LES HÉRÉSIARQUES
De Néron à la fin du ne siècle, c'est-à-dire dans un espace de cent trente-six ans, le christianisme avait subi cinq grandes éditions. .Mais il avait eu d'autres ennemis que les empereurs. Les empereurs ne faisaient que répandre le sanf disciples de l'Évangile, et ils en augmentaient le nom) re. 1 < hérésiarques étaient, non pas aussi cruels, mais plus dangereux: ils s'attaquaient à la vie spirituelle de l'Église dont ils déchiraienl le sein en aigrissant les cœurs, en divisant les esprits, en troublant l'unité île la foi, en altérant la pureté de la morale. Guerre funeste que Dieu a permise toutefois, puisqu'il a mis dans L'homme cette faculté redoutable, mais tiblime, la liberté. Saint Paul a «lit : Il faut qu'il y ait des hérésies. »
i la lutte éternelle de l'erreur et de la vérité, des ténèbres et de la lumière.
L'hérésie a devancé les persécutions el leur a survécu. Il y
ura des héi I int qu'il y aura des passions humaines.
Mirer des dissidences religi toujours été la même;
on h retrouve invariablement dans l'orgueil, dans les exal-
ination, dans les inquiétudes d'une insatiable
curiosité, dans le besoin de dominer, de se soustraire à la règle établie, d'imposer ses propres idées, comme dans l'ignorance, dans la simplicité, dans les préjugés de naissance, d'éducation et de pays. C'est ce que confirmera l'étude rapide que nous ferons successivement des hérésies diverses qui ont agité le monde chrétien. Nous avons à examiner ici celles des deux premiers siècles.