‹ Les premiers siècles du christianismeChapitre 48 sur 74 · HUITIÈME PERSECUTION · texte numérisé non relu

HUITIÈME PERSECUTION

La persécution de Dèce, on le comprend, d'après ce qui eul un caractère plus politique que religieux. On y voit l'action réfléchie du pouvoir qui, sans négliger le concours des ; populaires habilei nt ex

et d'abord à frapper le christianisme dans ceux qui en sont entants.

Le pape Fabii n ouvre la longue liste des confesseurs. Il subit le martyre à Rome le 20 janvier de l'an 250. Telle était alors la violence de l'orage qui soufflait sur le troupeau, qu'il ace «lu siège pontifical pendant seize mois. — AJexandi pu i di Jérusalem, qui avait déjà souffert

t Septime-Sévère, fut de nouveau persécuté et mis ••H prison où il mourut. Babylas, l'énergique évoque d'Antioche, qui avait défendu l'entrée de l'église au meurtrier Philippe,

Saint Antoine le Grand et saint Paul, premier ermite. (D'après Vélasquez.)

périt également dans les cachots. A Carthage, le peuple ameuté demandait à grands cris, dans l'amphithéâtre, la mort du pieux et savant évêque Cyprien. Cyprien crut devoir s'éloigner; mais, du fond de sa retraite, il continua de veiller sur son troupeau, jusqu'au jour où, son œuvre étant accomplie, la persécution de Valérien fit couler son sang.

A Alexandrie, Denys, le chef de l'école théologique de cette ville, est arrêté par les soldats du proconsul. Ses disciples le délivrent et le cachent. Dans le récit que le saint docteur nous a laissé de la persécution à laquelle il put échapper, nous trouvons les noms de dix-sept des principaux martyrs d'Alexandrie qui, ajoute-t-il, « ressemblait à une ville prise d'assaut. »

Eusèbe et les historiens chrétiens nous donnent d'effroyables détails sur les cruautés des persécuteurs. Le génie des supplices arriva sous Décius à des inventions atroces. Après les prisons, le fouet, les bûchers, les bêtes féroces, la poix bouillante, la cire fondue, les pieux aiguisés, les tenailles rougies au feu, on mit en œuvre les tortures lentes, afin de lasser la patience du martyr, d'épuiser en lui jusqu'à ses dernières forces, et d'arracher ainsi à la faiblesse, à l'énervement, à la fièvre, une rétractation que les tourments ordinaires, si cruels qu'ils fussent, n'auraient pu amener. On cite un juge qui, après avoir fait subir à un infortuné le supplice du chevalet et des plaques ardentes, ordonna qu'il fût oint de miel et exposé au soleil pour être dévoré par les mouches. D'autres eurent recours aux attraits de la volupté pour vaincre, par la corruption, ces athlètes qui résistaient à toutes les tortures. On vit alors un jeune martyr se couper la langue avec les dents et la cracher au visage d'une femme impudique.

Parmi ceux qui, suivant le conseil des évêques, se dérobaient à la persécution et allaient attendre des jours meilleurs dans des retraites éloignées et parfois jusque dans les déserts, il y eut un jeune homme, nommé Paul, appartenant à l'une

des plus grandes et des plus riches familles de la basse Thébaîde. Après avoir distribué son bien aux pauvres, Paul s'enfonça dans la solitude. Au pied d'une montagne, il trouva une grotte ombragée d'un palmier et dans laquelle coulait une fontaine qui donnait naissance à un ruisseau. Paul s'enferma dans cette grotte et y vécut quatre-vingt-dix ans. Peu de temps avant sa mort (3i2), il reçut la visite de saint Antoine, qui lui apprit la conversion de Constantin et le triomphe de la religion chrétienne. L'Église honore saint Paul comme le père des anachorètes.

valérien (253-260)

La persécution, suspendue ou du moins ralentie sous Gallus et sous le Maure Émilien, successeurs de Décius, se ralluma sous Valérien.

l'ublius Licinius Valérianus avait dû, moins encore à son illustre naissance qua ses grandes vertus, la dignité de censeur, rétablie par Décius. C'était un homme des temps anciens, irréprochable dans sa conduite privée, détestant la tyrannie, brave sur le champ de bataille, et paraissant tout à fait digne de l'empire. Mais lorsqu'il l'eut reçu de l'armée des Gaules et de Germanie, on vit bientôt que le fardeau était au-dessus de ses forces, bien qu'il eût cherché à l'alléger en s'associant son fils Gallien.

Les circonstances d'ailleurs étaient difficiles. Les Germains envahissaient les Gaules du côté du Rhin, et avec eux les Francs, dont le nom apparaît alors pour la première fus dans l'histoire. La Mésie, la Thraoe, la Macédoine étaient ravagées parles Goths; la Chalcédoine, Trébi/onde et Nioimédic tombaient au pouvoir des Scythes; les Perses, bous la conduite de Sapor 1er, s'emparaient de l'Arménie, soumettaient la Syrie et

prenaient Antioche. De tous eûtes, les barbares accouraient sur l'empire romain comme sur une proie qui leur était réservée. Fléaux de Dieu, lléaux aveugles, ils allaient devant eux, accomplissant une œuvre de destruction et de ruine d'où, à leur insu, la réorganisation et la vie devaient sortir un jour.

Tandis que Yalérien se disposait à faire face à tous ces dangers, un magicien d'Egypte, Macricn, dont il avait fait son conseiller et son ami, lui persuada que l'unique moyen d'assurer le succès de ses armes, et par conséquent de sauver l'empire, était d'anéantir le culte chrétien en abomination aux dieux de la patrie. Macrien entoura le faible prince de devins et d'enchanteurs et lui arracha les édits de persécution.

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