‹ Les primitifs et leurs signaturesChapitre 15 sur 149 · Paris, Poussielgue, 1902, in · texte numérisé non relu

Paris, Poussielgue, 1902, in

2i LES PRIMITIFS ET LEURS SIGNATURES

de la Sainte-Chapelle de Paris1 2 (fig. 3i), qui date de 1248; on y voit la Couronne depines. Puis dans le t. 111 des Exuviae sacrae Constantinopolilanae s, j’ai repris la chose, et, d'après les travaux de M. Ivar Hertzsprung3 et les renseignements communiqués par M. le professeur Haseloff de Berlin, montré que dès 1245 on voyait la Couronne depines dans une miniature d’un missel d Halberstadt, mais qu’on ne l’avait pas jusqu’alors rencontrée antérieurement. Et il résultait de cette constatation que si, à cette date, la Couronne d’épines venait remplacer dans l’art la couronne obsidionale ou royale que tout le moyen-âge avait posée sur la tète du divin Crucifié, cette iconographie nouvelle découlait très probablement de la réception par saint Louis, à Sens, le 11 août, 123g, de la Couronne d’épines qui arrivait de Constantinople, des fêtes de la dédicace (avril 1240) et de la consécration de la Sainte-Chapelle (25 mars 1 245) qui avaient donné à la précieuse relique une notoriété tout à fait nouvelle.

Cependant je dois dire que depuis, j’ai découvert dans le Libro corale, N II, l, 5 de la Bibliotheca Eslense de Modène, une Crucifixion du xuc siècle4 dans laquelle le Christ porte la Couronne depines, que nous voyons déjà, mais alors comme simple attribut de la Passion, au portail du Baptistère de Parme, sculpté par Antelami

Cliché Blochet.

Fig. 3i . — Probablement le premier Christ en croix avec la Couronne d’épines. Plaque de reliure en vermeil de 1 ' Evangéliaire de la Sainte-Chapelle de Paris, exécutée vers 1248.

(Bibl. nat., ms. lat. 8892.)

1. Manuscrit de la Bibliothèque nationale, lat. 8892. Couverture exposée, n“ 258.

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