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DIXIÈME PERSÉCUTION

« En ce temps-là, dit Bossuet, Rome, toujours ennemie du christianisme, fit un dernier effort pour l'éteindre, et acheva établir. »

i ni a écrit au milieu des bourreaux et des vics, nous a laissé sur cette époque sanglante une page qu'il citer :

a du emprisonnait les prêtres et tous les ministres de la jion; puis, sans les entendre, sans même les interroger, on I til à la mort. Les chrétiens, sans distinction ..

ou de sexe, étaient condamnés aux flammes, et, comme il yen avait un grand nombre, on ne les livrait plus isolément au supp lis on les entassait sur les bûchers. Les esclaves

étaient jetés à la mer avec des pierres au cou. La ution

n'épargnait personne. Les juges, siégeant dans [es tem| conl ut tout le monde à sacrifier. Les pris

pleines. On imaginait de nouveaux genres de pour que personne n'échappât à tant de cruautés, on

levant les grilles des cachots e1 devanl les tribunaux, : lin que les accu nt avant de plaider leui

! traduits ainsi, ii' m tnenl en mais en présence d< ■>. »

commencèrent à ' lie. Le

qui avait arraché ledit impérial fut brûlé à petit du palais, convaincus d'être chrétiens, subirent d'atroces tortun s. De Nicomédie, la persécution s'étendit rapi dément dan-, les provint cri : Mort aux chrétiens! n

■ partout. < In spoliait les incendiait

Phrygie, une ville dont 1rs habitants étaient chrétiens fui par un -, Les croyants se

réfugièrent dans le temple, où ils furent brûlés jusqu'au dernier.

Martyre de saint Pancrace.

On craignait une rébellion en Syrie, où le nombre des fidèles était considérable. Les troupes aidèrent les magistrats à prévenir tout danger, en égorgeant en masse la population.

Dacien, gouverneur de l'Espagne, bien que sous les ordres de Constance, se montra l'exécuteur farouche de l'édit de Dioclétien. L'Espagne revendique les noms glorieux du diacre saint Vincent, qui fut martyrisé à Valence, et d'une jeune fille de douze ans, Eulalie, appartenant à une famille illustre, qui fut brûlée vive à Mérida.

En Afrique, la persécution enveloppa jusqu'à Adauctus, chef du trésor privé de l'empereur. — Les deux frères C''>me et Damien, nés en Arabie, médecins renommés, furent mis à mort avec d'horribles tourments, en compagnie d'une foule d'autres chrétiens. — En Egypte, le fer des bourreaux, dit Eusèbe, s'émoussait à force de frapper. Les victimes couraient à la mort en chantant des cantiques d'actions de grâces.

L'église d'Italie fut digne de son passé ; elle compta parmi ses confesseurs : à Rome, le comédien Génésius, qui se convertit au moment même où il parodiait sur le théâtre le baptême chrétien; la jeune Sotéris; Pancrace, âgé de quatorze ans; Àirnès, de douze; le Milanais Sébastien, le prêtre Marcel, ii xorciste Pierre; — à Bologne, Agricola et Vital, son esclave; — à Milan, Celsus, Nabor, Félix, Gervais et Protais; — à Aquilée, Causius Cantien et Cantiéhilla, de la famille Anicia; e gloires nouvelles d'un pays où la gloire, dit un historien, avait consisté jusqu'alors à tuer, non à souffrir. »

Dans la Gaule, où commandait Constance, la persécution fut relativement plus douce. Mais la clémence naturelle du prince était souvent impuissante devant des ordres supérieurs. Une lettre des chrétiens de Vienne et de Lyon à leurs frères d'Asie et de Phrygie nous fait connaître la rage qui animait alors leurs persécuteurs.

a Ils h. .us chassaient des maisons, des bains, des places, et rir souffraient pas, en général, qu'un seul de nous se mon- : a public. Les plus faibles se sauvèrent; les plus courageux t à la persécution. D'abord, le peuple s'élançait

Martyre de sainte Agnès.

contre eux confusément, par masse, avec des vociférations, les traînant, arrachant leurs vêtements, les lapidant, les déchirant, leur faisant essuyer tout ce que la fureur peut inventer de plus cruel... »

Saint Quentin souffrit le martyre à Amiens, dont il avait été l'apôtre. Un vaillant officier, saint Victor, fut torturé à Marseille.

Dès Fan 286, Maximien, qui avaitété envoyé dans les Gaules pour y réprimer la révolte des Bagaudes, avait exercé sur son passage des rigueurs extrêmes contre les chrétiens. C'est à cette époque qu'il faut reporter l'héroïque martyre de la légion thébéenne. Cette légion, toute composée de chrétiens, était venue d'Orient rejoindre Maximien dans le Valais, à Octodunum (Martigny). Elle avait pour chefs Maurice, Exupère et Candide. Le prince lui ordonna d'aller exterminer des peuplades chrétiennes disséminées dans les montagnes. Elle refusa. Il fit dresser des autels et lui commanda de prendre part aux sacrifices qu'il allait offrir aux dieux. Chefs et soldats se retirèrent alors à quelques lieues d'Octodunum, dans cette vallée où tombe, du haut des rochers abrupts, la célèbre cascade de Pissevache. L'empereur les rejoignit avec des troupes:

« Seigneur, lui dit Maurice, nous sommes vos soldats; nous recevons de vous la solde, mais nous recevons de Dieu la vie, et nous devons lui conserver l'innocence. Voulez-vous que nous tirions notre épée contre l'ennemi, nous sommes prêts, mais non contre des innocents. Nous avons les armes à la main, et voilà que nous les jetons à vos pieds, parce que nous aimons mieux mourir irréprochables que de vivre parjures. »

Maximien fit décimer deux fois la Thébéenne, mais, n'ayant pu vaincre sa résistance, il ordonna à ses troupes de l'envelopper et de la massacrer.

Et cinq mille hommes, braves comme des lions, se laissèrent égorger comme des agneaux.

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