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CHAPITRE VII

Gouvernement du pape Paul. — Les partis au moment de sa mort. — Usurpation de Constantin II. — Réaction dirigée par Christophe avec l'appui du roi Didier. — Constantin est chassé. — Election au Forum. — Etienne III. — Représailles sanglantes. — Le concile de 769. — Didier à Rome. — Paul Afiarta. — Christophe est assassiné avec son frère Serge. — Déception d'Etienne III, sa mort.

Telles étaient les institutions dans le petit état romain. Une crise intérieure, comme on l'a vu, était contenue en germe dans la rivalité des deux grands corps, le clergé et l'armée, et dans le transfert au clergé de la suprématie politique dont l'armée avait été jusque-là l'organe. Au commencement, per-

sonne ne bougea. Sous le pape Paul on n'entend parler d'aucune opposition précise, si ce n'est celle d'un prêtre appelé Marin, qui séjournait à la cour de Pépin et ne cessait de cabaler contre le pape. Celui-ci aurait bien vouhi s'en débarrasser; il eût souhaité qu'on le pourvût en France de quelque évêché; d'autres fois, quand ses parents insistaient pour le revoir, il demandait qu'on le renvoyât, promettant de le pourvoir d'un titre presbytéral. En fait, cependant, Marin demeura en France tout le temps que Paul vécut, évidemment à l'entière satisfaction de celui-ci.

Si l'ordre n'était pas troublé à Rome, c'est que le pape Paul avait la main dure. Son biographe, tout en célébrant ses vertus, mentionne les vexations exercées par ses « satellites iniques » et rapporte que les prisons abritaient souvent des condamnés à mort. On lui reprochait beaucoup d'exactions i; il conquit rapidement le renom d'un oppresseur du peuple. Avec le prestige du pouvoir, la papauté en avait maintenant les inconvénients. Le monde militaire, évincé du gouvernement,

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regardait le feu couver et au besoin l'empêchait de s'éteindre. Au commencement de l'été 767, le pape, qui résidait alors auprès de Saint- Paul, tomba gravement malade. La réaction se dessina aussitôt.

Dans l'état où se trouvaient les choses, il était impossible de déplacer le pouvoir. L'idée d'une restauration byzantine ne paraît être venue à qui que ce soit. Comme à l'avènement d'Etienne II, l'empereur était trop loin, les Lombards trop près, pour que Ton n'eût pas besoin des Francs, et ceux-ci auraient difficilement admis que l'autorité politique fût reprise au pape et redonnée à l'armée. Mais il était possible de faire nommer pape un personnage appartenant à l'aristocratie militaire et disposé à lui rendre, dans le détail, une partie au moins de ce qu'elle avait perdu sous les deux frères Etienne et Paul. Le clergé, qui sentait venir l'orage, avait pris ses mesures; il se croyait assuré de l'élection, pourvu qu'elle fût régulière et qu'elle se passât entre Romains de Rome.

Dans le monde ecclésiastique, le plus important personnage était alors le primicier Christophe. Dès le temps d'Etienne II, Chris-

LE PRJMICTER CHRISTOPHE. 113

tophe avait joué un rôle. Il avait été, comme notaire (ou défenseur) régionnaire, du nombre des clercs qui accompagnèrent le pape en France!, en 753. Trois ans plus tard, on le retrouve, avec la qualité de consiliarius, parmi les négociateurs de l'alliance entre le pape Etienne et le prétendant Didier 2. Son influence avait été prépondérante sous le pape Paul. Aussi dévoué à celui-ci qu'à son frère, il avait la main dans toutes les négociations et dans les correspondances les plus graves. A la cour de Constantinople on le considérait comme responsable de toute la politique pontificale. Le pape Paul n'était, disait-on, qu'un pantin ([ue Cbristophe faisait mouvoir à son gré. Il n'est pas interdit de croire, en effet, que ce personnage ait été l'âme de la politique suivie pendant les dernières années, l'instigateur et le champion de l'alliance franque, en même temps que de la prépondérance ecclésiastique.

Les nobles, de leur côté, plus forts dans les campagnes et dans les petites villes que dans

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