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LES MARTYRS : CLÉMENT, SIMÉON, IGNACE

Les victimes les plus éminentes de la persécution de Trajan furenl : le pape Clément 1«" qui. en l'an 100, fut banni de son siège et que l'Église met au rang des martyrs.

Siméon, fils de la sœur de la sainte Vierge, que l'Écriture appelle le frère de Jésus-Christ, et qui fut évoque de Jérusalem après la morl de sainl Jacques. Poursuivi par Attims, procurateur de la Palestine, il fui crucifié à l'Age de cent vingt ans, après avoir gouverné pendant quarante années l'Église de Jérusalem.

Enfin Ignace, évoque d'Antioche. Ignace est nue grande figure qui resplendit d'un éclat particulier, même au milieu de tous les héros des persécutions impériales. Selon quelques auteurs, il était cet enfant donl parle l'Évangile, que .lénis- Christ prit dans ses bras pour donner un ex< mple de Pinno-

cence et de l'humilité chrétiennes. Ce qui est certain, c'est qu'il avait conversé avec les apôtres, qui lui donnèrent le

Martyre de saint Ignace.

gouvernement de l'Église d'Antioche. D'après de graves autorités, c'est Pierre lui-même qui lui avait imposé les mains, c'est-à-dire qui l'avait consacré, vers l'an 66 ou 67, peu de

temps avant sa mort. La persécution de Domitien l'avait trouvé inébranlable dans sa foi, dirigeant son troupeau avec autant de zèle que de fermeté. La persécution de Trajan le trouva prêt à mourir pour ceux qui lui étaient conGés. Dans leur respect pour sa piété ardente, les fidèles l'avaient surnommé Théophore (porte-Dieu).

L'empereur, en allant combattre les Parthes, s'était arrêté à Antiocbe. Le christianisme ayant pris dans cette ville un développement immense, Trajan résolut de l'arrêter par les plus violentes mesures. Prévenu des ordres dont l'exécution était imminente, Ignace se présenta devant le prince pour sauver, s'il était possible, son troupeau menacé. Laissons parler ici les actes du martyre d'Ignace; nous allons entendre un de ces dialogues qui ont dû inspirer Corneille.

Trajan. — Est-ce vous qui, comme un mauvais démon» osez violer mes ordres, et qui persuadez aux autres de se perdre?

Ignace. — Prince, nul autre que vous n'appela jamais Théopbore un mauvais démon. Bien loin que les serviteurs de Dieu soient de mauvais génies, sachez que les démons tremblent devant eux et prennent la fuite à leur voix.

Trajan. — Quel est ce Théophore?

Ignace. — C'est moi, et quiconque porte comme moi Jésus- Christ dans son coeur.

Trajan. — Crois-tu donc que nous n'ayons pas aussi dans lecŒur les dieux qui combattenl pour nous?

Ignace. — Des dieux'.' Vous vous trompez; ce ne sont que des démons. 11 n'y a qu'un Dieu, qui a fait le ciel et la terre, et il n'y a qu'un Jésus-Christ, le fils unique de Dieu, au royaume duquel j'aspire.

\jan. — Parles-tu de ce Jésus que Pilate fit attachera une en

Ignace. — Dites plutôt que ce Jésus attacha à oette crois le

péché et son auteur, et qu'il donna dès lors, à ceux qui le portent dans leur sein, le pouvoir de terrasser l'enfer et sa puissance. »

Ignace, condamné à être exposé aux bêtes dans le cirque de Rome, et à servir ainsi de spectacle au peuple, alla subir son supplice avec un enthousiasme qui éclate dans les lettres qu'il adressa aux fidèles de Smyrne, aux Églises d'Asie et aux Romains eux-mêmes, futurs témoins de sa dernière lutte ou plutôt de son triomphe.

Les restes du martyr, que les lions avaient épargnés, furent pieusement recueillis par les chrétiens et portés à Antioche, qui les reçut comme un trésor d'un prix inestimable.

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