‹ Les premiers temps de l'État pontificalChapitre 19 sur 74 · Sur ce sujet, vor De Ros&i, Bullettino · texte numérisé non relu

Sur ce sujet, vor De Ros&i, Bullettino

2. IJ paraît y avoir eu, au huitième siècle, une sorte de renouveau du culte de Pétronille. Le pape Grégoire III (L. P., t. I, p. 4-20) établit une u station » annuelle à célébrer dans le cimetière de la voie Ardéatine.

culaircs élevés au cinquième siècle pour les membres de la i'amille tliéodosienne; le premier, qui, vraisemblablement, n'avait jamais servi de sépulture, avait été dédié à saint André par le pape Symmaque (498-514); l'autre devint le sanctuaire de la sainte aimée des Francs. Les travaux d'appropriation, commencés sous Etienne II, furent terminés rapidement; le 8 octobre 757, la translation eut lieu, sous la présidence du pape Paul. Peu après, on apporta à Rome un important souvenir de la famille carolingienne. Pépin venait d'avoir une lille^ Gisèle. Le pape en fut le parrain; on lui envoya le sabanum de la petite princesse, c'est-à-dire le linge sur lequel on l'avait reçue au sortir de l'eau baptismale. Le pape le déposa solennellement dans le nouveau sanctuaire. Depuis lors, il se qualifie toujours, dans sa correspondance avec les Francs, de « compère » du roi Pépin; ce titre avait été pris avant lui par son frère Etienne, sans doute par prolepse, car il ne paraît pas y avoir eu de naissance, les années précédentes, dans la famille de Pépin.

A ces relations familiales qui, par Pétronille et Gisèle, rapprochaient étroitement les prin-

ces francs des grands chefs de l'Eglise, saint Pierre et ses successeurs, on peut joindre celles qui rattachèrent ensemble les souvenirs de saint Silvestre et de saint Denis.

Saint Silvestre était, depuis le cinquième siècle, le héros d'une légende grandiose, où l'imagination des orientaux avait symbolisé l'important changement accompli dans le monde par la conversion de Constantin. Parmi les attaches topographiques de cette vieille histoire, le mont S or acte était une des plus saillantes. De bonne heure, cette belle montagne, qui domine d'une façon pittoresque le cours du Tibre et la Tuscie romaine, avait abrité des colonies monacales. Au huitième siècle, la plus haute cime était couronnée d'une église sous le vocable de saint Silvestre; trois autres couvents, situés plus bas, dépendaient de ce monastère supérieur. C'est là que le frère de Pépin, le roi démissionnaire Carloman, avait d'abord fixé sa résidence. Le pape Zacharie lui avait fait don du monastère et de toutes ses dépendances. Plus tard, Paul en reconnut la propriété au roi Pépin, lequel ne tarda pas à le rétrocéder à l'Eglise romaine.

Paul trouva moyen de rattacher ce don royal à la fondation qu'il venait de faire dans sa maison paternelle. Le monastère de la Via Lata fut placé par lui sous le double vocable des saints Etienne et Silvestre. Le premier était aussi un pape, un pape du troisième siècle, qui avait dans la légende un souvenir très imposant, et dont le nom rappelait celui du défunt P] tienne II, naguère copropriétaire de l'immeuble à consacrer. Ses restes furent tirés des catacombes: on alla aussi chercher ceux de saint Silvestre, dans la basilique cimitériale de la voie Salaria, et les deux saints papes furent installés dans l'église intérieure du monastère, qui en a\ait deux. Les couvents du Soracte, Saint-Silvestrc et autres, furent annexés à celui de la Via Lata. De plus, la grande église de celui-ci, la basilique extérieure, celle à îa(|uelîe le public avait accès, fut placée sous le vocable de saint Denis de Paris i. C'était évidemment en souvenir du séjour du pape dans l'abbaye de Saint- Denis, monastèi'e de patronage royal, dont

1. Sur ce vocable, voy. mon mémoire, Sahii- Denis in Via Lata, dans les Mélanges de FEcole de Rome, t. XX, p. .317.

l'alobé, d'ailleurs, s'était signalé par le plus grand zèle pour le Saint-Siège. Pépin, Carloinan, Etienne II, Fulrad, tous les grands noms des dernières années, se rencontraient la sous la protection concurrente des saints .!e Rome et de Paris. Le monastère de la Via Lata était vraiment comme un mémorial de la fondation du jeune état romain.

Cependant il faut dire que saint Silvestre patronnait autre part des souvenirs du même temps, mais d'une tendance opposée. Le roi Aistulf avait épousé la fille de l'un des principaux ducs lombards, Anselme. Celui-ci renonça au monde comme ses contemporains, Hunald d'Aquitaine, Carloman de France et Ratchis d'Italie; Aistulf lui donna un grand domaine, au nord de Modène, dans un lieu appelé Nonantula, pour y fonder un monastère. Cette donation eut lieu en 751, peu après la prise de Ra venue. Les années suivantes (752, 753), alors que déjà les rapports étaient tendus entre Aistulf et le pape, l'évêque de Reggio d'abord, puis l'archevêque de Ravenne, procédèrent à la consécration des églises et oratoires. La fondation était encore toute récente, lorsque le roi des Lombards s'enga-

geo dans son expédition contre Rome (756), L'abbé Anselme suivit son roi jusque sous les murs de la ville sainte. On ne dit pas qu'il se soit battu, comme le firent alors d'autres moines de marque, Ilunald ^ et Warnbaire; en tout cas il eut part au butin et rapporta de Uome le corps de saint Silvestre. Il est à croire qu'il ne le tenait pas du pape. Comme saint Silvestre reposait dans une église de la voie Salaria, et que le corps d'armée d'AistuH s'établit précisément de ce côté, on peut compter le transfert de saint Silvestre à Nonantola au nombre de ces déprédations que le biographe d'Etienne II traite de sacrilèges. Plus tard, les moines essayèrent de régulariser l'affaire en fabriquant des lettres de cession, bien difficiles à concilier avec la fondation de Saint- Silvestre in Via Laia ^.

On n'a pas à s'occuper ici de l'autbenticité des reliques revendiquées par les deux couvents. Que les Lombards ou les Romains se soient trompés de tombeau, qu'un partage inégal eût été le fruit du vol d'une part, d'un

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