SAINT AUGUSTIN
Né le 13 novembre 354 . à Tagaste, petite ville de Numidie, non loin d'Hippone, qu'il devait illustrer un jour. Augustin (Aurelius Augwtinianus) abandonna sa jeunesse aux séduisantes doctrines des manichéens, au scepticisme des académiciens, et à ces désordres éclatants dont il a fait l'aveu devant le monde. Son père, nommé Patrice, était païen et ne se convertit que dans un âge avancé. Monique sa mère, chrétienne et pieuse, s'écriait dans son affliction qu'elle oe se croyait mèn qu'à demi, « tant qu'elle n'aurait pas communiqué la vie de la grâce à celui qui lui devait la vie naturelle. »
o Rassurez- vous, lui disait un évoque, il est impossible que le fil de tant de larmes soit réservé à la perdition, i
Les erreurs d'Augustin durèrent neuf ans. Pendant ce long naufrage et des mœurs et de la foi, il professa la rhétorique à Carthage d'abord, puis à Milan, où le Dieu si tendrement invoqué de Monique semblait le conduire pour le remettre entre les mains d'Ambroise et le retirer de « l'abîme affreux de misères où il était plongé ». C'est dans les Confessions qu'il faut lire les pages admirables où le pécheur repentant raconte les luttes terribles qu'il eut à soutenir alor^, c'est là qu'il faut entendre ce cri du ciel qui retentit dans son âme : « Prends et lis. » (Toile, lege.) C'est là enfin qu'il faut voir Augustin lisant ces lignes de saint Paul :
« Ne passez pas votre vie dans les festins et les plaisirs de la table, mais revêtez-vous de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et gardez-vous de satisfaire les désirs déréglés de la chair. »
Ébloui, terrassé, vaincu, Augustin sera désormais l'apôtre de son siècle et de tous les siècles.
A l'âge de trente-deux ans, la veille de la Pàque de 387, il fut baptisé par saint Ambroise; puis il se hâta de retourner en Afrique auprès de sa mère, qui mourut consolée.
Élu évêque d'Hippone en 395, il combattit l'hérésie et consolida la foi par de savantes compositions sur toutes les matières de religion, de philosophie et de critique, par des prédications, par des correspondances avec les empereurs, les grands de l'empire, les papes et les évêques. Il édifia les fidèles par sa charité envers les pauvres, auxquels il distribua tous ses biens. C'est à Hippone qu'il mourut, plein de grandes œuvres et d'années, le 28 août 430, pendant le siège que cette ville soutenait contre les Vandales, qui s'en emparèrent. Il nous reste de saint Augustin quatre-vingt-treize ouvrages, sans compter un immense recueil de lettres. Les plus célèbres de ces écrits sont le traité du Libre arbitre, les Confessions et la Cité de Dieu.
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Marcel I«f (308-310), né à Rome, mort dans la même ville le 1»'. janvier 310. Son pontificat fut fécond en institutions utiles à ['Église. 11 créa vingt paroisses dans Rome, ordonna vingt et un évoqués, vingt-cinq prêtres et deux diacres. Selon quelques historiens*, il aurait été martyrisé pal les ordres de Maxence, qui n'avait pu le contraindre à sacrifier aux idoles. Selon Fleury, « le pape Marcel mourut après avoir tenu le un an et prés de huit mois. 11 avait été odieux à plusieurs parce qu'il voulait obliger ceux qui étaient tombés ■J'ijixi) pendant la persécution à faire pénitence de leur crime, et la division en vint jusqu'à la sédition et au meurtre. »
Eusèbe (310-311), Grec de naissance, fils d'un médecin et . "rin lui-même. 11 fut, comme son prédécesseur, d'une grande sévérité pour les chrétiens qui, dans le cours de la persécution de Maxence, avaient livré aux employés du lise les vases et les livres sacrés. Le tyran le condamna à l'exil, où il mourut. Le siège resta vacant plus de neuf mois.
Miltiade ou Melchiade (311-314), né en Afrique selon quelques historiens, et, selon d'autres, à Madrid. Son pontificat fut marqué par deux grands événements : la conversion de Constantin et la défaite de Maxence. On a contesté- à Miltiade le titre de saint, parce qu'il ne souffrit pas le martyre; mais, ainsi que beaucoup d'autres, il fut vénéré comme un i pour avoir confessé la foi dans des temps difficiles.
Silvestre I°r (314-335), né à Rome vers 270, mort dans la même ville, le 31 décembre 335. C'est sous son pontificat, en 319, qu'éclata l'hérésie d'Arias. Les infirmités l'empô-i chèrent de se rendre au concile œcuménique de Nicée; mais il s'y lit représenter par deui prêtres, Gui et Vincent chargea le savant usius, évêque de Cordoue, de le présider en
LES PREMIERS SIÈCLES DU CHRISTIANISME ijj
son nom. Il est le premier pontife romain qui porta la tiare.
Marc (335-336), Romain de naissance, élu le 18 janvier 336, mort le 7 octobre de la même année. Court, mais actif pontificat. Saint Marc fonda deux basiliques, et ordonna beaucoup de prêtres et d'évêques. Il est certain qu'avant son élection il porta le titre de cardinal. C'est la première fois que ce titre apparaît dans l'histoire. Il fit réciter à la messe, après l'Évangile, le Symbole de Nicée : Credo in unum Deum. Quelques historiens attribuent cette prescription à Damase 1er.
Jules 1er (336-352), né à Rome, où il mourut le 12 avril 352. Il soutint énergiquement Athanase contre les ariens, l'accueillit avec honneur à Rome, et le rétablit sur son siège d'Alexandrie. Une lettre qu'il adressa à ce sujet aux évêques dissidents d'Orient est regardée comme un des plus beaux monuments de l'antiquité.
Libère (352-366), né à Rome, élu le 8 mai 352, mort le 24 septembre 366. D'accord avec les évêques d'Egypte, avec le concile qu'il réunit à Rome, et malgré le concile d'Arles, où les ariens triomphèrent, Libère prit la défense d'Athanase contre les hérétiques et contre l'empereur Constance. On voulut le séduire par des présents, l'effrayer par des menaces; il résista. Enlevé de Rome, il fut relégué à Bérée en Thrace, puis rétabli sur son siège, un instant occupé par le diacre Félix, que les ariens y avaient placé et qui fut chassé par le peuple. Saint Épiphane, saint Basile et saint Ambroise parlent de lui avec éloge. Son nom figure au martyrologe de saint Jérôme.
Damase 1er (366-384), né à Rome d'une famille espagnole, élu le 1er octobre 366, mort le 10 décembre 384. En 355, il accompagna Libère dans son exil de Bérée, et revint avec lui à Rome en 358; mais il resta inébranlable dans sa foi. Élu à la mort de Libère par la majorité du clergé et du peuple, il eut à lutter contre une forte minorité qui nomma le diacre
Ursin. Après de sanglantes collisions, le diacre Ursin fut gué dans les Gaules. Damase s'appliqua à ramener les dissidents par la persuasion, à combattre l'hérésie, à détruire les abus qui s'étaient introduits dans le clergé. Il obtint des empereurs Valentinien, Valens et Gratien, une loi qui déclarait les prêtres et les cénobites incapables de recevoir, par donation ou testament, aucun avantage pécuniaire de la part des fidèles dent ils dirigeaient la conscience. Il confia à saint Jérôme le soin de traduire les livres saints en langue latine. Cette version célèbre, qu'on appelle la Vulgate, est la seule approuvée par l'Église catholique. On a de lui des épitres et des poésies religieuses.
Suice (384-398), né à Rome en 324, élu le 22 décembre 384, mort le 26 novembre 398. Il fut le premier des évêques de Rome qui prit le titre de pape. Il ordonna que toutes les causes concernant la religion ou les églises fussent portées au tribunal des évêques et non des princes temporels; il condamna par divers décrets le> manichéens, les priscillianistes, les novatiens et les donatistes, présida en 390 le concile où fut condamné Jovianus, moine de Milan, qui niait la virginité de Marie, et éteignit le schisme de l'Église d'Antioche, après un concile assemblé à Capoue en 391. s. mit Jérôme, par son ordre, donna au Canon de la messe la forme qui subsiste encore aujourd'hui.
Anastase I" (398-402), probablement d'origine romaine. Sous son pontificat fleurirent saint Chrysostome, sainl Augustin et saint Jérôme; des conciles furent réunis à Carthage, à Constantinople et à Éphèse; la réconciliation de l'Église de Rome avec celle d'Antioche lui opérée, après un schisme de dix-sept ans. Anastase combattit vivement les doctrines d'Ori^t' ne. Sainl me l'appelle « un homme d'une vie sainte, d'une riche pau : d'une sollicitude apostolique