‹ Les primitifs de la musique françaiseChapitre 4 sur 22 · Voir ch. v sur l'organisation d'une scoZa · texte numérisé non relu

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INSTRUMENTS 1' U l M I T I !■ S

David jouant du nable (psaltérion). En haut, joueurs de trompe

et de crotales antiques ; en bas, de rote (krwtli) et de tuba.

Bible de Charles le Chauve (Bibl. Nation., Paris).

d'un esprit nouveau, mais qui ne sont pas encore une musique nouvelle \

Au môme temps que Robert appartient Baudry de Dol, qui, à l'exemple de Gerbert, s'illustra dans la facture d'orgue, et l'abbé Guillaume de Dijon, qui, après avoir réorganisé l'enseignement du chant grégorien dans cette ville, vint réformer l'abbaye de Fécamp, et y institua la première confrérie de jongleurs [joculatortim fraternitas), qui, si nous suivons les témoignages contenus dans une confirmation plus récente de leur charte de fondation, prenait déjà part aux offices des moines, lors de la retraite annuelle, en y participant par le jeu des instruments : orgue, tympanon, psaltérion, cithare. Or, précisément, c'est en celte môme abbaye de Fécamp qu'un historien anglais signale un peu plus tard avec étonnement, l'emploi d'une « nouvelle espèce d'organum » que mirent en usage les musiciens de ce monastère. Qu'est-ce que cela pouvait être? Les manuscrits de Saint-Martial de Limoges vont nous répondre.

Voici, en effet, en opposition, un spécimen d'organum simple, en diaphonie, c'est-à-dire avec mélange d'intervalles divers, conforme à la tradition ancienne,

et un exemple <Vorgamim « pur », au développement mélodique considérable, au rythme libre, tel qu'il com-

1. Sur Robert le Pieux et ses œuvres, voir mon étude dans la Tribune de Saini-Gervais, t. XXI, p. 217 à 230.

mence à être en usage pour les voix vers la fin du xi° siècle.

Ces premières recherches avaient lieu dans l'art d'église, et j'ai dit ailleurs ^ quelques-uns des étonnements, ou même des scandales auxquels donna lieu leur essor original.

Et, tandis que les chanteurs de ces interminables vocalises se faisaient sévèrement juger par les critiques qui les écoutaient, « le vulgaire, étonné et tremblant, admire le ronflement des soufflets (de l'orgue), le bruit strident du jeu de cymbales, l'harmonie des flûtes ». (L'auteur vient de parler de l'abus des orgues dans les églises.)

De tels textes sont précieux à plus d'un titre, ne serait-ce que par le dernier trait. D'autres textes découverts récemment les confirment, et les complètent, en précisant le rôle de l'orgue dans l'accompagnement des pièces harmoniques.

Tant que l'organum pur constitua seul le développement contrapontique, rien de spécial ne distingua peut-être tout d'abord l'écriture musicale française, car, si cela est possible, il n'est pas prouvé que les moines de Fécamp ou de Limoges, en aient été les inventeurs. Mais, aux premières années du xii* siècle, notre pays se met résolument à la tête du mouvement artistique, en créant des formes neuves, qui lui appartinssent en propre .

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