I. — Les sociétés de secours jimtuels
Les sociétés de secours mutuels ont été en Italie la cellule d'où sont issues la plupart des Banques populaires. Il ne faut donc pas s'étonner qu'elles aient été également le berceau des prêts sur l'honneur. On attribue à la Société de secours mutuels de Lodi le mérite d'être entrée la première dans cette voie, en 1862.
L'exemple a été largement suivi depuis. 11 est malheureusement impossible de donner de ce développement un tableau tout à fait actuel, car la dernière statistique dressée à cet égard par le Ministère italien de l'Agriculture, du Commerce et de l'Industrie remonte à 1904.
Sur les 6.535 sociétés de secours mutuels existant au 31 décembre 1904, un quart d'entre elles environ, soit 1533, pratiquait le prêt d'honneur, les unes en atTectant une partie de leurs ressources à un service spécial compris dans leur organisation, les autres en créant à côté d'elles dans ce but et en dotant de petites sociétés coopératives de crédit autonomes. De ces 1533 sociétés de secours mutuels, 610 sont des sociétés catholiques et 923 des sociétés neutres.
Les proportions les plus fortes de sociétés faisant le prêt d'honneur, par rapport à l'ensemble des Sociétés de secours mutuels, se rencontrent dans les Marches, les Abruzzes, les Fouilles, la
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Basilicate ; les premières y représentent un peu plus de la moitié des associations mutualistes de ces régions. Dans la Vénétie, l'Emilie, l'Ombrie, le Latium, la Campanie, la Calabre, la Sicile etla Sardaigne, la proportion oscille entre un tiers et la moitié. Enfin, elle est inférieure au tiers dans le Piémont, la Ligurie, la Lombardie et la Toscane. On peut donc dire que, d'une façon générale, le nombre proportionnel des sociétés pratiquant le prêt d'bonneur est en raison inverse du développement économique et social des diverses régions du royaume, ce qui se conçoit d'ailleurs, les besoins de crédit et d'assistance étant plus grands dans les provinces pauvres que dans les provinces riches.
Il convient toutefois d'ajouter que le développement en nombre, non plus relatif, mais absolu, des Sociétés mutuelles ayant un service de prêts d'honneur varie beaucoup pour chaque province sous l'influence de causes diverses, telles que l'importance du patrimoine permettant ou non l'organisation de ce service, l'éducation spéciale plus ou moins avancée des populations, l'existence ouïe défaut dans la région d'autres institutions (Banques populaires. Caisses d'épargne) répondant aux mêmes besoins. Envisagée sous cet angle, la statistique nous montre que les provinces de Pérouse et d'Alexandrie tiennent la tête du mouvement avec, respectivement, 72 et 71 organisations mutualistes de prêts d'honneur ;
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puis viennent à la suite les provinces de Rome avec 63 organisations, de Mantoue avec 52, de Naples avec 49, de Novare avec 48, d'Udine avec 45, de Crémone avec 44, etc.. tandis que les nombres absolus les plus faibles se rencontrent à Girgenti (1), à Carrare (2), à Trapaoi (4), à Porto-Maurizio (4), à Sondrio (9), à Pise (10), à Pavie (15), à Plaisance (15), à Vérone (17), etc..
Il serait intéressant de savoir dans quelle mesure ces sociétés de secours mutuels ont consenti des prêts sur l'honneur, dans combien de cas, et pour quelles sommes? L'enquête officielle de 1904 est malheureusement muette à cet égard, et nous n'avons pu nous-même obtenir de la (( Fédération italienne des Sociétés de secours mutuels », (siège à Milan), que nous interrogeâmes, les renseignements d'ensemble que nous eussions désirés. Pour se faire une idée de l'activité de ces sociétés dans ce domaine, on en est réduit à enquêter personnellement auprès d'elles. Nous donnerons plus loin, à titre d'exemple, la monographie d'une de celles que nous avons visitées : La Société « Benvenuto Cellini », de Milan.