LES PÈRES DE L'ÉGLISE
Les martyrs avaient donné leur sang pour la religion du Christ; les apologistes l'avaient défendue contre les C< Vutcurs; les Perses la défendirenl contre les derniers os et rontre les hérétiques. Une étude rapide sur ces illustres champions des croyances orthodoxes trouve fioreémenl sa place dans l'histoire de L'Église à la fin du iv* siècle et au commencement du ve.
SAINT JEAN CIIRYSOSTOME
Son éloquence l'avait t;ui surnommer « bouche d*ot i, et sa charité, « Jean l'aumônier. Le rhéteur païen Libanius, dont il avait été disciple, s'écriait, admiranl ses talents oratoires: C'est i Jean que j'aurais laissé mon école, si les chrétiens ne nous l'avaienl enl(
Il renonça aux grandes carrières qu'ouvraienl devanl lui sa a fortune, son savoir, et, sourd aux supplications il alla se préparer dans le silence de la reliait.' a
la mission qu'il devait remplir. Comme Àmbroise, comme Basile, comme Augustin, il fut ordonné prêtre malgré lui. Alors commença le cours de ses prédications. Sa parole inspirée, ardente comme la flamme qui s'échappe de la fournaise, consolait le peuple, stimulait le zèle des prêtres, reprochait aux riches le luxe de leurs vêtements, de leurs esclaves, de leurs palais et de leurs voitures, fulminait contre les jeux du cirque, la passion du théâtre, l'orgueil des philosophes, la foi aux augures, derniers souvenirs du paganisme que n'avait pu effacer la religion du Christ. La charité, thème habituel de ses discours, tirait surtout de son âme des élans d'une ineffable éloquence. Juifs, gentils, hérétiques, orthodoxes, accouraient pour l'entendre. Cent mille auditeurs se pressaient parfois autour de sa chaire. Pâle, maigre, courbé par les austérités de sa jeunesse, par les jeûnes, les veilles, le travail, il se transfigurait sous l'impulsion divine; l'éclair jaillissait de ses yeux, sa voix vibrait; rien ne pouvait plus, il nous le dit lui-même, « maîtriser l'ardeur de son âme, » et la foule ivre d'enthousiasme faisait retentir l'enceinte sacrée de frénétiques applaudissements. Sa popularité était immense. Arcadius l'éleva au siège patriarcal de Constantinople en 398. Jean donna aussitôt ses biens aux pauvres, réforma les églises de son obédience, fonda des hôpitaux, et continua à tonner contre les vices des grands et des puissants. L'impératrice Eudoxie, que sa libre parole avait blessée, le fit déposer par le concile de Chalcédoine et exiler en Bithynie (403). L'ordre fut révoqué à la suite d'un soulèvement du peuple qui réclamait son patriarche, et d'un tremblement de terre qui effraya l'empereur et l'impératrice. Mais de nouvelles cabales le renvoyèrent en exil. Il mourut près de Comana, dans le Pont, le 14 septembre 407. Il était né à Antioche, selon les uns en 347, selon d'autres en 344.
L'œuvre de Jean Chrysostome comprend plus de sept cents
homélies, vingt-huit discours, vingt et un panégyriques, une multitude de lettres, trois grands traités, dont le plus célèbre
est celui du Sacerdoce, et une foule d'autres travaux sur des sujets de dogme ou de morale.