‹ Les Prêts sur l'honneurChapitre 20 sur 45 · UTILITÉ ET OBJET DES PHETS SUR L*HONNEUR · texte numérisé non relu

UTILITÉ ET OBJET DES PHETS SUR L*HONNEUR

Prenons encore l'exemple des GSuvres d'assistance par le travail. Celles-ci se proposent de retirer ou de préserver de la misère, sans les rejeter vers la charité pure et la mendicité, les plus humbles travailleurs en chômage involontaire. Elles aussi, elles ont besoin d'un certain fonds de roulement pour leurs achats de matières premières. Or, quelle différence y aura-t-il entre un prêt fait dans ce but à l'Œiuvre, pour qu'elle puisse fournir du travail, et le prêt individuel fait au pauvre pour lui permettre de vivre jusqu'à ce qu'il en ait trouvé ? Dans les deux cas le prêt sert à soulager les mêmes infortunes ; dans le second, il atteint l'individu directement ; dans le premier, il l'atteint indirectement, mais de façon plus immédiatement efficace, à travers l'œuvre collective.

Ce que nous venons de dire justifie, pensons nous, notre idée du prêt d'honneur collectif au profit d'CEuvres, parallèlement au prêt d'honneur individuel, de même que le crédit populaire collectif en faveur des syndicats ou des sociétés coopératives existe à côté du crédit populaire individuel.

Nous n'apporterons à cette extension possible du prêt sur l'honneur qu'une seule restriction.

Le prêt d'honneur, dontle principe est que le ca-

générosité d'un bienfaiteur près duquel elle a pu contracter un prêt sans intérêt assez important.

pital prêté doit être reconstitué par les remboursements, ne devrait être consenti qu'aux Œuvres tirant de leur fonctionnement des ressources susceptibles d'assurer ce remboursement. Ce sera le cas des Œuvres que nous avons prises en exemples : les Œuvres du trousseau pourront, en effet, s'acquitter de leur dette au moyen des cotisations représentatives des trousseaux confectionnés : les OEuvres d'assistance par le travail feront de même, grâce aux bénéfices réalisés sur la vente des produits fabriqués dans leurs ateliers. A ce point de vue, les unes et les autres sont, dans une certaine mesure, des œuvres de production.

Au contraire, nous estimons que les Œuvres de pure bienfaisance, dont les ressources se consomment par la réalisation même de leurs fins, devraient être exclues du bénéfice du prêt d'honneur collectif, car l'emploi qu'elles en feraient ne leur procurerait aucune contre-partie propre à assurer la restitution de l'avance reçue.

3. — Ayant ainsi déterminé les divers champs d'application du prêt sur rhonneur,'nous sommes maintenant amenés à nous demander si son efficacité répond à son utilité.

Nous devons avouer que c'est à une impression plutôt qu'à une précision que nous conduisent, à cet égard, l'observation des institutions de l'espèce et la lecture de leurs comptesrendus. Cette impression se résume dans les

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chiffres indiquant, pour chacune d'elles, la proportion des pertes par rapport aux prêts consentis.

A ce point de vue, les constatations sont extrêmement variables d'une institution à l'autre. Celles-ci accusent des déchets très différents se- !on la clientèle qu'elles acceptent, selon les précautions qu'elles prennent, et suivant qu'elles tiennent plus ou moins rigoureusement la main cux échéances. D'ailleurs, le chiffre des pertes m^ouées par telle ou telle organisation n'indque pas nécessairement la mesure dans laquelle ses efforts auront été inefficaces : à côté des prêts qui ne sont pas remboursés parce qu'ils n'ont pas réussi à conjurer la crise traversant la vie du travailleur, il y en a d'autres qui restent en souffrance par suite de la négligence ou du peu de loyauté de l'emprunteur, alors même que celui-ci eu a tiré le bénéfice attendu. Des statistiques, qui sont passées sous nos yeux, nous ne pouvons donc tirer que des conclusions approximatives.

En voici quelques éléments.

La Caisse de prêts gratuits de la Maison du peuple, à Paris, a prêté 2.490 francs de 1905, date ie sa fondation, à la fin de 1910. Sur cette somme, îUe considère deux prêts, d'ensemble 91 francs, '.omme irrecouvrables. Ce déchet représente î, 70 0/0.

La Caisse de prêts de la Société coopérative de consommation X^' Avenir de Plaisance^ à Paris,

n'a pas subi de pertes, au contraire, les prêts n'étant consentis qu'aux sociétaires, et les statuts autorisant la caisse à se payer, en cas de non remboursement, sur les bonis ou l'avoir social revenant à l'emprunteur.

La Caisse philanthropique du faubourg Saint- Antoine, à Paris, a été constituée pour venir en aide aux victimes de l'inondation de 1910. Elle i consenti, dans des conditions particulièrement difficiles, durant cette même année, des prêts pour la somme considérable de 144.900 francs, sur laquelle 42.626 étaient déjà remboursés à la fm de l'exercice ; sur le reliquat dû, 17.433 francs paraissaient pouvoir donner lieu à une perte éventuelle.

Chez la Caisse de prêts gratuits du Syndicat des employés du Commerce et de l Industrie^ la proportion des pertes est de 7, 40 0/0.

A V Union des travailleurs libres, à Paris, les pertes atteignent 15 0/0.

La Caisse de prêts gratuits du Syndicat de V Aiguille, à Paris, a connu autrefois des pertes appréciables. Une plus stricte surveillance, une moindre propension à faire de la bienfaisance sous Fapparence du crédit, des rappels plus fré quents aux échéances, plus de sévérité pour accorder des prolongations de délais, en un mo une meilleure discipline ont eu pour conséquence de supprimer complètement les pertes depuii plusieurs exercices. |

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