SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE
Né à Sébastc, en Cappadoce, vers 331, le frère de saint Basile le Grand s'adonna de bonne heure à la culture des lettres que plus tard, et bien qu'engagé dans les ordres ecclésiastiques, il professa avec éclat. Mais sur les observations de
Grégoire de Nazianze, qui lui reprocha d'avoir déserté le s inctuaire «■! scandalisé les Gdèles, le jeune rhéteur chrétien empressa de rentrer dans le sein de l'Église, et l'on dit que toute sa vie il regretta ce moment de défaillance, à l'égal d'une apostasie. En 371, il alla aider son illustre frère dans l'administration du diocèse de Césarée, el dèa l'année suivante il fut, malgré sa résistance, consacré évêque de N
LES IMIEMIEHS SIECLES Dl' CHKISTI AN1SME 'i3
en Cappadoce. Grégoire s'appliqua avec ardeur à maintenir l'unité catholique contre les hérétiques et les schismatiques. Poursuivi sous Valens, remplacé par un hérétique sans foi, sans mœurs, sans instruction. « plus digne d'être valet qu'évéque, » dit un historien, il alla pleurer dans l'exil, non ses dignités perdues, mais les malheurs de l'Église. A l'a ment de Gratien (378), il reprit ses fonctions épiscopales. Le concile d'Antàoche le chargea de visiter les églises de Palestine et d'Arabie, de réprimer les abus qui s'y étaient glissés et de cicatriser les plaies qu'y avaient faites le schisme et l'iiérésie. Outre cette mission importante, la vie de Grégoire de Nysse est marquée par de nombreux travaux. 11 présida, en 381, le second concile œcuménique de Constantinople, qui lui donna le titre de Père des Pères, et prononça en 385 l'oraison funèbre de l'impératrice Flacilla, première femme de Théodose.
Les ouvrages qu'il a laissés se composent de discours., d'homélies, de traités, de lettres, d'ouvrages dogmatiques ou de controverse, et de livres ascétiques. Esprit moins vaste que saint Basile et que Grégoire de Nazianze, moins vigoureux, moins éclatant, l'évèque de Nysse a une profondeur et une portée philosophique égales, sinon supérieures, à celles des plus grands orateurs du rve siècle. Il mourut en 396, suivant quelques auteurs, mais plus probablement le 10 janvier de l'an 400.