LE CHRISTIANISME S'ÉLÈVE
Marc-Aurèle s'est endormi dans la gloire de son dernier triomphe. Les courtisans qui entouraient son lit ont oublié ses touchantes recommandations, mais ils se sont empressés d'obéir au mot d'ordre donné au tribun: « Allez au soleil levant. » Ils sont allés à Commode, et Rome les a suivis. Peuple, patriciens, sénateurs, c'est à qui se précipitera avec le plus d'empressement dans l'abjection. « On les eût pris, dit L'auteur des Études historiques, pour des hommes rendus nouvellement à la Liberté: ils n'étaient affranchis que des vertus de leurs maîtres. » Commode eut l'idée de se faire passer pour le dieu Hercule; il prit une massue et écrasa impunément autour de lui tout ce qui le gênait ou sollicitait son caprice, jusqu'au jour où Le poison de Marcia, l'une de ses concubines, mit fin à cette démence.
térieus desseins de La Providence! Cette Marcia se montra favorable aux chrétiens el les protégea. Il n'y eul pas de iVution générale sous Commode, mais Les lois anciennes qui Les trappaienl oe cessèrent pas d'être appliquées. L'Évan-
gile faisait alors de nombreux prosélytes dans Rome, surtout parmi les familles nobles et riches. Apollonius, sénateur instruit dans les lettres et dans la philosophie, avait embrassé le culte nouveau. Un de ses esclaves le dénonça. Or, Marc-Aurèle avait défendu d'accuser les chrétiens comme chrétiens ; l'édit fut scrupuleusement observé ; le délateur subit le supplice de la croix. Mais Apollonius fut traduit devant le sénat et condamné à perdre la tête, parce que tout chrétien qui avait comparu devant les tribunaux et qui ne rétractait pas sa croyance était puni de mort. Apollonius prononça en pleine curie une éloquente apologie de la religion.
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