‹ Les premiers VénitiensChapitre 5 sur 22 · I/ART DANS LES KGLISES · texte numérisé non relu

I/ART DANS LES KGLISES

gieux des premiers âges. Elles sont nombreuses, et presque dans

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sr (Eglise San-Zaccaria. Venise.

chacune il est une œuvre qui sollicite et relient l'attention. Pour l'instant nous nous tiendrons aux deux qui nous présentent les

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œuvres les plus significatives de cette période : l'église San-Zaccaria et l'église San-Francesco délia Vigna. Elles viennent à merveille compléter cette première impression que donne la salle des Primitifs à l'Académie.

A la Capella d'Oro de l'église San-Zaccaria, la madone oiîre le caractère de douceur et de pureté par où se distinguent les tètes de femmes dans le précieux panneau de Lambertini étudié à l'Académie. C'est ce même ovale du front, cette même délicatesse du nez parfaitement droit, cette identique finesse de la bouche, et ce cou élevé qui fait la noblesse de la tète. Elle incline cette tète, et d'un mouvement câlin l'appuie sur le front de l'enfant, tandis que son regard présente je ne sais quelle grâce malicieuse et rêveuse. Le bambino repose sur le bras de la mère, tendant de la main gauche une fleur qu'il lui fait sentir. Dans aucune peinture antérieure, la grâce de la maternité n'avait été rendue avec une accentuation si précise, et le caractère de l'expression physionomique que nous avions vu se dégageant peu à peu sous le pinceau des premiers maîtres atteint ici jusqu'à nous toucher de son charme naïf. Tout autour il est des panneaux qui complètent l'ensemble; mais si beau nous apparaît le sujet central, si complet et se suffisant à lui-même, qu'il absorbe notre attention et nous empêche de la reporter sur les scènes accessoires.

Jl entre plus de piété, plus d'onction religieuse et touchante dans la Madone de Fra Antonio da Negroponte, perle inégalable de l'église San-Francesco délia Vigna. La Vierge de la Capella d'Oro n'était qu'une mère attendrie sur son fils. Celle de Negroponte est une mère priant pour son enfant. Assise sur un trône d'inconcevable richesse, elle tient les mains jointes au-dessus du petit corps étendu sur ses genoux. J'ai parlé de richesse... et rien n'égale en effet la magnificence de cette robe aux plis nombreux qui retombent sur la marche du trône. Rien ne peut donner une idée de l'éclat

L'ART DANS LES EGLISES a;

sombre de ces ors, qui dans la pénombre de cette chapelle pleine de mystère brillent avec une intensité singulière. Tout autour du trône, au-dessus de la tête de la Vierge, la nature chante son hymne à l'Enfant Dieu, avec ses floraisons épaisses qui ferment la perspective et complètent l'impression de richesse se dégageant de la somptuosité du décor et de l'éclat du vêtement.

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