‹ Les prétendusChapitre 20 sur 30 · VENGEANCE · texte numérisé non relu

VENGEANCE

Comme un homme qui se noie, et qui, sentant sa vie se perdre et ses forces s'aQaiblir parce qu'il n'aperçoit rien qui puisse lui prêter appui, et qui s'anime tout à coup d'une énergie nouvelle à l'aspect d'une barque qui s'approche ou d'une main qui lui est tendue, M. Ménier se releva tout à coup en voyant madame d'Houdailles, son œil reprit son éclat et sa limpidité; sa parole redevint ferme; il s'élança vers elle en lui disant :

— Sais-tu ce qu'ils disent, Clara? sais-tu de quoi ils t'accusent? ils prétendent que M. de Gancel a été reçu cette nuit dans ton appartement! Clara, surprise par la brusquerie de cette déclaration, Clara qui dans les demi-mots qu'elle avait échangés avec son frère jusqu'à ce moment, avait cru comprendre qu'il savait toute la vérité, Clara répondit ingénument : «

— C'est vrai, mon frère, M. de Cancel est venu chez moi cette nuil.

La surprise de son frère à cette réponse confondit Clara, et elle éprouva un saisissement inattendu lorsqu'il lui dit d'un ton où perçait une joie qu'il ne pouvait contenir :

— Ainsi c'était pour toi, pour toi seule?

Les idées de madame d'Houdailles se troublèrent. Lorsqu'elle avait annoncé l'intention de partir, et que son frère l'avait aprouvée, elle avait cru qu'il comprenait qu'elle voulait échapper à une odieuse persécution ; ce mot, « Je sais tout » qu'il avait prononcé, n'a ait doni pas le sens qu'elle lui avait prêté? Que voulait-il dire, et où en était-elle? Elle jeta sur M. de Sommerive un regard effaré, mais il détourna la tête et Victor s'approcha d'elle et lui dit tout bas : ^ •— Oh ! par grâce ! ne la perdez pas.

Malgré cette prière, malgré l' horreur du coup qu'elle *' lait porter à son frère, la marquise allait répondre de façoK à se disculper de la visite de M. de Gaucel, lorsqu'elle vit tout à coup entrer madame Ménier. Rien de la passion violente qu'elle avait montrée le matin à madame d'Houdailles, rien de ce trouble qu'elle n'avait pu cacher à ses domestiques, rien de cette colère qui avait éclaté contre Victor n'était sur son visage, qui avait repris ce calme caressanf ce sourire séducteur qui la faisait passer pour un ange àk douceur et de bonté.

— On n'a pas plus de bonheur que moi, dit-elle en entrant, car je trouve tous nos amis réunis au moment où j'apporte une heureuse nouvelle.

— Une heureuse nouvelle, dit M. Ménier, est toujours bien venue, et de votre part elle nous sera d'autant plus chère. De quoi s'agit-il'?

— Ce matin, reprit madame Ménier, j'avais reçu une lettre de M. de Cancel, lettre que j'étais prête à vous communiquer, lorsque j'appris qu'il avait été blessé par l'imprudence d'un jeune fou qui ne regarde pas ce qu'il fait. J'ai eu peur que cet accident ne fût tellement grave qu'il ne me forçât à retarder cette communication. J'ai voulu m'en as- >urei*par moi-même, et ayant appris que M. du Luc allai chez M. de Cancel, je l'ai fait prier de m'accompagner et je me suis assurée avec plaisir que son accident n'aurait pas de suite. Je puis dune donner à ma sœur une joie qui ne sera point troublée par la crainte de la voir lui échapper encore une fois. Voici la lettre par laquelle .M. dt Cancel me prie d'être son interprète auprès de M. Ménier, pour lui de-

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mander formellement la main de sa sœur, la main de ma chère Clara.

A cette déctuvation inouïe, faite de la voix la plus calme, du ton le plus sincère, de Tair le p!us heureux, madame d'Houdaillf3S douta de sa raison; elle ne pensa pas tout d'abord aux nombreuses circon?tances qui donnaient un démenti formel à cette déclaration. En effet, n'avait-eile pas vu madame Ménier quitter la maison avant que du Luc eût parlé à M. Ménier et fût sorti à son tour. Madame Ménier n'avait elle pas dit à Victor, dans l'excès de sa colère, qu'elle préférerait tout dire à son mari? La marquise s'arrêta à la seule pensée que le vicomte, a qui elle s'était pour ainsi dire confiée, lui avait manqué de parole, et elle s'écria :

— Et M. du Luc était présent à cet entretien !

— Oui, ma chère Clara, et certes si j'avais pu prévoir la douleur qu'il lui causerait, je lui aurais épargné ce chagrin. .Mais si belle et si charmante que vous soyez, je n'avais pas imaginé que deux jours auraient suffi à lui inspirer une passion si vive, qu'il ne s'est pas senti le courage de revenir au château et qu'il ne reviendra pas. Mais il est homme à se consoieraisémentde cet échec ; il est trop l'ami deM.i e Cancel pour ne pas se féliciter de son bonheur. Car vous ne pouvez ni le refuser ni le fane attendre ; une passion qui a survécu à hvit an;,ées de séparation, sans autre consolalion qu'une correspondance bien innocente, car nous pouvons tout dire main tenant, une telle passion doit avoir hâte de réparer le temps perdu... Allons, Clara, il ne faut pas m'en vouloir de la franchise un peu rude de mes expressions, c'est le bonheur que j'éprouve qui me rend si bavarde, si indiscrèîe, si brutale même, ce qui n'est guère le rôle d'une confidente. Allons, ma chère sœnr, ne rougissez pas ainsi, ne vous troublez pas comme une entant et ^urtout no'ibliez pus que M. de Cancel attend.

Tiiuî d'audace dépassait de si loin tout ce qu'eût pu supposer madame d Houtiailies, qu'elle ne savait si ce qu'elle entendait était réel. Accusée d'avoir entretenu une correspondance avec M. de Cancel par une femme qui disait efl être la confidente, et qui n'avait pu l'apprendre que par la trabisou de ceiui qui osait demanda sa main... elle se per-

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dit dans ceconflit d'idées contraires; une sorte de vertige s'empara d'elle, une sueur glacée inonda tout son corps, elle se psntit chanceler, et avant que son frère eût pu la soutenir, elle tomba par terre saisie d'une crise nerveuse violente. A cet aspect, madame Ménier se recula avec épouvante; elle contempla ensuite Clara d'un regard sinistre, puis elle s'approcha lentement et s'écria d'une voix lugubre : „>

— Elle au«si, mon Dieu ! 0 misérable famille!...

Tout aussitôt elle sonna avec tant de violence que les domestiques coururent de tous côtés, tandis que M. Ménier, l'œil fixé sur sa malheureuse sœur, tout entier à la pensée do l'accident qu'elle éprouvait, croyant découvrir en elle les principes du mal affreux dont il était frappé, semblait prêt à subir la même atteinte.

— Emportez-la dans sa chambre ! s'écriait madame Ménier d'im air épouvanté; emportez-la, la pauvre femme! reprenait-elle avec des larmes. Clara, chère Clara!

Déjà Lise et une autre femme allaient emporter madame d'Houdailles , lorsque Catherine, qui, comme les autres, «'tait accourue aux cris de madame Ménier et aux appels de Victor, s'avança, et avec une autorité qui sembla frapper tout le monde de stupéfaction elle s'écria :

— Laissez madame d'Houdailles sur le canapé ; laissez-la devant tout le monde.

— Que signifie cette insolence? s'écria madame Ménier.

— Vous voyez, madame, reprit Catherine avec amertume, vous voyez, madame la marquise revient à elle; c'est un .iiouvement nerveux, voilà tout ; c'est une émotion violente et inattendue qui l'a frappée et qu'elle n'a pu dominer...

En effet, madame d'Houdailles revenait à elle et jetait des regards encore éperdus sur ceux qui l'entouraient. Tout ce monde l'épouvanta : la pensée lui vint que la faiblesse qu'elle venait d'éprouver pouvait être comprise comme un accident pareil à ceux qu'éprouvait son frère, et succombant à cette terrible pensée, elle retomba dans de nouveaux spasmes, et madame Ménier reprit avec un nouvel effroi :

— Vous voyez bien que c'est la même chose !

Toute la volonté de M. Ménier succomba à cet affeux spectacle, et avant que Catherine eût pu l'entraîner hors de l'apparlement, il tomba par terre saisi -d'une de ces épouvanta-

oies attaques que jusque là il était parvenu, grâce à l'étrange dévouement qu'avait pour lui celte tille, à cacher à tous les yeux. On avait de vagues soupçons de sa maladie, mais personne n'en avait été témoin, et encore ces soupçons n'avaienlils jamais frappé juste; en effet, quelques personnes l'accusaient d'iviognerie et expliquaient ainsi sa sortie du L-Juper. ^ — Oh ! s'écria dans ce moment terrible Catherine, cette femme est un monstre ! Fermons toutes les persiennes, fermons ! la lumière le tue. Laissez-moi seule avec monsieur, et emportez madame d'Houdailles.

Lise, aidée d'une autre femme, emporta la marquise dans sa chambre, et madame Ménier quitta le salon avec Victor et M. de Sommerive.

Celui-ci aurait donné beaucoup pour être à dix mille lieues du château, mais il ne put échapper à madame Ménier, qui lui tendit la main en éclatant en larmes et en lui disant :

— Vous le voyez, monsieur, voilà ma destinée depuis dix ans.

— C'est horrible, madame, et je vous plains sincèrement reprit M. de Sommerive.

— Ah ! monsieur, faut-il qu'un hasard que je n'ai pu prévoir vous ait rendu témoin de ce qui vient de se passer! 11 est rare que M. Ménier soit atteint de plusieurs crises de suite, et je croyais que sa malheureuse sœur était pour ainsi dire tout à fait guérie de cette horrible maladie.

— C'est horrible, répéta tout naïvement M. de Sommerive, qui ne trouvait pas un mot de consolation à donner à une si épouvantable infortune.

— Ah! s'écria madame Ménier, qui semblait ne pouvoir contenir sa douleur, ce ne serait rien qu'une union si fatale, mais subir l'humiliation de voir une servante commander ici pour ainsi dire! Vous l'avez entendu, monsieur? Ah! je suis la plus malheureuse des femmes.

Victor entendait à peine sa tante; la pensée de madame d'Houdailles, cette femme si belle, si noble, si séduisante, frappée d'une si horrible infirmité, l'épouvantait.

Madame Ménier, toujours pleurant, toujours banglotan:, reprit bientôt :

^ J'ose vous prier de me rendre un service, monsieur de rjoaimerive; ue quittez pas le château sans m'avoir revue ;

LliS l'KiilENULS. 1©9

j'ai besoin de vos conseils, j'ai Ijesoin de votre appui.

— Je suis à vos ordres, madame, reprit M. de Sommerive fort contrarié d'être mêlé à tout cela, mais n'osant se refuser à cette pressante soliicitation.

— Permettez-moi de me retirer pour me remettre un peu; dans quelques instants je vous ferai demander un moment d'entretien.

— Ma tante, lui dit Victor, vous n'avez pas besoin de moi?

— De vous? lui dit- elle avec un regard glacé. Non, monsieur.

— Alors je vais partir, dit-il.

— Comme il vous plaira, répliqua madame Ménier en se retirant.

— Adieu, Sommerive, lui dit Victor; j'ai peur d'avoir fait bien des sottises depuis quelques heures. Je m'en vais. Protégez ma tante ; elle doit être bien malheureuse, car ceux sur qui elle avait le droit de compter lui ont manqué.

— Je vous avoue, reprit M. de Sommerive, qu'il m'est fort pénible d'avoir à me mêler d'aussi tristes choses. Je comprends que votre tante veuille s'arracher à cette affreuse existence, mais en cela vous pouvez lui être plus utile que moi.

— Après ce qu'elle vous a dit, reprit Victor, vous ne voudriez pas l'abandonner.

— Non, certes, mais... Ah! ce du Luc, il a été plus habile que moi, il n'est pas revenu. Mais enfin, ce qui est fait est fait. Je resterai, j'attendrai. Mais madame d'Houdailles... qui l'eût dit? C'est affreux ! c'est affreux 1

Victor le quitta et s'apprêta à monter dans sa chambre, Kais avant de sortir de la maison, il voulut voir une dernière fois son oncle et charger Catherine de lui taire ses adieux. Il se dirigea vers le salon et ouvrit doucement la porte.

Il entendit alors ces mots prononcés à voix bassa :

— Pauvre Catherine, tu m'aimes, toi!... ïu me pleureras, toi!...

— Calmez-vous, lui dit-elle, monsieur.

— Tu m'appelles monsieur.

— Eh bien, Edouard, lui dit-elle, calme-toi, je t'en prie, je le veux, ou je ne t'aimerai plus. ^

no LES PRÉTENDUS.

Victor ne put reîenir un cri. M. Ménicr se redressa averr une horrible violence, et repoussant Callicrine, qui s'était jetée à ses genoux et qui les embrassait, il s'élança ve:s Victor en criant :

— Malheureux?... Elle aussi, vous voulez la perdre!... Non... non... non, ce ne sera pas!

11 prononça ces dmiiers mois d'une voix de plus en plus embarrassée, et il retomba comme une masse inerte.

A ces cris, U. de Sommerive était accouru, et il putToir la conl'usion de Galherine avant que Viclor fut sorti et eût fermé la porte derrière lui.

En attendant que nous disions à nos lecteurs le résultat de ccito découverte extraordinaire, il nous faut suivre madame liléuier dans sa cliambre, oii elle écrivit le billet sui- Taot ù .y. de Gaucel :

t Monsieur,

» Je suis désolée de ne pouvoir faire une réponse aussi satisfaisante que je l'aurais désiré. A peine arrivée chez moi, je rcesuis adressée à la fois à M. Ménier et à raa;!ame d'Houdailles, et je leur ai fait part de votre honorable propositions; mais la joie qu'en a ressentie ma pauvre sœur a été telle qu'elle n'a pu me répondre et que la violence de son émotion a déterminé chez elle une crise de ce mal dont vous savez que son frère est atteint, et dont, au point où en sont les choses, je ne puis vous cacher qu'elle e^t aussi arfligéc. Dans queli]i!es heures je pense qu'elle pourra m'cntendre, et je vous ferai immédiatement parvenir la réponse que vous attendez avec tant d'anxiété. »

Celte lettre, écrite dune main ferme, fut remise à un domestique qui eut ordre de la porter immédiatement à M. de Gancel ; ( t maiiame Ménier, après avoir pris le temps nécessaire à calmer une douleur aussi violente (|ue la sienne, descendit prés do Soninierive, qu'elle trouva confondu de la découverte qu'il venait de faire. Victor n'était pas encore parti : un cou,? fl'œil de maiiame Ménicr lui ordonna de se retirer; mais avant de s'éloigner il s'approcha de sa tante et lui dit Uu ton le plus pénétré :

~ Oh! mamlenant je sais ce que vous avez dû souffrir 4

LES PUÉTCNDliS. 111

mainlenaDt je vous admire et je ine repens de TwUS avoir o£é juger.

Mais cet acte de soumission ne toucha poinî madame Méiiier, qui retira avec vivacité sa main que Victor avait essaye de prendre.

— Ah ! dit-elle dès qu'il fut sorti, il a brise la dernière illusion qui me faisait croire aux sincères aOeclions. Il m'aurait moins blessée s'il eût été mon fils, car un tils peut s'abuser en attribuant au devoir seul ce qu'inspire l'utreclioji malernelle; mais lui l'ingrat, à qui je ne devais rien, il a oublié que j'avais été plus qu'une mère pour lui!

Quelques larmes accompagnèrent ces paroles , et il y eut nn moment de silence. Quand madame Ménior eut laissé encore ù la douleur que lui causait i'iogralitude de Victor le temps de se calmer, elle reprit :

— Maintenant, veuillez m'écouter, monsieur. La loi n'a pas fait de certains malheurs un droit à s'atïïanchir de liens véritablement odieux. Si les mauvais traitements n'accompagnent pas les mauvaises actions, une femme doit tout sui>porter sans avoir le droit de se plaindre. Ainsi , monsieur, depuis dix ans je souffre, je souffre beaucoup. Après ce qut^ vous vene7. de voir, ce mot n'a pas de commcniaiies. Mai» ce que le droit n'accorde pas au malheur, on le reconnaît a l'outrage reçu. Cet outrage, je l'ai supporté longtemps avec résignation, tant qu'il n'a pas été public; mais maintenant que chacun en a pu être témoin, je ne me sens plus le courage de supporter à la fois le malheur et la honte, et je us vous le cache pas , monsieur, je demanderai à la loi la faible protection qu'elle accorde à une femme qu'on a outragée jusque dans ses foyers : je demanderai une séparation.

M. de Sommerive écoutait madame Ménier avec l'embarras d'un homme qui s'est arrangé depuis longtemps peur lo prendre de la vie que les choses faciles et sans éclat, il aimait ses amis, il rendait volontiers service de sa bourse ; il «tait capable de faire de nombreuses visites à un mmistre pour ol tenir une faveur pour un de ses protégés ; mais se mêler activement à des débats de famille, se trouver appelé comme témoin ou comme conseil dans un procès où la qualité des individus, la bizarrerie des faits, amèneraient un certain scandale, se voir interpellé par des avocats qui, en

]>areille cause, prennent un malin plaisir à dramatiser les plus simples témoignages , être enfin en discussion , cela lui était odieux, msupportabie, et il se répétait tout bas que du Luc était bien heureux de s'être tiré à si bon marché de ce dédale où il se trouvait lui-même empêtré. Cependant, lorsqu'un homme est sollicité d'une façon si directe, ot que cet homme a des ménagements à garder vis-à-vis de lui-même, il faut bien qu'il réponde et qu'il prenne le parti de la femme qui se confie ainsi à lui. M. de Sommerive essaya toutefois d'amoindrir la part qu'il pouvait prendre à celle allaire, et i! dit à madame Ménier ;

— Je conçois, madame , tout votre désespoir, je conçois votre résolution ; mais il vaudrait peut-être mieux lui donner un caractère moins public que vous le voulez. Ainsi je suis bien convaincu que si vous faisiez proposer à M. Ménier une séparation amiable...

— Une séparation amiable ! reprit madame Ménier, dont le visage gracieux prit en ce moment une expression de dépit et de méchanceté indéfinissable, une séparation amiable! Mais, monsieur, il y a un obstacle invincible à un pareil projet. II faut que celui avec qui on veut traiter puisse vous comprendre, et le premier mot qui serait porté à M. Ménier pourrait lui être fatal.

— En ce cas, madame, reprit M. de Sommerive, une sommation judiciaire serait d'un efi'et bien plus cruel.

Madame Ménier fit un geste de colère, et s'écria :

— Il faut donc que je meure à la peine, moi ! L'exclamation fut dite avec nu accent si extraordinaire

que M. de Sommerive en frissonna. Il hésitait encore à répoudre, lorsqu'un assez grand bruit de voix se fit entendre dans la cour du château : on y reconnaissait celle de Victor, qui s'opjiosait avec violence à ce que quelqu'un pénétrât dans la maison; puis ou entendit la voix de du Luc, qui s'interposait et voulait faire entendre raison à Victor ; enfin la vûi:! de M. de Cuncei, qui dominait toutes les autres.

LES l'UliïtNUUS- tu

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