SAINT JEROME
Jérôme naquit à Stridon en Pannonie, vers 331. Ses parents, riches et chrétiens. l'envoyèrentàRome perfectionner ses études. Il eut pour maîtres Donat, commentateur de Térence et de Virgile, et le célèbre rhéteur Victorin. Nature ardente, il ne tarda pas à expérimenter, selon ses propres expressions,
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c combien est glissant ]<• chemin do l'adolescence. » Il ne sut pas échapper aux ; le la grande ville; « il tomba, nous
dit-il lui-môme, dans la Cbarybde de la luxure, ce gouffre qui dévore Le salut, là où Sc\ lia, avec sa figure de vierge, sourit et flatte pour entraîner les naufragés de la pudeur. » Jérôme commença comme Augustin; mais comme lui, et plus promptement que lui, il se releva, et, après avoir reçu le baptême des mains du pape Libère, il passa en Orient et se retira dans le désert, sur les confins de la Syrie et de l'Arabie. Là, isolé de tout être vivant, abîmé dans les larmes, les jeûnes, les prières, il demandait au ciel le pardon de ses erreurs. La légende raconte que les lions respectaient le pieux anachorète; mais des moines jaloux le chassèrent de sa retraite, le traitant de sabellien et d'hérétique. Jérôme se rendit à Jérusalem, puis à Antioche, où il reçut la prêtrise des mains de l'évêque Paulin (372). Il alla en 381 à Constantinople, et se lia d'une vive amitié avec Grégoire de Na/.ianze, dont il devint, à cinquante ans, le plus zélé disciple. De là il partit pour Rome, où le pape Damase se l'attacha comme secrétaire.
C'est à cette période de sa vie que se placent les grands travaux qui ont illustré son nom. Profondément versé dans la connaissance du grec, du latin, de l'hébreu et du chaldéen, familiarisé avec les coutumes de l'Orient, nul mieux que lui n'était apte à découvrir le véritable sens littéral des Écritures. Le pape Damase le chargea (]>,■ reviser la version italique des Évangiles, dont le texte, réputé le plus fidèle, avait été altéré par des variantes et des interpolations. Il dut également corriger le Psautier, Job et d'autres livres aujourd'hui perdus. Enfin il s'occupa delà traduction de l'Ancien Testament Ci traduction, adoptée par l'Église, consacrée par le concile de Trente, s'appelle la Vulgate. Ces travaux l'absorbèrent quinze ans. Poursuivi par d'odieuses calomnies dont il démontra l'iniquit du monde, il retourna en Orient, et se réfugia
La communion de saint Jérôme. (D'après le Dominiquin.)
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dans une grotte à Bethléhem, près de la crèche du Sauveur, où il passa ses dernières années dans la prière, l'étude et la pauvreté. Nourri dans les chefs-d'œuvre de la littérature profane, Jérôme ne quittait les prophètes que pour se repaitre de la lecture des poètes, des orateurs et des philosophes. Ses livres, l'unique richesse de son ermitage, étaient aussi l'unique distraction de son isolement. Tant qu'il vécut à Bethléhem, sa grotte fut en quelque sorte le foyer des lumières sacrées, et l'on venait le consulter de tous les pays soumis au christianisme. Parfois cependant le grand homme, descendant des hauteurs de son génie, ne dédaignait pas d'enseigner aux enfants pauvres de sa patrie adoptive l'Évangile, l'histoire sainte, les langues et les belles-lettres. Un grand nombre de personnes illustres se fixèrent à Bethléhem pour jouir de sa parole : deux nobles dames romaines, Paula et sa fille Eustochia, vinrent fonder des monastères auprès de son humble demeure. Jérôme mourut dans cette retraite, le 30 septembre 420, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans.