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Delisle (L.), Cabinet des Manuscrits, t. I, p

LES CORPORATIONS LAÏQUES (ia6o-i3gi)

par découvrir le manuscrit à la Bibliothèque impériale publique, où M. Kobeko, son éminent directeur, a bien voulu m’en faire exécuter les photographies ci-jointes (fig. 60 et 61).

Personne, je pense, n’hésitera à voir là une œuvre du xv' siècle, alors cependant quelle porte la date de i3 17 *.

Mais est-ce un faux en réalité ? Si oui, quand a-t-il été fait et dans quel but ? A la description du volume, que M. Kobeko a pris la peine de me rédiger lui-même et qu’on trouvera plus loin, il a joint la note suivante :

« Ce livre est entré à la bibliothèque de « Saint-Pétersbourg, provenant de la célèbre « collection Doubrowsky, acquise par le « gouvernement russe en i8o5. Pierre Dou- « browsky, attaché d’ambassade de Russie,

« a recueilli cette collection pendant un long Fl0. 6o. s™,mÇuo„ d» îwmm- « séjour à l’étranger et surtout à Paris, à « l’époque de la Révolution. »

S il y a ce qu on appelle un faux, il est certainement antérieur au xix” siècle, et je 11e saisis pas vraiment le but de son auteur. Je serais donc beaucoup plus porté à lui attribuer une origine semblable à celle du manuscrit français 1169 de la Bibliothèque nationale, qui porte cette souscription : « Cy fini le livre de la moralité des nobles hommes et fut escript de Raoulet d’Orléans, l’an de grâce mil lit1 LX et VII », bien qu’il soit incontestablement, ainsi que le dit L. Delisle, du xv” siècle. Mais l’éminent érudit admit cependant, quand même, au nombre des copistes du xivc siècle, ce Raoulet d’Orléans, parce qu’il pensait que, si le volume n’avait pas été écrit par Raoulet lui-même, il était l’œuvre d’un scribe du xv' qui avait servilement reproduit la souscription de l’exemplaire qui lui servait de modèle (voir p. 65).

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feus iTeo.PacCivis crUcqm es SPcfunctis . tCmcii .

neur Gilles Mauléon.

(Bibliolhèquo impériale publique de Saint-Pétersbourg.)

1. On peut comparer ce livre d 'Heures avec les mss. fr. 2090-2092 et lat. i3836 de la Bibl. nat. qui proviennent de Saint-Denis et datent de 1317.

Ne pouvant suivre un meilleur guide, ici également je supposerais un copiste du xv' siècle reproduisant fidèlement le volume qui lui était confié, et je me crois autorisé alors à compter au nombre

des miniaturistes ayant signé leur œuvre, frère Gilles Mauléon.

Voici la description du manuscrit :

« Il mesure 186 millimètres sur i32 millimètres; il confient i58 feuilles numérotées, mais les leuilles 58 et 60 sont paginées deux fois, ce qui donne un total de 160 feuilles; il a quinze lignes à la page, et est orné des 1 1 miniatures suivantes :

a) L’Annonciation (fol. 20 r°). — Office de la Vierge à Matines (coin. : Domine, labia mea aperies).

b) La Visitation (fol. 4° r°)- —

-Limics Heure, i' Jeanne d' tour- LaudibuS (cOffl. : DeUS il! adjllto-

(Bibl. imp. publique de Sainl-Pétersbourg.) . \

v rium meum).

c) La Nativité (fol. 5i v"). — Ad Primam (coin. : Deus 111 adjutorium meum).

d) Les Pasteurs (fol. 57 v”). — Ad Tertiam (com. : Deus in adjutorium meum).

e) Les Rois (fol. 61 v°). — Ad Sextam (com. : Deus in adjutorium meum).

/) La Purification (fol. 65 v”). — Ad Nonam (com. : Deus in adjutorium meum).

g) Le Couronnement (fol. 71 r“). — Ad Completorium (com. : Couverte nos, Deus).

h) David (fol. 77 r°). — Les Psaumes de la pénitence (com. : Domine ne in furore tuo).

i) La Crucifixion (fol. 99 r°). — De Cruce (com. : Domine labia mea aperies).

j) La Pentecôte (fol. io3 v°). — De Sancto Spiritu (com. : Domine labia mea aperies).

k) Saint Denis (fol. 1 56 r°). — De saint Denis (com. : Dum sacrum ministerium beatus Dyonisius celebraret), et Oratio (com. : Omnipotens sempiterne Dens qui per gloriosa bella certaminis). »

1 822. Au Musée Germanique de Nurenberg, M. A. von Eye a découvert il y a déjà bien des années, deux noms d’artistes1. « L’un d’eux. « dit-il, est sur le premier feuillet en parchemin, malheureusement « isolé, d'un Décret d’élection communale ; feuillet qui représente sur « le recto, au-dessus du commencement de l'écriture, le Jugement « dernier, comme tableau figuratif dans la lettre initiale E, et occu- « pant presque toute la largeur du feuillet, petit in-P.

« La leltre majuscule est simplement recouverte de clinquant : le « fonds intérieur qui est le ciel, est bleu ; le fonds extérieur rouge « est traversé de sarments jaunes et de Heurs bleues. Au centre sous « un triple arc-en-ciel, le Christ sur le trône, comme juge du « Monde, revêtu seulement d’un manteau de pourpre bordé d’or. « montre ses plaies, tandis que deux épées rouges sortent de sa « bouche. Dans les deux angles du haut, deux anges sortent des •I nuages, sonnant de la trompette ; en bas s’ouvrent deux cercueils « de pierre, d’où sortent deux corps vivants. Aux couvercles, placés « de côté, le peintre a gravé son nom : Linhart Frater i322. »

Cent cinquante ans plus tard, dans un des plus beaux manuscrits de notre Bibliothèque nationale (ms. fr. 9199) et dans un manuscrit d’Oxford, les Miracles de Notre Dame (fonds Douce 3q4). AROZY (fîg. 196) et MAGISTER WILLELMVS (flg. 197) inscriront également leurs noms sur deux pierres tombales.

1 323. La bibliothèque royale de La Haye possède un Missel ayant appartenu à Saint-Jean-Baptiste-les-Amiens. M. W.-G. Byvanck, le

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