‹ Les premiers temps de l'État pontificalChapitre 9 sur 74 · novembre · texte numérisé non relu

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On a beaucoup exagéré l'influence de la ■querelle des images dans ces affaires italiennes. Il y eut certainement, au début, quelques années de crise; mais l'autorité impériale ayant été supprimée de fait dans le nord et le centre de l'Italie, on n'eut plus à s'inquiéter de ses décrets en matière religieuse. Les protestations nécessaires avaient été faites par les papes Grégoire II et Grégoire III : il était inutile de les réitérer à tout propos. La question était devenue une question orientale; elle avait cessé de passionner l'opinion italienne. C'est le Saint-Siège qu'elle touchait le plus, non seulement parce qu'il est dans son rôle de s'intéresser à toutes les (fuestions religieuses, si lointaines soient-elles, mais encore parce que les consécfuences ^ de celle-ci, le démembrement de son ressort ecclésiastique et la confiscation de ses patrimoines, pesaient très particulièrement sur lui. Encore, comme

1. Au fond, ces conséquences survécurent même à la réconciliation des deux églises. Les patrimoines de Sicile et de Calabre restèrent aux mains des Byzantins, et les évêchés de ces pays ne revinrent sous Tobédience romaine que depuis la conquête normande.

on le voit par la donation de Norma et de Ninfa, pouvait-on espérer quelque atténua-» tion. Une phase en quelque sorte diplomatique avait succédé à l'état aigu des premières années.

En somme, le duché romain était en train de se constituer en un petit état autonome, relevant théoriquement de l'empire grec, mais ne tenant plus à lui cpie par des liens fort relâchés. La même situation se révélait à Venise et à Xaples. Là aussi l'autonomie locale s'organisait, à l'abri de fortes situations maritimes, et, en ce qui regarde Naples, sous la protection, encore efficace, du patrice de Sicile. Là aussi elle s'organisait dans les cadres du gouvernement militaire, que présidait ^e duc local.

Ces trois autonomies parvinrent à vivre et à durer. Le roi normand Roger II mit fm, en 1139, à celle de Naples. Les deux autres se maintinrent beaucoup plus longtemps. C'est contre elles que furent braqués, en 1797, les canons du général Bonaparte: .en 1870, ceux du général Cadorna. Ces officiers ont, en un certain sens, tiré sur l'empire romain.

Mais il faut revenir au duché de Rome, à la

situation où il se trouvait à la mort du pape Zacharie (752) et aux événements qui, en le sauvant de l'assimilation lombarde, fortifièiHMit indireclement la résistance des deux autres.

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