‹ Les premiers temps de l'État pontificalChapitre 54 sur 74 · Libellas de imp. pot. Cf. Jaffé · texte numérisé non relu

Libellas de imp. pot. Cf. Jaffé

le palais Colonna actuel. En tout ceci, rien d'essentiel ne s'était modifié dans les formes. Mais, outre le nom d'Albéric inscrit sur la monnaie, le titre qu'il prenait et qu'on lui donnait symbolise très bien le changement accompli. Albéric était priiiceps et omnium Romanorum. senator: au titre de princeps, il joignait luimême le qualificatif humilis, les autres celui de gloriosus.

Au commencement de son administration, il avait profité d'une circonstance favorable pour se créer des relations de famille avec l'empire byzantin. L'empereur de fait, à Constantinople, était alors Romain Lécapène. Il avait plusieurs fils dont un, Théophylacte, fut ])ar lui destiné à occuper le trône patriarcal. C'était un enfant de treize ans. Comme son élévation rencontrait beaucoup d'opposition à Constantinople, Lécapène sollicita l'envoi de légats romains qui apporteraient l'adhésion du pape et feraient cesser les protestations. Jean XI, en effet, envoya quatre légats, dont deux évêques, et, le 2 février 933, ces personnages consacrèrent, par leur présence à Sainte-Sophie en compagnie du patriarche enfant, une énorme dérogation aux règles

ecclésiastiques. On avait procédé à Rome suivant le principe Do ut des. Marozie, pourvue d'une lignée considérable, offrait une fille' à l'empereur grec, lequel ne manquait pas de rejetons mâles à établir. Il est fort probable que cette négociation avait été commencée dès l'année 932, avant la révolution qui substitua Albéric à Marozie. Une lettre de Romain Lécapène à Jean XI, récemment publiée par le cardinal Pitra\ est. le principal document de cette affaire. On y voit que l'empereur grec, très satisfait des concessions relatives à Théophylacte, était moins ardent à les reconnaître en s'alliant au prince des Romains. Selon lui, le voyage de Constantinople à Rome est trop long pour son fils; mais Marozie peut venir avec sa fille, ou même l'envoyer. Si elle n'a pas de navires appropriés à ce transport, on lui en fournira.

D'après Benoît du mont Soracte, c'est Albéric lui-même qui aurait voulu épouser une princesse grecque; il lui aurait même préparé tout un personnel de dames d'honneur, choisies dans l'aristocratie féminine de Rome, puis

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