SAINT JEAN
Saint Jean, le quatrième évangéliste, était fils de Zébédée, pêcheur du petit village de Bethsaïde, en Galilée. Il eut pour mère Salomé, l'une des saintes femmes qui ensevelirent le corps de Jésus, et pour frère Jacques le Majeur. — Un jour, Zébédée et ses deux fils réparaient leurs filets sur les bords du lac de Tibériade. Jésus vint à passer. Il avait avec lui deux autres pécheurs, qu'il avait rencontrés non loin de là, Simon- Pierre et son hère André. « Je vous ferai pêcheurs d'hommes, » leur avait-il dit, et ils s'étaient empressés de le suivre. Jésus appela également Jacques et Jean, et ceux-ci, quittant leur barque, se joignirent à lui.
Simon-Pierre, André, Jacques et Jean furent les quatre premiers apôtres du Sauveur.
q lut L'apôtre bièn-aimé; il était le plus jeune de la troupe sainte. Les peintres ont fixé dans le souvenir de tous cette figure juvénile et tendrement inspirée où rayonnent le dévouement et la foi. L'art a popularisé cette tête blonde appuyée sur la poitrine du divin Maître, au repas suprême qui précéda la Passion.
Des bords du lac de Tibériade jusqu'aux sommets du Golgotlia. Jean ne quitte plus le Cbrist. Il parcourt avec lui la Galilée et la Judée, ouvre son âme rêveuse aux leçons de l'Homme- Dieu, s'initie à sa pensée, se pénètre de sa doctrine et de morale, et. sous le rayon qui l'illumine, sous le feu qui l'embrase, il a déjà comme un vague pressentiment des visions de ['Apocalypse; il sent tressaillir en lui les inspirations sublimes de son Évangile. Peu à peu, le doux disciple devient « le Fils du tonnerre » (Boanerge), comme Jésus l'avait surnom
m tut le seul des disciples qui suivit le Sauveur jusqu'au pied de la croix. « Jésus ayant donc vu sa Mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa Mère : « Femme, voilà votre » Fils. » Puis il dit au "disciple : » Voilà votre Mère, i Et, depuis cette li< iiît'-là . le disciple la prit chez lin
Ce fut encore Jean qui, avant tous les antres disciples, constata la résurrection du Christ.
11 prêcha l'Évangile aux Juifs, assista au concile de Jérusalem, en l'an 51, puis alla porter la bonne nouvelle aux Parti;
vint se tixer à Éphèse, dont H tut K' premier évoque. — Arrêté -m 1 ordre du proconsul d'Asie, l<>rs de la persécution de Domitien, il lut cohdùil à Rome et plongé dans l'huila bouillante. Miraculeusement sauvé, Jean lut exilé' à Patmos, de de la mer i gée, où il composa son Apocalyp
,.|>. !è BOUS Nerva. il rentra à Éphèse; et là. à la demande
Paint Jean à Pathmos.
de ses disciples, des évoques d'Asie et des fidèles, il écrivit son Evangile, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans.
L'hérésie déchirait déjà le sein de l'Église naissante. Cérinthe, Ebion, les Nicolaïtes, les Gnostiques niaient la divinité du Christ. C'est à eux surtout qu'il adressa son récit, où l'on remarque en effet que la partie dogmatique l'emporte sur la partie purement historique.
« Jésus, dit-il, fit encore devant ses disciples beaucoup d'autres signes qui ne sont pas écrits dans ce livre, et ceux qui sont écrits l'ont été afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, Fils de Dieu. »
La divinité du Christ, l'unité des trois personnes, le bonheur de la vie éternelle : tels sont particulièrement les points que développe l'Évangile de saint. Jean. Toutefois si, quant aux détails, il est moins explicite que les autres historiens sacrés ses prédécesseurs, il est beaucoup plus exact quant à Tordre chronologique. Les lieux signalés par un acte quelconque du Messie sont indiqués par lui avec une grande précision. Sa fidélité va jusqu'à mentionner les jours et les heures où les faits se sont accomplis.
L'Évangile de saint Jean est divisé en vingt et un chapitres. Il fut rédigé en grec. La forme n'en est pas toujours pure; les hébraïsmes y sont fréquents. Mais la pensée, imposante et parfois sublime, est digne de l'auteur de YApocahjpse, Au vue siècle, on conservait encore à Éphèse l'original de l'Évangile selon saint Jean. C'est à Éphèse que mourut l'apôtre, sous le règne de Trajan, à un âge très avancé, et probablement vers la première ou la deuxième année du second siècle.
Saint Jean, « le fils du tonnerre, » a pour symbole un aigle.
Outre l'Apocalypse et l'Évangile, il aurait composé trois épitres. L'Église ne reconnaît que la première.
20 LES PREMIERS SIÈCLES Dl CHRISTIANISME
l.'Aj i/j/j eu d'innombrables commentateurs, entre
autres Christophe Colomb et Newton.
Les actes des apôtres
Le- jiles sont, à proprement parler, les actes de Jésus-
Christ; ils nous racontent le Sauveur depuis sa naissance jusqu'à son ascension, et forment le code de la loi nouvelle.
Les 'i des apôtres sont la continuation de l'histoire évangéiique; ils nous apprennent ce que les premiers serviteurs du Christ, inspirés par le Consolateur, ont fait et enseigné. On peut les appeler les Evangiles du Saint-Esprit
C'est à cette source que nous devons puiser pour retracer l'histoire des premières années du christianisme.
Saint Luc, le fidèle compagnon de saint Paul, est l'auteur des Actes des apôtres. Il les écrivit Tan 63 de l'ère vulgaire, trente ans après la Passion.
L'historien sacré ouvre son récit au moment où le Christ vient de remonter dans la gloire de son Père, et le ferme au jour où Paul, son maître, après avoir échappé à la tempête (jui avait jeté son vaisseau sur les rivages de Malte, arrive a l'.unie pour se justifier devant César des accusations portées c utre lui par les Juifs. Ce César était Néron. Paul fut absous cette fois; mais, deux ans plus tard, il devait sceller de son sang la foi qu'il avait prêchée.
Les Actes des apôtrt i sont divisés en vingt-huit chapitres, obrassent une période «le vingt- huil à trente années.