l'Kiocc i r A rioNs Mi-iiAiMn >i<h i
est pour eux ort^aniséc toiil aiitroriMMit qiu' dans les phénomènes astronomiques. Mais on doit aller plus loin encore et se demander si, déjà, en chimie la durée est du t>'pe astronomique, (i)
Le deuxième axiome doit être rejeté comme confon- <laut la science et la nature; celle-ci demeure flottante lulour de la science et n'est pas susceptible de lois ayant l'allure des lois que supposent les mécanismes. Le déterminisme manque dans nos machines; à plus forte raison doit-il manquer dans les phénomènes naturels.
Le troisième axiome est déjà vicieux par les raisons qui lont rejeter le second ; il présente un vice de plus, en ce qu'il suppose que tous les mécanismes que construit la science seraient reliés les uns aux autres. Une telle conception du monde est en opposition avec le principe même de la méthode expérimentale qui suppose la possibilité de s'isoler.
Les savants actuels ue croient plus pratiquement au déterminisme; mais les préjugés d'une philosophie vieillie les dominent encore et ils n'osent avouer la doctrine qui correspond à leur pratique scieutili(iue. Peut-être ce modeste travail aiucait-il pour résultat de provoquer quelques rétlexions utiles et d'amener les savants* à mieux mettre eu lumière les principes da la science .
Georges Sorel
(i) Revuf de Métaphysique et Ue Morale, novembre ii>a3, page 72^.
Sorel. — 5
L'article que Voit vient de lire avait été publié pour la première fois dans la Revue de Métaphysique et de Morale. M. Sorel a relu les épreuves de ce cahier. Les autres articles de M. Sorel publiés dans la même Revue sont dans l'ordre chronologique :
1899 mars Y a-t-il de Vutopie dans le marxisme?
(traduit dans les Sag:g-i di critica).
1899 mai L'éthique du socialisme.
1900 juillet Le système des mathématiques.
1901 mai La valeur sociale de l'art (tirage à part
chez Jacques, éditeur).
1902 septembre La crise de la pensée catholique (réé-
dité chez Jacques, éditeur).
1903 novembre Sur divers aspects de la mécanique.
1905 novembre Les préoccupations métaphysiques des physiciens modernes.
Comme annexe à cet article, nous reproduisons ciaprès le compte rendu que M. Sorel fit du livre de M. Poincaré à l'apparition de ce livre :
Georges Souet.
PoiNCARÉ (Henri). — La valeur de la science. In-12, 278 pages; 3 rrancs 5o. Flammarion, éditeur, Paris,
M. Poincaré seml)le avoir voulu marquer, d'une manière Iclinitive, la frontière qui le sépare de l'école de M. Le Roy; mais je crois qu'il y aurait quelque chose à ajouter à ses explications pour permettre au lecteur de comprendre la vraie portée de cette discussion qui n'est pas seulement d'ordre scientilique. Pour iM. Le Roy, la science est une exposition claire et logicpie de règles qui ont été construites, avec une extrême ingéniosité, pour pouvoir donner aux problèmes pratiques des solutions (jui peuvent atteindre une très grande approximation ; — la science mérite donc qu'on lui consacre beaucoup de temps, et les soins qu'on donne a cette étude se traduisent par de sérieux avantages dans la vie; — mais la science ne connaît pas le réel; on pourrait même dire qu'eUe s'en éloigne d'autant plus qu'eUe arrive à prendre, la forme d'un discours plus parfait. De la découlent des conséquences d'une haute portée : r la science ne saurait nier en principe la possibilité du miracle ; 2° sa condition essentielle est d'atlirmer le mystère et sa propre incompétence; 3° le théologien qui, grâce à la révélation, essaie de lever un coin du voile mystérieux, ne peut être critiqué par la science. C'est en vue de ses conclusions religieuses que le système de M. Le Roy a ete construit. M. Poincaré ne paraît pas disposé à les admettre et il cherche à se dégager des Uens qui le rattachent à cette nouveUe philosophie. Il me semble qu'il n'y parvient qu'en prêtant pailois à son adversaire des exagérations qui ne correspondent pas, à mon avis, à la pensée de M. Le Roy,
Georges Sorel
mais que l'on peut seulement inférer d'une terminologie défectueuse employée par ce philosophe.
Les deux premières parties du livre sont traitées dans l'esprit de M. Le Roy, puisqu'elles tendent à démontrer qu'en aucune occasion la science ne peut rien affirmer de la réalité des choses. Nous sommes incapables de nous faire une idée claire de l'égalité de deux durées, ou même de l'antériorité d'un phénomène par rapport à un autre : « La simultanéité de deux événements, ou l'ordre de leur succession, régalité de deux durées, doivent être définis de telle sorte que l'énoncé des lois naturelles soit aussi simple que possible. Toutes ces règles, toutes ces définitions ne sont que le fruit d'un opportunisme inconscient. » (pages 57-58) La géométrie ne lui paraît pas certaine de ses principes les plus élémentaires : « L'expérience ne nous prouve pas que l'espace a trois dimensions; elle nous prouve qu'il est commode de lui en attribuer trois. » (page laS) Il est difficile de donne»' davantage raison à la philosophie de M. Le Roy ; la différence qui existe entre ce dernier et M. Poincaré, consiste seulement en ceci : le second constate le caractère purement utilitaire des thèses scientifiques; le premier cherche à se représenter ce-que pourrait être une philosophie de la connaissance qui admet ce caractère.
La seconde partie traite des difficultés que présente la physique moderne ; on en est venu dans ces derniers temps à mettre en doute les principes qui paraissaient être les mieux établis : les expériences de M. Gouy sur le mouvement brownien seraient contraires au deuxième principe de la thermodynamique, à celui qui semblait pénétrer le plus profondément dans la nature des choses; (page 184) le dogme de la conservation de l'énergie a été ébranlé par les expériences calorimétriques sur le radium et il faudrait des expériences d'une durée irréalisable pour s'assurer que ce corps se comporte conformément aux anciennes lois; (page 199) on ne peut plus dire que le mouvement relatif puisse être jamais assimilé au mouvement absolu depuis que Rowland a montré qu'une charge électrique en mouvement équivaut à un courant; (page i85) il semblait que l'égalité d'action et de réaction fût presque une nécessité de