‹ Les premiers siècles du christianismeChapitre 50 sur 74 · VALÉRIEN, PRISONNIER DE SAPOR (260 A · texte numérisé non relu

VALÉRIEN, PRISONNIER DE SAPOR (260 A

La fin tragique de Valérien a ému l'histoire, et à juste titre.

Lorsqu'il quitta l'Italie pour aller défendre les provinces d'Asie, ravagées par les Perses, les édits de persécution étaient signés. Les prisons se remplissaient de chrétiens; les tribunaux instruisaient; le sang coulait. Rassuré par l'inexorable Gdélité avec laquelle Macrien exécutait ses ordres, persuadé que ces hécatombes de chrétiens ne pouvaient manquer de lui rendre les dieux favorables, Valérien arriva devant Antioche qu'il reprit, courut à Édesse, où il fut battu, et se rendit à peu près seul et désarmé à une conférence où Sapor le fit prisonnier. Son vainqueur lui infligea, non la mort, mais la honte.

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Il le traîna, enchaîné el revêtu de la pourpre, à travers les villes de son empire, lui appuyant le pied sur la tête, sur le cou, sur le dos, lorsqu'il voulait monter à cheval ou sur son char. Le supplice dura trois ans. Parfois le captif se tournait du coté île Rome, regardant si Gallien, son fils, ou Macrien, son ministre, venait à son secours. Le ministre avait mis la main dans la trahison de Sapor; le lils s'était réjoui d'un revers qui annonçait pour lui le moment de régner :

« Je savais, dit-il, que mon père était homme. »

Valérien mort, l'historien Agathias fait entendre qu'il fut écorché vif; sa peau tannée, teinte en rouge et empaillée, i suspendue pendant plusieurs siècles aux voûtes du principal temple de la Perse.

Des écrivains ont exprimé la pensée qu'en la personne de Valérien furent expiés la honte et le malheur de tant de rois humiliés au Capitole.

D'autres ont vu l'intervention de la justice divine dans l'épouvantable châtiment qui frappa le persécuteur.

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