MORT DE CONSTANTIN
Constantin est l'un des princes qui ont été jugés avec le plus de passion. La vérité est entre les louanges et les critiques également exagérées. S'il eut la gloire impérissable de se niettiv à la tète du mouvement religieux qui devait transformer la société, il eut le tort de s'occuper beaucoup trop des questions dogmatiques qui divisaient les cbrétiens, et d'autoriser, par une déplorable faiblesse, les espérances et les prétentions des orthodoxes ou des ariens.
En politique, on peut lui reprocher de n'avoir pas suivi l'exemple de Constance, son père, en réservant l'empire à un seul de ses fils, au lieu de le partager entre les trois. Quel prince cependant avait eu plus que lui l'occasion de reconnaître combien la multitude des Césars était fatale à l'empire romain? 11 fut grand, généreux et brave. Il fit redouter ses armes des barbares, ses voisins; il les fit respecter des peuples éloignés. Il pardonna, aussi Longtemps qu'il le put, les trahisons de Maximien; il épargna les partisans de Maxence; et, quand il eut proclamé le triomphe de la religion chrétienne, il lit cette belle réponse à n ux qui lui demandaient la condamnation des gentils ou des hérétiques :
a La religion veut qu'on souffre la mort pour elle, non qu'on la donne. »
Mais la Hun t de son fils Crispus, de sa femme Fausta, de son neveu Licinius, prononcée et exécutée dans l'ombre, impi ime une tache à son règne.
nstantin commençait sa soixante-quatrième année, et comptai! trente et un ans «le règne, lorsqu'on allant lui-même, à la tête de ses troupes, repousser Sapor, qui menaçait les provinces conquises sur Narsès, à l'occident du Tigre, il tomba
malade à Nicomédie. Sentant sa fin prochaine , il demanda le baptême, qui lui fut donné par Eusèbe, et mourut le 22 mai 337, en déclarant que la seule vie véritable était celle dans laquelle il allait entrer.
L'un de ses derniers ordres fut de rappeler de l'exil le patriarche d'Alexandrie, Athanase.