CHAPITRE XIV
Le pape et la famille carolingienne. — Candidature de Charles le Chauve. — Son couronnement impérial (875). — Jean VIII et les Sarrasins. — Les Formosiens. — Mort de Charles le Chauve. — Jean VIII et les ducs de Spolète. — Concile de Troyes. — Destruction de la famille carolingienne. — Charles le Gros empereur. — Marin. — Hadrien III. — Déposition et mort de Charles le Gros i.
Un des traits cle l'alliance entre les princes carolingiens et le pape, c'est que celui-ci était regardé par eux comme une sorte de parent vénérable, qui avait le droit et au besoin
1. Sur Jean VIII et son temps, voir A. Lapôtre, L'Europe et le Saint-Siège à V époque carolingienne, P^ partie : Le Pape Jean VIIL Paris, 1895.
le devoir de s'intéresser à leurs affaires et de protéger leurs intérêts. Dans les questions de j)oliti(]ue extérieure, cela allait de soi. La pal)auté, de byzantine ({u'eile avait été, était devenue franque; on eût considéré comme un sacrilège la seule pensée d'une entente politique entre le pape et l'empire grec: et, réciproquement il ne pouvait être question, dans l'empire franc, de laisser aux Grecs reprendre à Rome, contre le pape, la moindre autorité. Mais, même dans les questions intérieures de l'empire franc, le pape avait son rôle. Quand les princes se brouillaient, il faisait son possible pour les réconcilier^; quelquefois, chose plus délicate, il se mêlait de leurs mariages 2; sa garantie était parfois demandée pour des actes solennels, comme le partage de l'empire, réglé par Charlemagne en 806 3; il les consacrait souvent, non seulement comme empereurs, mais comme rois particuliers.
1. Etienne III s'intéressa à la réconciliation de Charlemagne et de Garloinan (J., 2380).
2. Etienne II empêcha Pépin de renvoyer Bertrade et de marier sa fille Gisèle à Léon IV, fils de Constantin Copronyme; Etienne III dé^^-approuva Tunion de Charlemagne avec Désirée (J., 2381).