‹ Les premiers siècles de l'histoire de PologneChapitre 4 sur 10 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

venable emploi continental, tellement qu'à la longue les deux premières migrations, faisant trêve à leurs luttes intestines, s'unirent pour repousser les invasions et fermer l'Amérique à l'immixtion européenne, de même que l'Europe s'était unie pour barrer le passage aux hordes asiatiques.

Il ne conviendrait point de forcer les comparaisons. Nous croyons pourtant que l'examen des phénomènes sociaux qui se sont produits depuis l'ère chrétienne peuvent servir à faire comprendre ce qui s'est passé dans les premières périodes de l'humanité. Il est par exemple tel problème ethnographique relativement à l'apparition de telle race loin de son centre principal, à la présence simultanée de populations identiques aux quatre coins du continent, qui peut se trouver expliqué par les courses de telle ou telle race européenne d'un bout à l'autre du continent américain, par des mélanges singuliers de peuples, par des mariages de contrées, par des alluvions restées comme des oasis au milieu de populations complètement différentes.

En opposition aux doctrines de Niebuhr qui niait l'existence de Roraulus et de Numa, ce qui ne tendait à rien moins qu'à supposer un grand effet sans cause, mon père croyait que nul Etat ne naît sur la terre que par une idée nouvelle manifestée par de

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grands hommes. Aussi voyait-il dans les Lechs les créateurs de l'organisation politique de notre nation, et dans les martyrs que consacre notre légende, les»auteurs de la transformation religieuse chez les Slaves.

Bien que la Pologne ait été évoquée assez tard à l'action politique et qu'elle se soit placée en dehors des divers courants historiques qui influencèrent les autres États de l'Europe, si l'on voulait chercher dans le passé de la France, par exemple, la caractéristique des dynasties polonaises, on pourrait signaler quelque analogie entre les Lechs et les Mérovingiens, tandis que c'est aux Carlovingiens qu'il faudrait comparer les Piasts. La trempe extraordinaire de leur esprit, leurs conquêtes retentissantes et le rayonnement de leur gloire entourent les Boleslas de l'éclat dont brillent en Occident les Pépin et les Charlemagne. Ces rois réalisent en eux l'unité nationale, ils poursuivent d'instinct l'expansion de la patrie jusqu'à ses limitesnaturelles, que leur activité débordante leur fait dépasser quelquefois. Enfin, ils enrichissent le plus la légende nationale. Il s'en est fallu de peu que mon père ne parcourût jusqu'au bout cette période de nos annales : il s'arrêta à Casimir le Juste. Quelques règnes de plus et il arrivait au dernier des Piasts, à Casimir le

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