‹ Les premiers siècles du christianismeChapitre 10 sur 74 · LE CHEMIN DE DAMAS · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DE DAMAS

Le sang d'Etienne fut presque immédiatement fécond.

Ennemi acharné des disciples du Seigneur, témoin et approbateur du premier martyre, Saul avait réclamé et obtenu du grand prêtre des lettres de persécution pour les synagogues de Damas. Porteur de l'ordre impitoyable, il part, promettant de ramener enchaînés à Jérusalem tous les partisans de la secte nouvelle qui lui seraient signalés. Déjà les murs de Damas se montrent à l'horizon. Quelques instants encore, et les sentiments de haine et de carnage qui embrasent le cœur du jeune pharisien vont être satisfaits. Tout à coup son cheval s'arrête; une lumière céleste l'environne et brûle ses yeux. Une voix que lui seul entend frappe son oreille :

« Saul, Saul, pourquoi me persécutez- vous?

— Qui êtes-vous, Seigneur?

— Je suis Jésus, que vous persécutez.

— Seigneur, que voulez- vous donc que je fasse?

3» LES PHEMIEHS SIÈCLES Df CHRISTIANISME

— Levez-vous, el entrez dans la ville : on vous dira là ce qu'il faut que voua fassiez, i

Saul était aveugle; ses compagnons de voyage, frappés de stupeur, le conduisirent à Damas, où il resta trois jours sans voir, sans boire, sans manger. Un disciple du Seigneur nommé ànanie, prévenu par une vision, vint le trouver, lui imposa les mains et lui dit :

Saul, mon frère, li ur, qui vous est apparu dans

votre chemin, m'envoie ici pour vous rendre la vue et vous remplir «lu Saint-Esprit. »

Saul sentit alors comme des écailles qui lui tombaient des yeux, et il se lit aussitôt baptiser.

Saul devint L'apôtre ardent, infatigable des Gentils. Il prit le nom de Paul, en mémoire de la conversion du proconsul romain de lile de Cypre, Sergius Paulus.

Si s épi très, au nombre de quatorze, sont tout à la fois l'éclatante défense de la religion du Christ et en même temps le recueil a tnplet des règles doctrinales imposées aux fidèles

La nouvelle lui.

Suivant la tradition de L'Église, saint Paul ayant offensé Néron ei tant à La foi, et par conséquent à la pureté, une

femme de la cour, Le tyran Le lit décapiter le 29 juin 67. le même jour où saint Pierre fut crucifié.

Dl .1 ÊRUSALI M (.") 1 >

I à Aiîtioche, peu de temps après la conversion de saint Paul. <pi< Li disciples Minent pour la première l'ois le nom de i hrétû

Antioche avait été Le principe des fidèles, dispersés

par I ution à la mort d'Etienne

A la vue des miracles opérés par les à la voix

Saint Paul sur le chemin de Damas.

inspirée de Barnabe et de Paul, de nombreuses conversions s'opéraient parmi les Grecs. Mais une grave contestation ne tarda pas à s'élever dans le sein de la nouvelle Église.

Quelques disciples venus de la Judée enseignaient qu'on ne pouvait espérer de salut qu'à la condition d'être circoncis, suivant la pratique de Moïse. Paul et Barnabe combattirent cette doctrine; puis ils se rendirent à Jérusalem pour soumettre la question aux apôtres.

La discussion fut longue et vive.

Plusieurs pharisiens, qui avaient embrassé la foi, soutenaient que, pour bien montrer l'union de l'ancienne et de la nouvelle loi, il était nécessaire de garder la prescription mosaïque.

La consécration de cette doctrine aurait eu pour effet de limiter aux Juifs les progrès de la religion du Christ. Pierre se leva et dit :

« Dieu, qui connaît tous les cœurs, a rendu lui-même témoignage en faveur des Gentils, en leur donnant le Saint- Esprit aussi bien qu'à nous, et en purifiant leurs âmes par la foi... Pourquoi imposer aux disciples un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu supporter? »

La parole du prince des apôtres triompha de toutes les hésitations et fit pénétrer la conviction dans tous les esprits. Paul, Barnabe, Jude et Silas furent chargés de porter à Antioche la lettre suivante, qui contenait la décision du premier concile :

« Les apôtres, les prêtres et les frères, à nos frères d'entre les Gentils qui sont à Antioche, en Syrie et en Galicie, salut.

« Apprenant que quelques-uns venus de Judée vous avaient troublés par leurs discours, et avaient inquiété vos âmes, nous nous sommes rassemblés dans une même pensée, et il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous imposer que les charges nécessaires. Abstenez -vous donc de ce qui

a, LES PMhMIhHS SIECLES UU CHRISTIANISME

aura été sacrifié aux idoles, du sang, des chaire étouffées et de la fornication, et vous ferez bien. »

Gt'ttf lettre, proclamant le dogme nouveau sur les ruines

de l'ancienne loi, apporta la consolation, la joie, l'union dans

l'Antioche, et le moment était venu où la parole du

i tant de la Judée, allait se répandre dans l'univers

enti

Page 1