SAINT LUC
Saint Luc, le troisième évangéliste, naquit à Antioche, dix ou douze ans avant la venue de Jésus-Christ. Était-il d'origine juive? Était-il païen avant sa conversion? On l'ignore. Mais ce fut certainement un savant. Luc avait étudié aux écoles de
la Grèce et de l'Egypte. Saint Paul, dont il devint le disciple dévoué, l'appelle Lucùis, dans Tune de ses Épitrea (ad Colo$8., iv. 14) et lui donne la qualification de médecin. Saint Jérôme, dans son épltre à Dainase, dit également de lui que « de tous les évaii il fut le plus versé dans la langue grecque,
car il était médecin ». Une tradition assez répandue dès les premiers Biècles nous le représente aussi comme peintre, et l'on dit que l'impératrice Pulchérie reçut de Jérusalem un portrait de la Vierge, attribué à celui qui devait bientôt devenir l'historien le plus complet et le plusérudit du Sauveur.
C'est en Achaïe, vers l'an 53 de notre ère, que Luc écrivit son Évangile. Ce récit est divisé en vingt-quatre chapitres. Le style en est comparativement pur, bien que l'on y remarque des syriacismes qui rappellent l'origine de l'écrivain. En parlant de l'Evangile de saint Luc, l'apôtre des nations se sert de ces termes : « Selon mon Évangile, » ce qui signifie que ce récit était considéré par lui comme la reproduction fidèle de ses prédications.
ut Luc s'est appliqué surtout à faire ressortir le sacerdoce de Jésus-Christ. C'est là le caractère distinctif de son œuvre. Les grands principes de charité, de pardon, de désintéressement, qui constituent la morale du Christ, y sont exposés avec une préoccupation marquée. <Mi y trouve tout. des détails et des faits qui ne figurent pas dans les autres évangélif si saint Lue qui nous raconte la conception de
saint Jean-Baptiste et de Jésus-Christ. G'esl lui qui nous donne le salut de l'ange Gabriel (Ave, Maria...), la réponse de à Elisabeth (Magnificat), la prière du vieux Zacharie l> minus Deus), l'hymne Incomparable de la milio te but le berceau de Bethléem (Gloria in excehis
touchantes paroles de Siméon après la circoncision nu totem). <'.'<-) lui qui nous montre le Chu t disi Ul in! à l'âge de douze ans avec les docteurs. I
lui qui nous rapporte la magnifique parabole de l'homme riche. Enfin, et, s'il en était besoin, saint Luc affirmerait encore sa première profession de médecin, par le soin avec lequel il raconte toutes les guérisons miraculeuses du Sauveur: le lépreux, l'hydropique, Malchus.
Saint Luc, comme nous le dirons bientôt, est aussi l'auteur des Actes des apôtres, qui sont la continuation du récit évangélique. UÉpUre aux Hébreux lui est attribuée.
Au rapport de saint Grégoire de Nazîanze, et d'après un manuscrit arabe cité par Kirst, saint Luc souffrit le martyre; selon d'autres, il mourut à Patras, dans le Péloponèse, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. En 357, son corps fut transporté à Constantinople et déposé dans la basilique des Douze- Apôtres.
Le troisième évangéliste a pour symbole un bœuf, image allégorique de la première lettre de la langue sacrée (Aleph), parce qu'il avait, le premier, posé Jésus-Christ comme le Pontife suprême, l'Alpha et l'Oméga.