‹ Les premiers siècles du christianismeChapitre 49 sur 74 · NEUVIÈME PERSÉCUTION · texte numérisé non relu

NEUVIÈME PERSÉCUTION

Tandis que Valérien guerroyait en Orient contre les Perses, Macrien faisait exécuter à Rome les édits impériaux. Ces édits portaient : la mort contre les évèques, les prêtres et les diacres; la mort ou la dégradation des sénateurs et des chevaliers qui auraient embrassé la foi de Jésus- Christ; la mort ou l'exil contre les femmes chrétiennes; la mort contre les affranchis; dans tous les cas, la confiscation des biens des condamnés. Deux papes furent immolés : Etienne 1er et Sixte IL

Laurent, premier diacre de l'Église romaine, voyant conduire au supplice Sixte, qui lui avait donné le diaconat et l'avait toujours tendrement aimé, le suivit en versant des larmes, et disant :

« Où allez-vous, mon père, sans votre fils?

— Patience, mon fils, répondit le confesseur, un plus grand combat vous est réservé; dans trois jours nous serons réunis. »

Laurent était gardien des trésors de l'Église. Le préfet de

loi

Rom ut lui fût livré : argent et vases précieux.

Laurent obtint un délai de trois jours, vendit, suivant L'ordre

qu'il avait reçu de Sixte même, le dépôt sacré; puis, ayant

mblé sur le forum tous les malheureux que l'Église nour-

dt, il les montra au préfet et lui dit :

a Voilà les trésors de l'Église. »

tirent fut battu de verges et grillé sur des charbons

Sjiut Laurent et le préfet de Home. (D'après Fracassini.)

ardents. Sa mort héroïque convertit plusieurs sénateurs, qui voulurent rendre à son corps les derniers devoirs; ils l'enter- I du chemin de Tibur, à l'endroit où s'éleva, sous I règne de Constantin, L'église qui porte son nom. Rubens et ii ont puis-' dans le martyre de saint Laurent une de leurs plus magnifiques inspirations.

I h eiii'ani de en Cappadoce, Cyrille, étonna ses

bourreaux eux-mêmes par son inébranlable fermeté au milieu

upplio

I. a Gaule inscrivit, pan m les noms Les plus glorieux de Bon

mari a de Patrocle, de Troyes et de Saturnin, de

^uusu, l'Esj lui d'un é\ . . me.

En Afrique, la persécution déploya toutes ses violences. Les seules mines de la Numidie renfermèrent neuf évêques. Cyprien, qui, sous Décius, avait cru devoir céder aux clameurs et aux menaces des païens, dans la pensée que son éloigncment calmerait l'irritation populaire, resta ferme cette fois au milieu de son troupeau, et fit tète à l'orage. Arrêté au mois d'août de l'an 257, exilé d'abord dans les environs de Carthage, puis traduit devant le proconsul, il fut condamné à être décapité. Une foule immense accourut au lieu du supplice. Cyprien se mit à genoux et se prosterna pour prier, donna vingt-cinq écusà l'exécuteur comme témoignage de son pardon, se couvrit les yeux avec un bandeau, tandis que les fidèles étendaient des linges autour de lui pour recueillir son sang, et sa tète tomba sous le fer du bourreau. Deux églises furent bâties dans la suite en son honneur, l'une au lieu de son martyre, l'autre au lieu de sa sépulture. Son nom est inséré dans le canon de la messe, parmi ceux des apôtres et des martyrs dont on célèbre la mémoire.

Page 1