‹ Les primitifs et leurs signaturesChapitre 10 sur 149 · Leprieur, dans Histoire de l’Art, t. 1, p · texte numérisé non relu

Leprieur, dans Histoire de l’Art, t. 1, p

3. Durrieu (Le comte P.) dans Mélanges Châtelain, Paris, Champion, 1910, in-4°.

IXe

siècle.

Johel qui décora le célèbre Jlabellum de Tournus, aujourd'hui dans la salle Carrand du Bargello de Florence, est un de ces artistes qui semble avoir réuni tous les talents. Comme Sauvalo, que nous retrouverons au xii° siècle, nous le connais-

Cliché Mély.

Fig. 6 — signais je johei sur le sons comme sculpteur e! comme peintre.

nœud de jade vert du manche du fla- , 1

beUum de Tournus Car si nous lisons sur une clés feuilles de

(Bargello de Horence.)

parchemin de l’éventail : JOIIEL ME FECIT IN HONORE MARIÆ, sur le nœud de jade vert (fig. 6) du manche d'ivoire précieusement travaillé, on voit, gravé sur la pierre: JOHEL ME FECIT.

Ce merveilleux objet d art a été l'objet de très nombreuses discussions sur la date de ses peintures, comme aussi de ses deux branches d'ivoires si finement fouillées. On a prétendu que ces dernières étaient antiques, et que le parchemin, probablement très usé, avait été refait au xii' siècle. L aimable obligeance du Dr Poggi, l’éminent conservateur du Bargello, m’a permis de préciser les choses; grâce à lui, le fragile objet a été sorti de sa vitrine et j’ai pu ainsi le photographier très facilement. Sans conteste, les deux branches d’ivoire sont bien du ixc siècle, de cette renaissance carolingienne si pleine de souvenirs de l’Antiquité dont la Salle des Ivoires du Louvre nous offre de précieux échantillons. Le manche, qui porte le nom de JOHEL, est bien contemporain des deux branches. Quant à la peinture, ce petit guerrier (fig. 7) que j'ai pu photographier dans un des replis, donne une date certaine à l'œuvre: le chapeau en bataille, les armes, sont bien celles des soldats de 1 ' Ëvangéliaire de Lolhaire (Bibl. nat. ms. lat. 266). L’œuvre est donc bien une, et l’auteur des deux parties, peinture et ivoire, est Johel, qui les a d’ailleurs signées toutes les deux de son nom.

Mac Regol, également du ix' siècle, enrichit de peintures un

Fig. 7. — Petit guerrier peint sur le flabellum de Tournus.

(Bargello de Florence.)

siècle

Livre des Evangiles, conservé à la Bodleienne d'Oxford (d 2^ , n° 2946). Il écrit en effet au f° 169 v°: « Mac Regol depinxit hoc evangelium. »

Du x“ siècle nous signalerons Y Apocalypse de Gèrone. Le manuscrit, terminé en 996, avait été commandé par l’abbé Dominique : un prêtre, appelé Senior, l'écrivit : il fut enluminé par deux artistes, un homme et une femme, Emeterius et Ende, qui signent ainsi leurs noms : Ende pintrix et Dei adjutrix, frater Emeterius et presbyler *.

Dans le manuscrit du xe siècle Titus d. 27 de la Bibliothèque Cottonienne se trouve une Crucifixion, au bas de laquelle on lit :

« Hæc Crux consigne! Aelfwinum corpore mente In qua suspendens traxit Deus omnia secum ».

« Que cette croix, sur laquelle Dieu attaché par son corps a tout attiré à lui par son esprit, rappelle Aelfwinus. »

C’est donc Aelfwinus qui dessine la Crucifixion, pendant (pie d'autre part le scribe nous apprend qu’il s’appelait Aelsinus.

Du Sommerard, dans les Arts au Moyen âge1 2, reproduit une page d’un magnifique Psautier enluminé du x° siècle, dont la riche couverture d’ivoire porte la signature d’HERODIUS. Nous lisons dans la miniature, sur la marche du trône du Christ, la signature : BASILI ME FECIT.

Tous les critiques d’art qui se sont occupés de la Bibliothèque Bodleienne d’Oxford, signalent l’intéressante miniature du manuscrit ox ne du 19 où saint Dunstan, comme Baban Maur dont nous parlions à l’instant, s’est représenté lui-même, implorant le Sauveur, lui demandant de le protéger contre les tempêtes, en écrivant en bas ces deux vers :

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