‹ Les premiers siècles du christianismeChapitre 72 sur 74 · ET MILITAIRES · texte numérisé non relu

ET MILITAIRES

Théodose II étant mort sans postérité, Pulchérie lui succéda et lit monter avec elle sur le trône un brave soldat nommé Martien. Pulchérie avait cinquante et un ans; Martien en avait soixante. Ce n'était pas un mari, c'était un collègue qu'elle prenait pour l'aider à relever l'empire de l'abaissement où l'avaient précipité les favoris du règne précédent. Le choix était heureux. Martien, Thrace d'origine, avait servi dans la guerre de Perse et dans la malheureuse expédition d'Afrique contre Genséric. Son courage et ses talents avaient été remarqués, et de simple soldat il était devenu sénateur et tribun militaire. Il y avait, dans ce soldat d'aventure, l'âme d'un vieux Romain; c'est ce que prouvèrent bientôt les événements.

Attila, après l'élection de Martien, se hâta de réclamer par ambassadeurs le tribut que Théodose s'était engagé à payer au roi des Huns.

« Dites à votre maître, répondit Martien, que j'ai de l'or pour mes amis et du fer pour mes ennemis. »

Mais il savait allier la prudence an sentiment de la dignité de l'empire. Il envoya au barbare Apollonius, chargé de lui porter di - présents, à titre expressément spécifié « de présents ". non de tribut Attila refusa de recevoir l'ambassadeur et demanda les présents. Apollonius lui fit connaître qu'il

n'a\ait que deux nmyns de les obtenir : c'était, OU de les

recevoir connue des présents, en lui donnant audience, ou de

ni arracher avec la vie. Attila n'était accoutumé ni à la

fierté de ces réponses, ni à la fermeté de cette conduite II

laissa le député s'éloigner, sauf à se venger plus tard. Mais le coup avait porté; Attila comprenait que Théodose ne régnait plus à Constantinople, et, espérant une proie plus riche et plus facile en Occident, c'est de ce côté qu'il résolut de tourner ses armées.

Tandis que le torrent de l'invasion s'écoule vers la Gaule où nous le suivrons bientôt, achevons de retracer, dans ses principaux actes, le règne réparateur de Marcien.

Il s'occupa tout d'abord de pacifier les disputes religieuses de l'empire. Déjà, en 431, Pulchérie, dévouée à l'Église orthodoxe, avait amené Théodose à réunir dans Éphèse le troisième concile œcuménique, où fut condamnée l'hérésie de Nestorius, patriarche de Constantinople, qui refusait à la Vierge Marie le titre de Mère de Dieu.

Un autre hérésiarque dont la réputation de savoir et de piété était immense, Eutychès, abbé d'un monastère des environs de Constantinople, en voulant combattre Nestorius, tomba dans une autre erreur. Eutychès soutint que la divinité et l'humanité du Verbe, après l'incarnation, avaient formé une seule nature divine sous l'apparence d'un corps humain. C'est ce qu'on appela le monophysisme. Dioscore , patriarche d'Alexandrie, embrassa avec ardeur le parti d'Eutychès, et, sous sa présidence, cent trente-cinq prélats, réunis à Éphèse en 449, proclamèrent l'orthodoxie des doctrines nouvelles, refusant même d'entendre la lecture d'une lettre du pape saint Léon qui les condamnait. Les opposants, réduits au silence par la force, durent se soumettre, jusqu'au jour où Pulchérie et Marcien, dans le but d'établir l'unité de croyance dans l'Église, convoquèrent à Chalcédoine le quatrième concile œcuménique (451). L'empereur Marcien y assista, comme autrefois Constantin à Nicée. Le souverain pontife y fut représenté par ses légats. Trois cent soixante évêques confessèrent « un seul et même Jésus- Christ, Fils unique, Seigneur en

Kl LES PREMIERS SIÈCLES DU CI1IUSTIANISM F.

doux nature?, sans confusion, sans changement, sans division, ■ans séparation, sans que L'union ôte la différence des natures. »

1 e concile frappait ainsi d'un côté les partisans de Nesfcorius, en affirmant Le Dieu fait chair et né de Marie, de l'autre les partisans d'Eutychès, en affirmant la diversité essentielle des deux natures unies en une seule personne.

Dioscore fut déposé, et la lettre de Léon le Grand, sur le mystère de L'Incarnation, fut mise au rang des écrits canoniqn

is Marcien, les armes de l'empire recouvrèrent quelque éclat Ardaburius, L'un des fils d'Aspar, fut envoyé en Syrie, où Les Arabes s'étaient révoltés. Il les défit près de Damas et les força à demander la paix.

Maxim.', dans la haute Egypte, repoussa les Blemmyens qui avaimt envahi cette province.

Des forces considérables allèrent aux frontières proté l'Orient contre l'invasion des Huns, et porter secours à Valentinien m menacé par Attila.

Marcien s'appliqua à réparer dans les provinces les désas- ; ai Le terrible ennemi. Lorsque, en 453, la mort du roi barbare lui enleva un trop juste sujet d'inquiétude, il fit reconstruire les villes, repeupler les campagnes, et parvint à rendre à ses États une prospérité qui semblait à jamais perdue.

Pulchérie mourut en 454, comblée de gloire, respectée des grands et bénie du peuple. Elle avait fondé une foule d'hôpitaux, d'églises et de monastères; elle fit les pauvres héritiers de tout i ichesses personnelles.

Marcien, <pii Lut sans contredit L'un des meilleurs princes intins, mourut en 457.

ATTILA DANS LES GAULES. — SIEGE D ORLÉANS. — PARIS SAUVÉ. — BATAILLE DE CHALONS. — ATTILA EN ITALIE. — MORT ET FUNÉRAILLES D'ATTILA (450-453).

Une circonstance quelque peu romanesque fournit à Attila l'un des prétextes de son invasion dans les Gaules. Honoria, sœur utérine de Valentinien III, à la suite d'une liaison coupable qui avait attiré contre elle des mesures dont sa jeunesse ardente ne pouvait s'accommoder, envoya secrètement un eunuque porter son anneau au roi des Huns. Attila réclama sa fiancée, et avec elle sa dot, c'est-à-dire la moitié des États romains. On lui répondit que les lois ne reconnaissaient aucun droit héréditaire aux femmes.

Aussitôt il franchit le Rhin, saccage la Gaule septentrionale, brûle Trêves et Scarpiana, détruit Metz de fond en comble, arrive devant Troyes, que les prières de saint Loup, son évêque, sauvent de la fureur des Barbares, puis devant Paris, où la main d'une jeune fille arrête le « fléau de Dieu ».

Humble bergère du village de Nanterre, selon la tradition la plus répandue; fille d'un Romain riche et noble, nommé Sévère, selon quelques historiens dont l'opinion aura peine à effacer la pieuse et poétique légende, Geneviève avait, dès l'an 449, prédit l'envahissement de la Gaule par les Barbares de l'Asie, mais en ajoutant que ces Barbares ne pénétreraient pas dans l'enceinte de Paris. Lorsque l'année suivante cette prédiction s'accomplit, ce fut une grande émotion et une grande terreur dans la malheureuse cité, qui n'avait ni remparts ni guerriers pour se défendre. Geneviève, parcourant alors les places et les rues, ranime les courages, arrête la foule qui se dispose à fuir, conjure les hommes de s'armer et excite les femmes à implorer le secours divin. A la parole inspirée de

l'héroïne, la résistance s'organise; la population est prête à vaincre ou à mourir. Fait prodigieux, mais certain : Attila s'approcha de la ville, reconnut les préparatifs de défense et s'éloigna.

Depuis quatorze siècles, sainte Geneviève est l'objet d'un culte aussi touchant que patriotique dans la cité qu'elle sauva, et qui l'a adoptée pour patronne.

Le roi des 11 uns alla mettre le siège devant Orléans. Sangiban, qui commandait dans la ville, s'était engagé à lui en ouvrir les portes. L'évêque Anianus (saint Aignan) découvrit la trahison, désarma Sangiban, releva la confiance des habitants, et, après avoir pourvu à la défense de la place, courut à Arles réclamer les secours d'Aétius. A son retour, les bandes d'Attila entouraient Orléans.

Le siège durait depuis cinq semaines. Les habitants, après des prodiges de valeur, commençaient à s'abandonner au désespoir; les murailles s'ébranlaient sur plusieurs points; les faubourgs de la rive droite de la Loire étaient forcés (14 juin). Tout a coup la vigie qui du sommet de l'une des tours interrogeait l'espace, jeta ces mots à la multitude : « J'aperçois dans le lointain comme une petite nuée qui s'avance. »

C'était Aétius qui arrivait avec les légions romaines, auxquelles s'étaient joints les Visigoths commandés par le vieux roi Théodoricct ses deux fils Théodoric et Thorismond. Aétius allait enfin réparer ses défaillances passées par l'une des plus grandes victoires qui aient jamais illustré les armes romaines.

A la vue de l'armée innombrable et inattendue qui approchait, Attila, ralliant ses troupes, se dirigea en toute hâte vers la Champagne, passa la Seine près de Troyes, et s'arrêta dans les plaines catalauniques, à quelques milles de Chàlons.

Ces! là que. vers les derniers jours de juin 451, se livra la tante bataille qui devait décider de la fortune d'Attila et

irder la chute <le l'empire d'< lecident

Sainte Geneviève exhortant les Parisiens. (Daprès Delaunay.)

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Les armées alliées ne tardèrent pas à rejoindre les Huns. Deux mondes étaient en présence : le monde ancien avec Aétius, le monde à venir avec Attila. Les Romains comptaient dans leurs rangs, outre les Wisigoths de Théodoric, des peuplades nombreuses disséminées dans les Gaules, et qui, à l'appel d'Àétius, s'étaient réunies pour combattre l'ennemi commun : des Lètes, des Armoricains, des Saxons, des Brennes, des Alains, des Sarmates, des Bourguignons, des Franks Ripuaires et des Franks de Mérovée. Les Huns avaient avec eux d'autres Franks et d'autres Bourguignons, des Boïens, des Hérules, des Thuringiens, des Gépides, des Ostrogoths.

Attila comptait sur sa cavalerie, qui, dans ces plaines immenses longues de cent lieues, larges de soixante-dix, dit Jornandès, l'historien de cette guerre, pourrait se déployer et manœuvrer sans obstacle. Mais il ne se dissimulait pas que la tactique romaine assurait à ses adversaires une supériorité incontestable sur ses bandes valeureuses, mais indisciplinées.

Il consulta ses aruspices, qui lui prédirent une défaite dont il serait dédommagé par la mort de son plus grand ennemi. Il crut dès lors à la mort d'Aétius, et, ses sentiments de vengeance se trouvant satisfaits par cette interprétation, il donna, vers la neuvième heure du jour (trois heures après midi), le signal du combat.

Ses troupes fléchirent à la prise d'une colline qui séparait les deux camps, et dont Aétius et Thorismond se rendirent maîtres. Il rassembla aussitôt ses lieutenants et les harangua :

« Qu'avez-vous à redouter de cet amas confus de nations efféminées, différentes de mœurs et de langage, associées par la peur? Ils tremblent déjà avant la bataille, ces lâches ennemis ! C'est la terreur qui leur a prêté des ailes pour courir à cette éminence; ils se repentent de s'être engagés dans ces plaines, ils cherchent des lieux élevés pour être hors de la portée de vos traits, et voudraient pouvoir se cacher dans les

nues Nous connaissons déjà les Romains; je ne crains que la promptitude de leur fuite. Précipitez-vous sur les Alains et I 'Mis. « i i i i font tonte leur force; le corps ne peut se tenir it quand les os en Boni arrachés. Courage! que la fureur accoutumée s'allume dans nus coeurs] Le glaive ne peut rien contre l'ordre du destin, et nul trait n'atteindra celui que erve pour chanter l'hymne de la victoire. Cette foule épouvantée n'osera pas même regarder les Huns en face. Si nement ne mé trompe, c'est ici le champ que nous ont promis tant d'exploits. Je lance le premier trait à l'ennemi; meure celui dont la main restera oisive tandis qu'Attila combattra ! »

La mêlée fut atroce, sans miséricorde, sans quartier, telle que l'antiquité n'en vit point de semblable.

« Si l'on en croit les vieillards, dit Jornandès, un petit ruisseau qui arrosait les plaines catalauniques, — la Vesle probablement. — se grossit tout à coup, non par les pluies, mais par le sang qui coulait des blessures, et devint un torrent Les blessés, qu'une soif ardente conduisait vers le ruisseau, furent réduits à boire cet horrible breuvage, avalant ainsi et leur propre sang et celui de leurs ennemis

La perte des deux armées, suivant les estimations les plus modérées, fut de cent soixante-deux mille hommes.

Le vieux roi Théodoric tomba glorieusement en excitant ses troupes. Ainsi s'accomplit la prédiction qu'Attila avait appliquée àAétius. Les Wisigoths furieux, et voulant venger la mort de leur roi, se précipitèrent sur les Huns, qui cherchèrent un refuse derrière le retranchement de chariots dont ils avaient entouré leur camp. Toute la nuit on entendit les chants des . I ■ bruit de leurs armes qu'ils entrechoquaient, et le son des trompettes. Attila vaincu ressemblait au lion qui rugit et menace, à l'entrée de la caverne où les chasseurs l'ont acculé. Il lit dresser un bûcher avec ses bagages et l<

de ses chevaux, décidé à s'y brûler si l'ennemi forçait son camp.

Mais la victoire, la dernière qui fut remportée au nom des anciens maîtres du monde, avait coûté aux armées alliées des pertes trop considérables pour qu'il fût prudent de songer à une nouvelle attaque. Aétius avait hâte d'ailleurs de se séparer des Wisigoths, qui, après le service qu'ils venaient de rendre, pouvaient se montrer exigeants et dangereux. Sur les habiles conseils qu'il lui donna, Thorismond, que ses troupes avaient élevé sur le pavois au milieu du champ de bataille, reprit le chemin de ses États.

Attila, de son côté, sortit de ses retranchements à la tête des débris de son armée, repassa le Rhin, et, côtoyant le Danube, regagna sa ville de bois dans les steppes de la Pannonie.

Au printemps de l'année suivante (452), Attila, après avoir redemandé sans plus de succès qu'autrefois la main d'Honoria, se mit en marche avec ses Huns, avides de venger leur défaite, franchit les Alpes Juliennes, et vint assiéger Aquilée, qui succomba après trois mois d'une défense héroïque. Enfants, femmes, vieillards, tout fut passé au fil de l'épée, et la ville réduite en cendres. Altinum, Concordia, Padoue, éprouvèrent le même sort. Les habitants épouvantés s'enfuirent du continent et se réfugièrent sur les îlots du golfe Adriatique, où ils construisirent des huttes qui devaient un jour devenir les palais de marbre de Venise la Superbe.

Pénétrant ensuite dans la Ligurie, les Huns brûlent Vicence, Vérone et Bergame. Pavie et Milan se rachètent de l'incendie en abandonnant toutes leurs richesses. A Milan, Attila aperçut dans le palais des souverains un tableau représentant l'empereur sur son trône, foulant aux pieds des rois barbares. Le Hun sourit, ordonna d'effacer le tableau, et se fit peindre luimême entouré de Césars prosternés, qui répandaient devant

lui des sacs d'or.

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L'Italie c'| luis l;i stupeur, semblait toucher à son

heure suprême. Aétius seul était debout, harcelant et battant les détachements dea l'ail parés du gros de Tannée,

mais n'osant engager une action décisive. 11 appelait en vain et les secours de L'Orient el ceux des fédérés, qu'il avait laissés de l'autre eoté «les Alpes. L'Orient promettait; les fédérés n'avaient plus d'intérêt à combattra un ennemi qui ne les menaçait pas.

Attila s'approchait de Rome. Valentinien s'y était renfermé,

Vaut trouver dans ses murs un asile plus sur qu'à |{a-

venne. En présence du danger qui croissait', il songea, non

i de se défendre, mais à acheter à tout prix la

paix et son propre salut.

Le pape Léon, l'un des rares grands hommes de cette époque néfaste, s'olfrit pour négocier avec Attila. Sa parole éloquente couvrit ou amoindrit la lâcheté des propositions impériales. Accompagné de deux personnages consulaires, Aviénus et Trigétiue, Léon se rendit à Peschiera, où le roi des Huns était campé. Il exposa au Barbare toutes les considérations qui pouvaient produire quelque impression sur son esprit et lui l'aire respecter une malheureuse ville, ancienne capitale du monde païen , métropole du christianisme. 1! évoqua le souvenir récent encore d'Alaric, triomphant et gtorieoi tant qu'il épargna la grande cité, mourant misérablement peu

de mois après lavoir saccadée. Il lui montra ses troupes tati-

guées par de Longues marches, découragées par les lenteurs d'un siège que le désespoir des Romains pourrait prolongée,

et bientôt décimées par les maladies dont le climat d'Italie avait plus d'une l'ois frappé ses envahisseurs. Il termina en lui offrant, ai nom de l'empereur, des sommes immenses comme dot d'Ilonoria.

respectueusement énergique du pontife ne déplut I i roi barbare, et ses hésitations, s'il lui en restait, tom-

bèrent tout à fait devant les promesses d'argent. Attila accorda donc la paix, et reprit le chemin du Danube.

La mort l'atteignit en route (453). Ayant voulu ajouter une nouvelle femme à toutes celles qui l'avaient rendu père d'une foule d'enfants, il épousa une jeune fille nommée Ildico, dont le père était chef des Bactriens. A la suite du festin des noces, ivre de vin et de voluptés, « il se coucha sur le dos, dit Jornandès, et mourut étouffé par une hémorragie. » Suivant lés traditions Scandinaves, il fut poignardé par sa jeune épouse, qui avait à venger deux de ses frères que le roi des Huns avait fait périr.

Les funérailles d'Attila furent dignes de lui et de son peuple. Le cadavre de celui qui portait avec orgueil le titre de « fléau de Dieu » fut exposé, au milieu de la campagne, sous une tente de soie. Les Huns s'arrachèrent les cheveux et sillonnèrent leurs visages de profondes blessures, s'écriant que ce n'était pas avec des lamentations de femmes, mais avec des larmes de sang qu'il fallait pleurer Attila. Puis, rangés en cercle autour de la tente funèbre, le regard triste et farouche, ils chantèrent les exploits de leur chef, en poussant par intervalles des hurlements lamentables :

« Celui-ci est Attila, roi des Huns, fils de Mandzuk, seigneur des nations vaillantes, qui, par une puissance inouïe, posséda seul la Scythie et la Germanie, épouvanta les deux empires de Rome par la prise d'un grand nombre de cités, et consentit à épargner le reste, fléchi par des prières et par un tribut annuel. Après un règne constamment heureux, il est mort, non sous les coups de l'ennemi, non par la trahison des siens, mais sans douleur, dans la joie des fêtes, au sein de sa nation florissante. »

Les restes d'Attila, placés dans trois cercueils, un d'or, un d'argent, un de fer, furent ensevelis la nuit et avec mystère. On jeta dans la fosse, comme aux funérailles d'Alaric, de

m les reamissa siècles du christianisme

riche- dépouilles rounuses sur les nations étrangères, des harnais, dos armes, dos pierres précieuses, et, afin que la tombe d'Attila, comme celle du roi des Wisigoths, restât à jamais inconnue, on égorgeâtes ouvriers qui l'avaient creusées te funèbre se termina par des banquets où la débaucha le disputa à l'intempérance.

L'empire des Huns tomba avec Attila. La plupart des nations qui avaient suivi le « fléau de Dieu » et subi sa domination, Qstrogoths, Alains, Gépides, Hernies, Slaves, refusèrent de se soumettre à ses nombreux héritiers el reprirent leur indépendance, après une sanglante bataille dans les plaines de Nétad, en Pannonie, où périrent trente mille Huns, avec El lac, fils aîné d'Attila.

L'un des frères d'Ellac ramena en Asie les débris de son peuple (454).

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