CONSTANTIN LE GRAND
Constance-Chlore, lorsqu'il fut nommé César, avait pour femme Hélène, humble chrétienne des environs de Nicomédie, qui avait touché son cœur autant par ses vertus que par sa beauté. Hélène mit au monde, vers 274, en Dacie, l'enfant qui fut Constantin. En 291, la politique brisa les liens qui l'unissaient au nouveau César; Constance dut épouser Théodora, belle-fille de Maximien-Hercule, et la mère de Constantin alla ensevelir ses jours dans une retraite profonde, d'où elle ne sortit qu'à l'avènement de son fils, en 300.
Mais ce fils, elle l'avait gardé près d'elle pendant plus de seize ans, et il serait difficile de contester l'influence de cette première éducation sur les résolutions ultérieures du prince, mœurs douces et simples de cette mère chrétienne, cils, sa charité immense, l'exemple même de son père qui lui enseigna la modération, tout devait contribuer à préparer pour Constantin les voies à sa conversion future.
Le vieux Dioctétien aimai! ce jeune prince franc, alerte,
intelligent Galériua le haïssait e1 lui dressait des embûches.
Dana l'armée, il était populaire. Sa grande taille, s"ii air mai-
tial, son affabilité, sa bravoure, faisaient de lui l'idole du soldat. On se racontait dans les camps ses prouesses extraordinaires. Un jour, sur les frontières, Galérius l'envoya combattre seul un chef barbare d'une stature effrayante. Constantin, sans hésiter, court droit au colosse, le terrasse, et, le traînant par les cheveux, l'amène sanglant et poudreux aux pieds de son général. Un autre jour, l'Auguste jaloux le força de s'exposer dans l'arène, comme un belluaire, aux griffes d'un lion furieux. Le prince tira son épée, alla égorger le monstre et revint prendre sa place, calme et souriant, au milieu des applaudissements de la foule et surtout des soldats. Constantin ne se dissimulait pas les dangers que la haine de Galérius lui faisait courir. Il se décida à rejoindre son père dans la Grande-Bretagne. Mais, certain qu'il serait poursuivi, il eut recours à un stratagème qui le sauva. Il fit tuer ou estropier, de poste en poste, tous les chevaux qu'il laissait derrière lui jusqu'à Boulogne, où il s'embarqua.
Constance mort (306), les légions proclament son fils Auguste, et Galérius n'ose lui refuser la pourpre. Six empereurs régnent à la fois : Constantin, Maxence et Maximien en Occident; Licinius, Maximien et Galérius en Orient. L'empire se débat entre ces maîtres qui se déchirent et s'écrasent mutuellement. Les peuples, victimes du délire des princes, attendent dans l'anxiété l'heure de la délivrance. Elle va sonner. Maxence, fils de Maximien, maître de Rome depuis cinq ans, tyrannise l'Italie et 1 "Afrique. Il renouvelle dans son voluptueux palais toutes les folies monstrueuses de Caligula et d'Élagabale. Sous prétexte de venger la mort de son père, il médite d'envahir la Gaule. C'est le moment où va s'accomplir le plus grand fuit de l'histoire moderne.