont retenues à l’étal discret par un mouvement qui leur est

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