Voir L. P., t. I, p. ccxxvii
2. Sur cette question, voir le mémoire de P. Bortolotti, Antica vita cli s. Anselmo, Modène, 1892.
pieux glanage de l'autre, cela n'a pas beaucoup d'intérêt pour l'histoire. Ce qu'il importe de montrer, c'est que l'abbaye de Nonantola et son culte local de saint Silvestre perpétuent en pays lombard, et avec une nuance lombarde, le souvenir de la crise de Rome en 7oG et des débuts du pouvoir temporel.
Aussitôt élu, et sans attendre la cérémonie de l'ordination, Paul informa le roi Pépin de la mort de son frère et de sa promotion à lui. en même temps qu'il l'assurait de sa fidélité à maintenir les engagements pris par son prédécesseur. Un envoyé franc, Immo, venait justement d'arriver à Rome; le pape le retint et le fit assister à son sacre. Quelques semaines après, des lettres de France lui p-arvenaient; l'une d'elles était adressée à l'aristocratie et à la population laïque; elle recommandait avec instance la fidélité au nouveau pape ^ avec instance la fidélité au nouveau pape (1).
Nous reviendrons plus tard sur la situation intérieure. A l'extérieur, comme on l'a vu.
1. Voir la réponse à cette lettre dans le Cod. Caroi, ir- 13 (.Taffé).
de graves négociations se poursuivaient. Le pape continuait à réclamer les villes que Didier avait promises; celui-ci s'efforçait d'en rendre le moins possible. Sa répugnance, il faut en convenir, se trouvait fortifiée par la singulière intervention du pape dans les affaires de Spolète et de Bénévent. En demandant le protectorat franc pour ces deux duchés, le Saint-Siège s'immisçait dans la politique intérieure du royaume lombard. Il reprenait les plans poursuivis vingt ans auparavant par Grégoire III, al^andonnés ensuite par Zacharie i, sous la pression des circonstances.
Il est clair que Pépin ne pouvait s'engager, à la suite du pape, dans cette politique dangereuse. Il eût sans doute trouvé étrange que le pape prît fait et cause pour les ducs d'Aquitaine et de Bavière, sans cesse en révolte contre le pouvoir central du royaume franc. Il n'accepta donc pas le protectorat qu'on lui offrait: il ne soutint pas davantage les prétentions romaines à des agrandissements du côté de l'Exarchat et de la Pentapole- : sur tous ces