LES LOIS DE THEODOSE
Il convient de jeter un coup d'oeil rapide sur les lois promulguées par Théodose : elles sont l'un des titres les plus glorieux de son règne; elles portent la vive empreinte de l'esprit nouveau que le christianisme avait répandu dans le monde.
L'ancienne législation attribuait au trésor seul les biens des exilés: Théodose ordonna < jvi'ils fussent partagés entre le trésor et le condamné ou ses héritiers.
L'héritage entier du père de famille ayant subi la peine capitale fut laissé à ses enfant •.
Il défendit aux délateurs d'exercer aucune sollicitation relativement aux biens des citoyens condamnée sur leurs indication- poui cause de complol ; sage mesure qui diminua i m supprimant les honteux avantages attachés autrefois aux dénonciations.
Le mariage fut prohibé entre oncles et nièces, tantes et neveux, beaux-frères et belles- sœurs, ainsi qu'entre cousins germains. La violation de la loi fut punie de peines exorbitantes, telles que le feu, la confiscation des biens et la bâtardise des enfants; mais cette loi, qui ne fut guère que comminatoire sous Théodose, fut abrogée sous Arcadius. — La prohibition, en matière de mariage, fut étendue aux unions entre chrétiens et juifs.
Défense aux juifs d'acheter des esclaves chrétiens; autorisation aux chrétiens d'affranchir sans restriction ceux qu'ils possédaient.
La police de l'empire fut réglée avec le plus grand soin. Au souverain seul appartint la nomination des magistrats. Vénalité des offices interdite sous des peines sévères ; choix scrupuleux des fonctionnaires.
Les juges furent tenus de visiter fréquemment les prisons, de recevoir les plaintes des prisonniers, et de prendre note exacte de leurs réclamations.
Les privilèges accordés à des particuliers au préjudice des corporations auxquelles ils appartenaient furent révoqués.
Les tribunaux ne purent prononcer des décisions que conformément au texte de la loi, et tout citoyen fut affranchi de l'obligation d'obéir aux ordres que les magistrats auraient prétendu tenir verbalement du souverain.
Les lois de Théodose, auxquelles furent ajoutées les lois romaines et les constitutions impériales depuis Constantin, furent réunies dans la suite, par les ordres de Théodose II, et formèrent un vaste recueil appelé le « Code Théodosien », dont la mise en vigueur fut promulguée le 1er janvier 439 ) à Rome et à Constantinople à la fois.