‹ Les premiers siècles du christianismeChapitre 67 sur 74 · SAINT HILAIRE · texte numérisé non relu

SAINT HILAIRE

Hilaire naquit au commencement du ive siècle à Poitiers, dont il fut probablement le premier évèque. L'arianisme le considéra comme l'un de ses adversaires les plus redoutables, et l'Église des Gaules comme l'une de ses plus vives lumières. Relégué pour sa foi par l'empereur Constance sur les côtes de Phrygie, il se mit en rapport avec les grands docteurs, la gloire de l'Église dOrient, et puisa dans leurs entretiens une nouvelle énergie. Pendant cet exil qui dura cinq ans (356- 361), il composa son traité sur la Trinité, le plus complet qui ait été fait sur ce mystère; celui des Synodes, savante réfutation des doctrines ariennes; son Commentaire sur le livre de Job, et divers écrits adressés à l'empereur. Sa dialectique est

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puissante; son raisonnement vif. serré, habile. On trouve çà et là. et surtout dans ses lettres à Constance, des élans d'indignation d'une incomparable éloquence. Saint Jérôme appelait Hilaire « le Rhône de l'éloquence latine ».

A la mort de Constance, Julien ayant révoqué les édits de proscription contre les évéques, Hilaire fut rétabli dans son Église de Poitiers. Les dernières années de sa vie furent consacrées à la défense des principes orthodoxes. Il mourut le 1er novembre 367.

SAINT AMRROISE

Le sauveur d'Antioche, le vengeur de Thessalonique, Ambroise, ne semblait destiné ni par sa naissance, ni par les emplois qu'il occupa dans sa jeunesse, à devenir l'une des gloires de l'Église d'Occident. Né à Trêves, en 340, dans le palais de son père, préfet de la Gaule méridionale, il résidait lui -même à Milan en qualité de gouverneur de la Ligurie et de l'Emilie, quand le Cappadocien Auxence, évoque arien, vint à mourir.

L'élection du successeur d' Auxence donna lieu à des troubles violents. Ambroise, comme gouverneur, se rendit dans l'assemblée du peuple et fit entendre des paroles fermes, mais conciliantes. Tout à coup une voix d'enfant jeta ces mots :

« Ambroise, évoque I »

Mille voix répétèrent :

« Qu'Ambroise soit notre évêquel »

Catholiques et ariens s'étaient réunis dans un vote dont l'unanimité parut miraculeuse. Ambroise chercha vainement dérol er par la fuite à l'honneur qu'on lui imposait; il fut obligé «le céder aux vœux du peuple, se lit baptiser, car il n'était encore que catéchumène, puis, dans l'espace de huit joins, reçut la prêtrise et la dignité épiscopale. Il distribua

son argent aux pauvres, donna ses propriétés ù l'église, et se mit à étudier les Écritures et les Pères avec tant d'ardeur et de fruit, qu'il ne tarda point à être proclamé le premier des docteurs de l'Occident.

Ambroise n'eut pas le génie de Chrysostome, de Grégoire ou de Basile; mais il leur fut supérieur par une activité pratique qui le rendit plus sublime encore dans ses actions que dans ses écrits. Les princes, connaissant son expérience des affaires, sa prudence et sa fermeté, lui confièrent les plus importantes missions. Valentinien lui recommanda ses fils en mourant. Maxime, détourné par lui d'entrer en Italie, lui reprocha de l'avoir trompé et le menaça de sa vengeance. Après le meurtre de Gratien, l'évèque alla réclamer à l'assassin le cadavre de la victime. Théodose, auquel, on le sait, il ne ménagea en aucune circonstance la vérité, disait de lui :

« Nul, comme Ambroise, ne porte dignement le nom d'évêque. »

Sa réputation de sagesse était si grande, que deux seigneurs vinrent de la Perse à Milan exprès pour l'entendre. Après avoir discuté avec lui, pendant toute une journée, sur des questions allégoriques, ils repartirent sans avoir fait autre chose dans la ville. Des princes barbares demandèrent un jour au comte Arbogaste s'il connaissait Ambroise; sur sa réponse qu'il était son ami :

« Nous ne sommes plus surpris, s'écrièrent-ils, que tu sois aussi heureux dans les combats, puisque tu as des rapports familiers avec un saint dont la parole arrêterait le soleil. »

La vie d' Ambroise était absorbée par les soins les plus divers; il jugeait les différends que lui soumettaient les fidèles, administrait les hôpitaux, secourait les pauvres, accueillait chacun avec affabilité, et, au milieu de ces occupations, il méditait et composait. Parmi ses écrits, on distingue les deux traités des Devoirs des mi?iislrcs et de la Virginité. On lu

attribue communément le Te Deum, mais il parait certain que cette hymne lui est postérieure de plusieurs siècles. Ce qui est incontestable, c'est qu'il réforma le chant de l'Église d'Occident Ambroise mourut en 397, à l'âge de cinquante-sepl ans.

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